Star Académy 6 : le plein d’émotion !

Star Académy 6 : le plein d'émotion !

Je n’ai point de petit écran magique dans ma maison. Les fêtes de Noël chez papa et maman, moments de régression par excellence, sont l’occasion de mettre à jour ma culture télé. Gavé de marron et de chocolat, il n’y a qu’une chose à faire : larver devant TF1. Soit, il existe d’autres chaînes mais il me semble que cette dernière est la reine du délabrement neuronal.

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Bon, d’accord, le préambule, c’est juste pour me justifier d’avoir regarder la star académie.
C’était euphorisant, délirant, sublimissime ! J’ai cru que c’était une énorme blague de Marcel Bellivaux !

Mon préféré, c’était Nikos, le présentateur : c’est le Johnny des présentateurs ! Il se donne, il va au charbon ! Il crie des « C’est merveilleux, on vous en met plein les yeux », à un public qui hurle encore plus fort. Tout brille, c’est Noël, vive moi ! Il court dans tous les sens, il aime tout le monde, le monde est merveilleux ! Nikos, il fait du patos comme on pleure la mort de son chat « voter pour celui qui VOUS donne de l’émotion ». A la fin, c’était très drôle parce qu’après dix couches de blush (il transpire tellement, le garçon !), il avait la tronche ocre. J’ai pensé que la maquilleuse l’avait fini à la glaise.
En deuxième, je mettrais la directrice Laroche-Joubert. Elle avait un robe à cerceaux, j’avais bien l’impression qu’elle n’arrivait pas à respirer dedans. Attention, elle prend son rôle de directrice très très à cœur : « je suis fière de la promotion numéro 6 ». Je parie qu’elle sera fière de la 7 aussi. Et puis quand le musique bouge, Laroche-Joubert, elle bouge aussi. Même dans sa robe balais-brosse, il faut voir comme elle se trémousse : déhanchement sexy de gauche à droite, moue prononcée « je vis la musique ». Si je voyais ma directrice de collège, Bernadette Boichot, se déhancher de la sorte, je reprendrais goût aux études.

Il y a eu ce moment, THE moment des professeurs qui chantent cette superbe comptine « Noël ensemble ». Chacun y va de sa petite parole et là, Nikos, il arrive et déploie tout ce qu’il peut de voix « passer Noël ensemble, lalala ... ». En fait, il aurait bien aimé être chanteur. Rassure toi, il vaut mieux être le Johnny des présentateurs, qu’un Hervé Vilar maudit...

Un de mes moments favoris : Nikos qui demande aux profs : « Qui de Dominique ou de Cyril (les candidats) préférez-vous ? ». Et aucun d’eux n’osent prendre partie. Nikos, ça l’énerve. « Bon, vous voulez pas dire qui vous aimez le plus et ben, dites quelque chose quand même ».

Ah, mais j’y pense, Noah était là. Il me semble qu’il avait l’œil observateur, complaisant mais il avait vraiment l’air de s’ennuyer. En plus, il était assis tout seul dans un coin. C’était le seul qui n’avait pas de paillettes mais une bonne paillasse colorée. Il s’en fout, ça lui fait sa promo. D’autant que dans la coupure pub est passée la sienne (de pub). A la fin, il a dit le p’tit mot qui va bien : « les candidats ont été merveilleux ». Merci Noah, à la prochaine.

Et puis, il y avait aussi cette ex-gagnante Magalie. Il faut entendre comment Nikos l’a introduite dans l’arène. Avec son ton pathétique : « elle a une carrière difficile ». Magalie, elle chantait avec la belle italienne Dominique qui restait à 3 mètres d’elle. Instructions à Dominique : « ne t’approche pas trop près d’elle, trop de contrastes »... Quand Chimène Badi est arrivée sur la plateau, j’ai cru que c’était à nouveau Magalie. Comme quoi...

Il y en a des tonnes des moments M dans la star ac’. Mais, le plus haut de gamme des moments, c’était le duo Dominique-Aznavour. Bon, je sais, c’est une icône de la chanson française, la plus connue de nos stars françaises à l’étranger etc etc etc. Et je sais, il ne faut pas toucher aux icônes... mais quand les grands vont chez les petits, c’est à leurs risques et périls...

Nikos, tout excité, était en train de scander le bonheur de vivre une telle aventure et se préparait sûrement à annoncer la star des stars quand, tout à coup, il se détourne et qui voit-il ? La tête blanche de notre Aznavour déjà sur scène. Il n’a pas du suivre les instructions, le vieux. Merde, Nikos n’a pas pu faire la surprise Aznavouresque. Bon, on enchaîne.
Dominique, qui avait troqué sa robe de princesse dorée contre une robe de lionne au décolleté pigeonnant, avait son moment, celui à ne pas rater, le duo avec la star des stars. Elle s’approche de Charles qui entonne la chanson « Hier encore j’avais 20 ans »... tout tremblant de la main, celle qui tenait le micro. Aussitôt, le grand Charles tente de créer, avec la demoiselle, la complicité si habituelle lors des duos de Champs-Elysées avec les Mitchell il y a 20 ans... Il colle la jeune Dominique et la regarde bizarrement toujours en dessous du menton. On ne sait pas bien où d’ailleurs... Il veut prendre la main de Dominique qui a un mouvement de répulsion. Mais elle gâche tout, la salle gamine. Il retente la prise. La main rougeaude du Charles s’agrippe enfin. Zoom sur les deux mains. Mais, la complicité avec le papi tremblant, visiblement, elle n’y arrivait pas. Quand, elle jette un œil rapide, là où Charles ne cessait de viser depuis le début, et qu’elle s’aperçoit que c’est son décolleté (le sacripan), c’est la cata, la voilà qui se met à pouffer d’un rire nerveux alors que Charles restait concentré et fier, tel un garde britannique. Duo KO, Dominique panique.

La star ac’, c’est comme une maison d’émotion pré fabriquée, à la première tempête, ça casse. Mais c’est aussi un gros gros paquebot qui enrichit du monde et fait rêver les ados alors...

le 24/12/2006
Impression

3 Messages

  • 25 décembre 2006 15:45, par caro

    cette année nous avions des vrais artistes qui ont su asurés les prims , domage qu ’il est falu choisir le finaliste de la star ac kar il chantait tous bien .
  • 28 décembre 2006 00:59, par Michel Veigh

    La Star’Ac est comme une une affriolante pute : on est d’abord attiré, puis séduit, puis déçu, après. Déception du regret de s’être abandonné à l’éphémère d’une inconsistance.
    Ce grand spectacle est fort bien conçu, tant il faut de talent pour vêtir l’organisation des apparats du naturel. Travestissement de haute volée assistée de fins psychologues à n’en pas douter, en équilibre entre fraternité européenne et challenge à l’américaine.
    Il reste une coquille, vide. Fût-elle jamais pleine.
  • 1er janvier 2007 12:28

    Trop bien cet article. Quel style quel panache !! j’en veux encore des comme ça.
    une admiratrice Hélvétique !