Le Collectif DOM porte plainte contre Pascal Sevran

Le Collectif DOM porte plainte contre Pascal Sevran

Dans une interview publiée le week-end dernier dans Var Matin, M. Pascal Sevran, animateur de télévision de France 2, était interrogé sur un extrait de son dernier livre, Le privilège des jonquilles , paru chez Albin Michel le 4 janvier 2006 où il avait écrit : « La bite des noirs est responsable de la famine en Afrique ».

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M. Sevran a justifié de tels propos en ajoutant : « Et alors ? C’est la vérité ! L’Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète ! ».

M Sevran, interrogé par Europe 1 sur ces déclarations indignes a déclaré : « Je n’ai pas de comptes à rendre, ni à vous ni à personne. Je dis ce que je veux et j’écris ce que je veux ! »

Des déclarations aussi ouvertement racistes, un éloge aussi clair de l’eugénisme tombent sous le coup de nos lois. Contrairement à ce que semble croire M. Sevran, qui a la chance de pouvoir dire et écrire ce qu’il veut, il aura des comptes à rendre aux magistrats.

Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais (Collectif Dom) a en effet chargé ce jour Me Gilbert Collard de déposer plainte contre lui. Le Collectif demande par ailleurs de la manière la plus solennelle à M. Patrick de Carolis, président de France Télévisions, d’interdire immédiatement M. Sevran d’antenne.

Il est en effet inimaginable qu’un apologiste de l’eugénisme et un raciste déclaré continue à apparaître sur une chaîne du service public au moment où ce même service public se déclare prêt à faire des efforts pour s’ouvrir à la diversité.

le 08/12/2006
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4 Messages

  • 8 décembre 2006 02:41, par serge

    Bravo au président DOM Claude Ribbe pour cette réaction digne et forte aux mots de Sevran que l’on se doit de condamner ; surtout de la part d’un homme qui travaille sur le service public qui vit de notre impôt.
    Merci le mague de relayer cette info.
  • 8 décembre 2006 02:49, par un choqué

    Monsieur Ribbe et monsieur Collard, merci de nous soutenir contre l’atroce pouvoir des mots racistes de monsieur sevran.
  • 8 décembre 2006 08:55, par peheffe

    Que Gilbert Collard, eu égard aux propos discutables qu’il a pu parfois avoir (je pense plus particulièrement à sa position sur le coup de tête de Zidane), soit la personne la mieux placée pour plaider contre quelqu’un qui parle sans réfléchir, ne me paraît absolument pas évident. Mais ne créons pas polémique sur polémique ou on ne va pas s’en sortir. Pour en revenir donc à Pascal Sevran, rappelons que ce pitoyable crooner n’en est pas à une ânerie près. On est même en droit de supposer que c’est sa bêtise qui l’a rendu si populaire. En l’occurrence, un enfant de dix ans, en dehors même de toute considération éthique, peut se rendre compte de l’énormité d’une telle déclaration. Il y a là de quoi hausser les épaules et c’est tout. De Dieudonné à Redecker, en passant par Soral et quelques autres, l’art de la réthorique imbécile et parfois ignominieuse, est d’ailleurs une des rares valeurs sûres de cette époque. Dame ! Elle présente de nombreux avantages - dont celui de pouvoir passer pour un martyr à peu de frais et guère davantage de risques. Des poursuites judiciaires ne me paraissent donc absolument pas nécessaires. C’est de la publicité gratuite ! Et puis, à tout judiciariser, on est en train de sombrer dans les pires travers du système judiciaire américain et de battre peu à peu en brêche la liberté d’expression . Le combat des idées ne se situe pas là et je ne crois pas qu’il y ait une ligne jaune tant que l’on reste dans le domaine de la parole. Tout au moins, si une telle limite existe, elle est très difficile à cerner. Autant je suis pour que l’on combatte les préjugés xénophobes, racistes, sexistes, homophobes, quels que soient les formes qu’ils puissent prendre, autant je suis hostile aux nouvelles formes de censure que l’on est en train de mettre en place et qui, d’après moi, n’aboutiront qu’à déplacer le problème et à l’aggraver.