La France excédée : Jacques (De Guillebon) a dit !

La France excédée : Jacques (De Guillebon) a dit !

Jacques de Guillebon est excédé par la situation globale dans laquelle se trouve jeté son pays. Le jeune homme de vingt sept ans, brillant artisan de plume qui fut l’animateur de la revue "Immédiatement", exprime son ras-le-bol, ses analyses, ses peurs pour l’avenir dans un essai introduit par les deux grands visionnaires que sont Tolkien et Peguy.

Bien entendu on peut trouver ses propos conservateurs et un peu réactionnaires (car ils expriment avant tout une réaction), mais force est de constater que le malaise sociétal est là, la révolte gronde et la France a perdu ses repères.

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De prime abord, Jacques De Guillebon peut sembler s’exprimer dans une langue exigeante, si belle et pure que d’aucuns la considéreront sans doute comme vieillotte ou surannée.
Disons plutôt que le style de l’auteur est empreint d’élégance, de nostalgie, d’amour du Beau, du fin.

Comment lui en vouloir d’avoir ce parti-pris formel pour disséquer le cadavre d’un pays entre violence urbaine et perte de sens ?
Car c’est en jeune interne des Lettres que Jacques de Guillebon se met à genoux devant cette France malade de son propre système nerveux, empoisonnée en son sang par un mal être global qui touche en entier son grand corps malade.

La tumeur s’est étendue en quelques années, les métastases ont gagné du terrain sur des organes jusque là en pleine santé.

A qui la faute ? A la politique du plaisir à tout prix prônée par les soixante-huitards mués depuis en bobo grotesques ? Au rejet du monde politique dans son ensemble ? Aux dérives de l’immigration, à l’auto-asphyxie de cette France terre d’accueil et de Liberté qui, à force de s’ouvrir à tous les vents, est obligée aujourd’hui de payer les pots cassés d’une politique sociale qui a mis dangereusement le pays en péril ?

Jacques de Guillebon tire la sonnette d’alarme, s’inquiète de la recrudescence "des avortements contraceptifs" des jeunes filles paumées dans ce grand marché de la Tolérance pour tous. Il analyse les dangers de la généralisation des blogs pour ados où on annonce son suicide en direct sur sa page web, comme on compare les mensurations de ses petits copains.

L’auteur passe en revue la fin du politique, le désir de fuite de tout un pan de notre société, passe de constat amer en constat amer sans mettre trop d’affectif dans sa dénonciation des drames modernes, en gardant une écriture limpide, efficace et motivée par la simple envie de débattre sur le fond et la forme et d’ouvrir un débat un peu trop vite enterré.

Sa conclusion est fine et sensée, et même un athée ou un agnostique ne peut qu’y adhérer.

"La France, qui n’est plus pensée, envisagée, dite ou vue depuis un siècle comme catholique, est aujourd’hui au contraire sommée de se penser "Multiconfesionnelle", "Musulmane" ou "Multiculturelle", etc.

Perte d’idéologie, volonté de ménager perpétuellement la chèvre et le chou, la France s’enlise, est excédée.

A lire cet argumentaire sans haine, ni prosélytisme mais qui fait réfléchir à chaque ligne, à chaque virgule même.

La France excédée, Jacques de Guillebon, Presse de la Renaissance, 2006

le 25/10/2006
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1 Message

  • 26 octobre 2006 12:39, par peheffe

    J’ignore si une telle critique se veut ironique mais j’ose espérer que tel est bien le cas...
    A la lire, e n tout cas, je n’ai pas envie d’ouvrir cet énième opuscule sur la soi-disant décadence de la France. C’est moi qui suis excédé ! Depuis quelques années, un petit nombre de crétins prétentieux tiennent le haut des médias, mélangent tout, incriminent des époques qu’ils n’ont pas connues, et, ne comprenant rien à rien, se sentent obligés de donner des leçons sur tout et sur n’importe quoi, mai 68, la libération sexuelle, les banlieues, l’immigration ou l’islam. La déliquescence, certaine, de nos sociétés a des causes qui ne sont hélas pourtant que trop connues...
    Mais on ne va pas quand même pas cracher sur le capital quand on est soi-même le pur produit de ce que les situs appelaient la société spectaculaire-marchande !
    Baltasar Gracian, qui était quand même autre chose que Péguy ou Tolkien, faisait remarquer dans ’L’Homme de cour" qu’il ne fallait jamais s’embarrasser avec les sots "très malheureux ; car attachés à l’impertinence, comme la peau aux os." Il avait bien raison !