Conso : le Spleen

Conso : le Spleen

Le moral des Français a fini l’année en berne, malgré la décrue persistante du chômage, qui 8,7% est à son plus bas niveau depuis 2001, une inflation contenue après une brutale flambée des prix à l’occasion du passage à l’euro, et des prévisions optimistes au sujet de la croissance économique. L’indicateur d’opinion des ménages de l’Insee, qui mesure le solde entre les opinions positives et négatives, s’est replié en décembre pour le troisième mois consécutif, pour tomber à -26 points contre -25 en novembre et -21 en octobre. C’est le plus bas niveau de cet indicateur depuis le mois de juin. On a beau expliquer aux Français que le chômage baisse, que l’inflation est à marée basse et que le pouvoir d’achat a accéléré au troisième trimestre, rien n’y fait : ils ont le blues, s’étonne Alexander Law, de Xerfi. Pour Olivier Gasnier, économiste à la Société Générale, ça s’ajoute, à part le chômage, à nombre d’indicateurs qui n’ont pas été bons sur l’économie française, ça renforce le sentiment qu’on a une économie un peu déconnectée du reste de la zone euro qui est plutôt tiré par l’Allemagne à la hausse. Les slogans de la campagne électorale, en flattant les attentes et les idées reçues des Français, arrivent à point nommé pour entretenir la morosité. Mathieu Kaiser, de BNP Paribas, estime que les résultats de l’enquête de confiance semblent davantage influencés en ce moment par les interrogations portant sur la situation du pays et son avenir que par la situation économique personnelle des ménages. Cela pourrait rester le cas pendant toute la campagne électorale. Mais entre les préjugés et la réalité, le malaise exprimé par l’atonie de la consommation des ménage illustre un problème préoccupant : sans amélioration durable sur le front de l’emploi et du pouvoir d’achat, la consommation ne pourra pas éternellement soutenir la croissance française à bouts de bras, avertit Alexander Law.

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On dit que ça va mieux à qui veut bien l’entendre,
Le chômage est en baisse et les prix sont tenus,
Mais les gens ont pris peur de se trouver tout nus :
C’est que la concurrence est prête à nous étendre.

Pour les Français d’ailleurs, l’avenir n’est pas tendre :
Ceux qui ont perdu pied ne sont pas soutenus,
Que sont nos droits acquits maintenant devenus ?
Une angoisse évidente est en train de se tendre.

Tout ça n’a pas poussé à la consommation
Et l’accident survient aussi sans sommation,
Alors il faut se tenir prêt et sur ses gardes.

Quand l’hiver succède à la chaleur de l’été,
Tu fais un petit feu dans l’âtre et tu regardes
Le bon temps s’en aller avec l’eau du Léthé.

le 06/01/2007
Impression

1 Message

  • 8 janvier 2007 09:07

    Alexander Law est certainement un grand humoriste, à défaut d’être un analyste sérieux. Les Français, si graves soit parfois leur bêtise, ne sont tout simplement pas dupes de la soi-disant baisse du chomâge. Ils sont à même de se rendre compte, arithmétiquement parlant, que si on supprime plusieurs centaines, voire plusieurs milliers, d’emplois dans leur région pour en recréer (quand on en recrée...) quelques dizaines, le compte n’y est pas. Il suffit d’ailleurs de faire un tour dans n’importe quel Assedic pour s’en rendre compte... La baisse du chomâge ? Ce sont les chômeurs qui sont désormais radiés dès qu’ils ont un emploi "aidé", payé des rogatons, même si ce n’est que pour quelques mois. Ce sont aussi tous les "autres", ceux qui sont radiés sous le moindre prétexte. "Quand le doigt montre la lune l’imbécile regarde le doigt" prétend un proverbe chinois . Mais l’électeur, lui, regarde son bulletin de vote ! Faudrait arrêter de prendre les gens pour des cons !