Logement : La Propriété c’est le Vol

Logement : La Propriété c'est le Vol

La mobilisation autour des sans-abri qu’a suscité les Enfants de don Quichotte a été entendue par le Président de la République, dont les vœux télévisés aux Français ont mis l’accent sur le droit au logement opposable. Ce n’était pas gagné d’avance, dans ce pays où l’on préfère résoudre les problèmes dans l’urgence, et pendant cet automne particulièrement clément, peu de gens se sont sentis sensibles à la détresse des sans domicile fixe. Il aura fallu les premiers frimas et la proximité de noël pour que la question revienne sur le devant de la scène. Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale, a parlé de poudre aux yeux avant de mettre en avant les moyens que son administration, les collectivités et les associations ont mis en œuvre depuis l’année précédente, où le froid s’était fait sentir plus tôt et plus vivement. Certains ont pu rester perplexes devant le geste de ces gens qui, par solidarité, ont abandonné leur foyer douillet pour partager une nuit durant la misère humaine. C’est une grande victoire s’est réjoui Xavier Emmanuelli à cette annonce, qui laisse toutefois planer plusieurs interrogations : la session parlementaire est déjà très chargée, et s’il existe effectivement un texte idoine actuellement à l’examen au Conseil d’État, il n’est pas certain qu’il soit suffisamment précis pour être applicable en l’état. Habituée aux promesses non tenues, l’association Droit au Logement a pris de force un immeuble appartenant à la Lyonnaise des Banques au 24, rue de la Banque, pour y héberger des familles en détresse, des étudiants, des artistes et des jeunes salariés, y installer un quartier général en vue d’actions futures, car ses militants ont bien l’intention de contribuer à l’extension de la mobilisation afin qu’elles se concrétisent avant les échéances électorales.

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S’ils ont bien écouté les vœux du Président
Le droit à se loger devrait être opposable,
Mais un projet de loi nouveau n’est pas faisable
Quand de nombreux travaux sont pris en excédent.

Pour autant, ce souhait s’impose en précédent
Depuis que le sujet prospère, inépuisable,
C’est vrai que l’exclusion devient inexcusable
Mais rien ne se ferait là, juste en attendant.

Des militants de choc ont logé huit familles
Au cœur du vieux Paris qui se montre en guenilles,
Où se dresse un village en toile et mal fichu.

Cet immeuble investi appartient à la banque
Attachée à ce bien dont les gars l’ont déchu,
Toujours déçus par tous les discours à la manque.

le 02/01/2007
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1 Message

  • 3 janvier 2007 08:40, par PEHEFFE

    C’est extraordinaire ce que la proximité des Présidentielles est propice à la nouvelle fibre sociale du gouvernement. Plus une seule personne à la rue en France. Bigre ! Comment va t-on s’y prendre ? Catherine Vautrin, dont parle Philippe Gras, nous a heureusement donné quelques pistes ! Le 27 décembre sur France Inter, après avoir fort bien vendu sa soupe*, elle a fait en effet l’apologie des sarkonneries (pour ce qui est des problèmes liés aux sans papiers et aux demandeurs d’asile !). Euréka ! Il n’y aura plus un seul SDF en France : on va remplir les charters.
    *Sans, évidemment, préciser avec quelles ressources budgétaires tous ces beaux et bons projets allaient être réalisés... Rappelons, à ce propos, sans même parler du - consternant ! - passé récent, qu’après la guerre il aurait fallu construire de 200 à 300 000 logements par an pour résoudre le problème des sans abri et des mal logés. Mais seulement 22 000 logements furent construits en 1948 (80 000 en 1952 !). Les 200 000 ne furent atteints qu’en 1956 !