Autopsie d’un Tueur

Autopsie d'un Tueur

Le tueur du Suffolk a encore frappé ! Dans une conférence de presse, la police a envisagé que les deux corps découverts mardi soient ceux de Paula Clenell, 24 ans, portée disparue depuis le 9 décembre, et Annette Nicholls, 29 ans, depuis le 7 décembre. Les cadavres avaient été déposés près de Levington, dans le sud-est d’Ipswitch, à 150 mètres l’un de l’autre, ce qui rappelle d’autres découvertes macabres au cours de l’automne, Tania Nicol, 19 ans, disparue le 30 octobre, dont le corps nu a été retrouvé dans un étang à Copdock le 8 décembre, Gemma Adams, 25 ans, disparue le 14 novembre, dont la dépouille dévêtue a été retrouvée dans un ruisseau à Hintlesham le 2 décembre, enfin le cadavre lui aussi dénudé d’Anneli Alderton, 24 ans, a été retrouvé dans un bois dimanche 10 décembre après-midi à Nacton. Interrogé sur la possibilité qu’il s’agisse d’un meurtrier en série, le commissaire en chef adjoint de la West Suffolk Police, Stewart Gull a répondu : oui, c’est possible. Criminologue, Mike Berry, écrit dans le Daily Telegraph que le tueur d’Ipswich est un individu très doué et doté d’un sang-froid exceptionnel ; l’assassin a peut-être la certitude qu’il ne sera jamais pris. La police a recommandé aux gens de redoubler de vigilance et le Premier ministre a même apporté son soutien à l’action des enquêteurs, qui en fait, sont en plein brouillard. L’affaire, qui n’est pas sans rappeler celle de l’automne 1888, sur la piste de Jack l’Éventreur, prend des proportions identiques : dimanche, l’hebdomadaire News of the World qui tire à plus de 3 millions d’exemplaires, a proposé une récompense de 250.000 livres pour la capture du meurtrier. C’est pourquoi nous nous sommes inspirés de Théophile Gautier pour dresser à notre tour l’autoportrait fantasmatique de l’assassin d’Ipswich.

Il faut que je tue, encore et encore,
Je suis l’homme aussi de tous les records,
Débrouillez-vous ensuite avec les corps
Que je sème et parfois, que je décore !

Je suis là, dans la rue et je picore,
Soudain, je sens vibrer d’affreux accords,
Oui, la chasse est ouverte au son des cors,
Je plonge au fond d’un grand vide isochore...

Redoutez-moi, car je suis le plus fort,
Mais je ne vous demande aucun effort :
Ce soir en un instant, je vous perfore.

N’attendez pas de moi le réconfort :
C’est qu’avec moi, la femme est une amphore
Qui se vide en espérant du renfort.