Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232

Aminatou Haïdar, ancien numéro d'écrou 26 232

Ancienne « disparue » sahraouie, ancienne prisonnière à la prison d’El Ayoun, Aminatou Haïdar fait une tournée internationale pour parler de la répression marocaine qui opprime le Sahara occidental. Rencontre.

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Aminatou Haïdar est née en 1967 à El Ayoun, au Sahara occidental, pays occupé militairement depuis 1975 par le Maroc. Depuis son enfance, elle est confrontée à la violence coloniale. Au début des années 80, elle a rejoint la résistance pacifique qui s’élevait contre l’envahisseur.

En 1987, à l’occasion d’une visite de la commission technique chargée d’enquêter sur la tenue du référendum d’autodétermination préconisé par les Nations Unies, elle participa à une manifestation. Elle fut arrêtée avec plus de 600 personnes. Ce jour-là, dix-sept femmes disparurent sans laisser de traces. « Ma famille me comptait parmi les morts », explique-t-elle.

Aminatou et ses amies subiront toutes sortes de supplices dans les bagnes d’Hassan II. « J’ai connu trois semaines d’interrogatoires ponctués de tortures. J’ai eu les yeux bandés pendant trois années et sept mois. On a enlevé mon bandeau seulement quatre jours avant ma remise en liberté. Depuis, mes yeux ne supportent plus le soleil. »

Après sa libération, en 1991, elle a multiplié les actions en faveur des droits de l’homme au Sahara occidental. En dépit des menaces qui pèsent sur elle, Aminatou a organisé de nombreuses initiatives pour alerter l’opinion internationale sur le sort des prisonniers et des « disparus » sahraouis.

Sa dernière arrestation date du 17 juin 2005. Aminatou participait à une manifestation pacifique à El Ayoun. Salement blessée par la police marocaine (plaies profondes à la tête et cotes cassées), elle sera conduite à l’hôpital par des amis. La police viendra la kidnapper aux urgences. Sur la base d’un procès-verbal truqué, Aminatou fut accusée d’avoir constitué une bande criminelle... Elle sera enfermée dans la tristement célèbre Prison noire d’El Ayoun où elle entamera une grève de la faim pour le respect de ses droits. « Mon seul crime, c’est d’être défenseure des droits de l’homme et de vouloir informer le monde sur la situation au Sahara occidental. Mais la justice marocaine n’est pas souveraine. Les magistrats sont instrumentalisés par le pouvoir marocain. » La présence d’observateurs étrangers à son « procès » lui permettra d’éviter une peine trop longue. Elle fera tout de même sept mois derrière les barreaux.

Depuis sa libération, malgré sa santé fragile, Aminatou est allée en Europe (Suède, Italie, Belgique, Espagne, Suisse, Hollande, France), en Afrique du Sud et aux États-Unis pour défendre la cause des prisonniers politiques sahraouis dont certains sont en grève de la faim depuis le 4 septembre.
Pour son action, Aminatou a reçu, en 2005, le prix Andrei-Sakharov du Parlement européen. En 2006, elle a été honorée par la section américaine d’Amnesty International. Elle a également reçu cette année le Freedom Award, à Washington, et le prix espagnol Juan-Maria Bandres pour la défense du droit d’asile.

Adoptée par Amnesty International, Aminatou Haïdar est venue en France grâce au soutien de l’organisation humanitaire. « Je n’avais plus de passeport depuis quinze ans. Fonctionnaire, mon salaire est gelé depuis avril 2005 parce que j’ai voulu participer à la Journée internationale des femmes et faire entendre la voix des femmes sahraouies. Je vais retourner chez moi à El Ayoun à la mi-novembre. Je ne sais pas ce qui va se passer. Je n’ai pas peur. J’aurais la possibilité de demander l’asile politique en Europe, mais je préfère aller en prison plutôt que de vivre dans l’aisance ici. Je suis prête à donner d’autres sacrifices pour affirmer mes droits fondamentaux. » Mère de deux enfants, Aminatou connaît la brutalité de l’occupant, mais chaque coup reçu renforce sa détermination.

« Nous sommes privés des droits d’association, de réunion ou de manifestation. Les Marocains pratiquent l’intimidation, le harcèlement, la provocation. Ils saccagent les maisons, menacent les familles. Ils n’ont pas hésité à faire subir un interrogatoire à ma fille de onze ans. Même les enfants ne sont pas épargnés... »

Quoi qu’il arrive, on ne fera pas taire Aminatou Haïdar. « Ils peuvent me tuer, mais jamais ils ne tueront mes idées. Nos droits sont légitimes et reconnus par la communauté internationale. Je revendique seulement le droit à l’autodétermination pour le peuple sahraoui.

C’est à travers ce choix que se joue l’avenir du Sahara occidental. Le Maroc nie le droit international et essaie de cacher la réalité dans les territoires occupés. Les dirigeants marocains ont interdit l’accès du Sahara occidental à vingt-trois commissions d’enquête. Début octobre, une délégation ad hoc de députés européens a encore été refoulée.

Tout cela sans réaction officielle du gouvernement français. La France aurait pourtant les moyens de faire entendre raison au gouvernement marocain. Au lieu de ça, elle se rend complice des crimes perpétrés au Sahara occidental. À cause du soutien de la France, le Maroc utilise le terrorisme d’État contre le peuple sahraoui. En clair, le président Chirac bloque la paix au Sahara occidental. »

Hassan II n’est plus, mais la question sahraouie demeure. Des tabous ont sauté dans la société marocaine, mais pas celui du Sahara occidental. La pensée dans ce domaine est comme fossilisée. Trente ans après la Marche Verte, Aminatou Haïdar, la voix des sans-voix sahraouis, a besoin de nos voix pour faire gagner la liberté et la démocratie dans son pays. « Je ne compte pas sur les gouvernements, mais sur les peuples. J’ai confiance dans la société civile française.

Malheureusement, contrairement aux Espagnols, les Français sont peu informés sur ce que nous vivons. » Et pour cause. Les fidèles de « notre ami le roi » sont nombreux chez les politiciens, dans la jet set et dans les médias français...

Pour avoir plus d’infos sur la lutte du peuple sahraoui : http://www.arso.org

le 17/10/2006
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25 Messages

  • 18 octobre 2006 00:32, par lebaroude

    En même temps, cette dame voyage désormais avec un passeport marocain. Elle quitte le Maroc, fait une tournée mondiale pour exposer ses idées très hostiles au Maroc, et revient dans ce même pays...sans être inquiétée
    Si ce n’est pas une preuve d’ouverture politique au Maroc....
    Je ne connais pas beaucoup de pays arabes ou africains où un indépendantiste obtient un passeport, le droit de quitter le territoire légalement, et d’y retourner....

    • Est-ce qu’elle a choisi le passeport Marocain ???????
      Est-ce que les Marocains se sont battus pour reprendre le sahara des mains des Espagnols ?
      La France va se battre pour reprendre la corse, si demain il y a un envahisseurs.

      • Monsieur,
        Avez-vous déjà entendu parler de l’opération "écouvillon" en 1958 menée conjointement par les armées françaises et espagnoles pour mater le front de libération nationale marocaine pour son soutien aux résistants algériens ?
        Les marocains allaient récupérer leur sahara. On vous a aidé à vous libérer, pour preuve les dizaines de morts marocains à skikda en algérie. Je vois que vous nous le rendiez bien cette aide en soutenant politiquement et militairement le polisario.

        Voir en ligne : Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232

        • > Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232 18 octobre 2006 16:17, par Slimane Winhinan

          Le répression policière, les tortures et les mauvais traitements ne justifient pas l’exclusion du dialogue des unionistes sahraouis et la prise en compte de l’option de l’indépendance seule. Ces pratiques d’un autre âge sont intolérables et il faut que les Marocains les dénoncent haut et fort. La répression ne règlera rien.Mais on ne jette pas le bébé avec l’eau du bain.
          Les grèves de la faim des indépendantistes ne seraient validées dans aucune démocratie. Ce sont des communicateurs professionnels qui se relaient dans la grève de la faim (v. avis médical neutre)mais :
          - Le Polisario est dirigé par la même junte soumise aux services algériens depuis 1976 et trustée par une tribu dans une région où la tribalisme est vivace.
          - La défense de la démocratie n’est pas l’apanage de séparatistes qui ne sont pas en mesure de refuser de servir de machine de guerre à l’Algérie gênée dans ses projets d’hégémonie régionale.
          - Nous n’avons jamais accepté l’idée d’un référendum, c’est un choix officiel qui a consterné les Sahraouis unionistes.
          - Pourquoi les troupes du Polisario sont-elles en déliquescence avancée ? Parce que le nombre des désertions a été multiplié par 10
          - Les démocrates du monde, les progressistes et les ONG ne disent jamais que 250 000 Sahraouis vivent au Sahara et non cloîtrés dans les camps.
          - Pourquoi l’Algérie a-t-elle choisi le clan séparatiste, au lieu de tenter de les persuader de négocier.
          - Une république algérienne où l’on réhabilite des islamistes assassins, où l’armée est à l’origine et à la conclusion de tout peut-elle faire croire qu’elle est mue par des principes et des valeurs universelles ? Quand on a assassiné Boudiaf, le seul président algérien civil et neutre, quel représentant du pouvoir algérien peut moralement parler du Sahara ?
          - Près de 800 disparus marocains n’ont pas été retrouvés.
          - Le Polisario qui disait compter 160 000 personnes se retrouve évalué à 90 000 personnes à qui il est interdit de bouger. Et le HCR n’est pas admis dans les camps de Tindouf
          - Celui qui peut réellement croire que le Sahara est une cause inventée par le roi Hassan II montre un mépris souverain pour l’intelligence et surtout le patriotisme du peuple.
          - Qui est le représentant légitime des Sahraouis, le Polisario ou les militants des droits de l’homme au Sahara qui estiment qu’ils sont dans leur pays et se battent pour la démocratie locale.
          - Les partis progressistes algériens, comme le Parti du travail de Louisa Hanoune (trotskiste), le FFS de Hocine Ait Ahmed et le RCD de Said Sadi sont pour le retrour pur et simple du Sahara au sein de son espace politique, culturel et communautaire marocain. Comme cela s’est fait durant la guerre d’indépendance.
          Le Maroc commet des erreurs, mais ce n’est pas par la faute du Polisario, mais par celle des dirigeants algériens qui jettent toutes leurs forces dans cette lutte à mort qu’ils veulent instaurer avec le Maroc.
          - Il n’y a pas un Algérien qui croie sincèrement en la cause du Polisario, les Algériens protestent au sujet des sommes englouties pour tenir le Polisario à bout de bras, l’engagement de toute la diplomatie algérienne dans ce problème non pas pour trouver une solution harmonieuse mais pour freiner le développement d’un voisin qui lui tient la dragée haute, sans pétrole.
          - La crise actuelle ne peut déboucher que sur un bain de sang. Les Algériens n’ont pas la moindre intention d’en verser une goutte pour complaire à leurs généraux.
          - Pourquoi le Polisario ne laisse-t-il pas les habitants des camps de se déplacer ?
          - Pourquoi une enquête n’est-elle pas ouverte sur les détournements de l’aide humanitaire par les chefs du Polisario ?
          Quand on n’est pas informé, le cas d’Aminatou Haidar suscite colère et sympathie, quand on l’est on condamne les mauvais traitements avec vigueur,mais cela ne consolide en rien la thèse séparatiste. En soutenant Mme Haidar, on soutient notre pays et l’instauration d’une gestion démocratique de ces provinces chères à tous les Marocains.
          Merci.
          Slim
        • > Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232 18 octobre 2006 16:18, par saharaoui

          qui veut voir la realité sur le champs au sahara qui’il vient s’ajourner parmis la population saharaoui a Lâayoune je suis sure qu’il sera bien informé sur li nivau de "democratie et liberté" qui’il y a dans cette region du monde loin des medias
          • > Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232 19 octobre 2006 22:33, par SAHRAOUI

            Les Marocains sont malades, et leur cas nécessite une psychothérapie à l’échelle nationale. Le régime makhzénien pourri a lié la "marocanité" supposée du Sahara à la monarchie. Tout Marocain qui mettrait en cause cette "marocanité" du Sahara serait considéré comme anti-monarchiste. Du coup, les Marocains, conditionnés, hélas, comme des ânes, n’osent jamais dire le contraire. Quand un Marocain défend la "marocanité" du Sahara (qui n’est en fait qu’une stupidité), dans son petit cerveau c’est la monarchie qu’il défend, par peur bien sûr.
            Le Sahara occidental n’est pas marocain, et il ne le sera jamais. Ne comptez surtout pas sur le Marocains pour le libérer, puisqu’ils n’arrivent pas à se libérer du joug de la monarchie.
            Au Sahara occidental, les sbires du roi assassinent les Sahraouis, violent leurs femmes et leurs enfants, et dans le nord du Maroc, les femmes du Maroc sont bradées aux frustrés du monde entier.
            Vive le Sahara libre et démocratique ! A bas la dictaure marocaine, et la stupidité des Marocains, peuple de valets.
    • > Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232 20 novembre 2009 00:55, par Meryem

      Aminatou est une pure marocaine gâtée par un soutien démusuré par l’état marocain à ses fils saharaui dans le but de ratrapper le retard causé par le joug espagnol ; Aminatou bien qu’elle a l’air d’être intelligente, elle est proie à un flot d’illusions, elle est tombée dans la toile des araignées sionistes ; la naïve, fière d’être encouragée par par un sioniste qui se cache sous les organisations humanitaires, elle n a pas plus se rendre compte que ce sionisme qui est entrain de ravager les états arabes et musulmans sous le prétexte de la liberté et la démocratie ; Aminatou doit voir plus loin qu’il a été le sort des spécimens formés et encouragés par ces organisations internationales pour introduire la démocratie du renard en Irak ?,
    • > Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232 12 décembre 2009 20:09, par marocain

      qu’elle ait a l’enfer et ceux qu’il l’ont poussé a faire la greve de faim.on a pas besoin de cette renegate sur le sol marocain .
  • 18 octobre 2006 02:30, par xenon

    Elle était fonctionnaire où ?
    Elle est libre, elle peut circuler où cela lui chante, il me semble !
    Mais pour ces sorties médiatiques, qui la soutient financièrement ?
    Voilà la bonne question !
    Et le sahara, avant d’en parler, il faut y aller, et rencontrer aussi la majorité silencieuse ! Sinon , c’est comme visiter la corse avec un indépendantiste comme guide !
  • 18 octobre 2006 13:09

    Le Maroc fait partie des dictatures les plus attroces du monde arabe et c’est les pauvres marocains qui payent le prix fort.
    • > Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232 18 octobre 2006 14:00, par Marocain et fier

      le Maroc une dictature atroce !!mon cul weh ,dans le monde arabe aucun pays n est plus démocratique que le Maroc ,la preuve la femme a aujourd’hui un nouveau statut qui la rend indépendante .le conflit sur le sahara est un conflit artificiel ,mené par le polisario qui lui meme est sous le controle des généraux algériens corrompus !!le but est d accorder une autonomie a cette partie du MAROC ,iniquement pour que l Algérie puisse avoir accés a la facade Atlantique afin de pouvoir exporetr plus facilement son pétrole et son gaz ,qui est la seule source de richesse de ce pays !!il ne faut pas tomber dans le piège ,et croire que le Royaume du Maroc est un état répressif ,parce kil y a eut des arrestations lors de manifestations ,qui ont d ailleurs débordés en lutte contre les forces de l ordre !!citez moi un pays ki n utilise pas la force en cas de trouble a l ordre publique ??meme la france ,pays des droits de l homme est régulièrement montrer du doigt pour ces bavures policière ses arrestations musclées etc...Le Sahara est marocain ,il ne faut pas l oublier ,dc il est lègitime que l Etat décide d intervenir lorsque il se sent menacé !!le vrai coupable c ce chien de polisario et son maitre Bouteflica ,qui essaient de détourner l attention sur ce probleme qui ne les concerne absolument pas ,afin que son peuple oublie les problemes ;pauvreté ,misere sociale ,secheresse,recrudescence des réseaux terroristes (GSPC),des meurtres liés a ces groupes ,de l exploitation et du trafic d etre humains ,de la drogue , de la prostitution etc...alors que chacun s occupe de ses problemes et tt ira pour le mieux !!a bon entendeur SALAM
      • > Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232 2 février 2007 19:45, par touhami rachid

        rien n’est plus terrible que la dictature du maroc vis à vis des autres pays vous disparaissez et vous ne laissez plus de trace ni vos parents ni votre femme ni vos enfants ne seront épargnés ils seront brimés surveillés renvoyer de leur travail et plus aucun bulot vous créverez à petit feu et sans espoir que de quitter le pays comme haragas et si vous avez de la chance il faudra vivre dans la clandestinité mon frére tu ne sais pas ce que tu dis quand tu parles de la démocratie au maroc tu me fait pleurer de voir que des gens de mon pays sont aveugle en plein jour
    • > Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232 22 mars 2007 23:20, par une voix muette

      vous avez raison nous la majorite silencieuse qui faison la richesse de ce pay nous avons que un droit payer des impots des taxes et payer les vols et les detournements de biens publique effectuer par le systeme qui nous est imposer les tortionaires du regimes ne sont pas justiciable c est le travailleur le citoyen le contribuable qui doit payer pour le criminel qui lui s est enrichi de vol et de detournement au frais de l etat nous on paye les idemnitees aux a leur victimes on renfloue les banques d etat les caisses les offices on paye tout ce que les voleurs et torsionaires on prie ils s enrichisse nous les honnete on s apauvrie aissi que nos enfants et le systeme continue
  • 18 octobre 2006 13:45, par rb

    Au moins, elle peut circuler librement de part le monde contrairement à nos compatriotes restés cloitrer dans les camps en algérie. Pour se déplacer d’un camp à un autre, il faut l’autorisation des mercenaires du polisarion et de la junte militaire au pouvoir algérien qui dirrige le pays. Ses compatriotes dans les camps n’ont pas le droit à la parole pour exprimer leur ral-bol de soumission. Ils voudraient tant rentrer à la mère patrie mais ils ne le peuvent pas sous peine de risquer leur peau. cette pseudo-défentrice des droits de l’homme par une tournée de propagande anti-marocaine va bien rentrer librement au maroc, le pays qu’elle dénigre. Alors qu’on arrête de donner des leçons de morale quand on refuse à un compatriote comme jamel debbouze un visas d’entrer pour l’algérie sous pretexte de soutenir la marocanité du sahara. Où est donc la liberté d’expression ?

    Voir en ligne : Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232

  • 18 octobre 2006 20:25

    Le problème est simple, vous voulez que les sahraouis soient marocains malgré eux ???????????
    Laissez leurs le choix, ça s’appelle référendum.
    Vous n’êtes plus démocrates, quand il s’agit des autres ???????
  • 19 octobre 2006 10:42, par Peheffe

    La situation au Sahara Ocidental n’évolue guère, malheureusement, et les gouvernements français et marocains font preuve d’une cécité inquiétante - y compris pour l’avenir de leurs propres intérêts à moyen terme. Bravo à Paco d’avoir mis le fer dans la plaie. Les réactions pro-marocaines que j’ai pu lire font curieusement penser au discours stéréotypé que tiennent les autorités marocaines depuis le début du conflit. Systématiquement, elles répondent à côté des problèmes soulevés, accusent le Polisario et les mauvais Sahraouis qui le soutiennent (les bons étant ceux qui ferment leur gueule...)de tous les maux du Maghreb et du reste de la terre et ne discutent jamais sérieusement du fond... C’est un trés mauvais calcul ! Qu’a fait d’autre la France en Algérie avec les résultats que l’on connaît... Et qu’on ne me dise pas que ça n’a rien à voir : les droits "historiques" du Maroc sur le Sahara Occidental sont de la foutaise et les théories impérialistes d’Allal El Fassi des divagations pures et simples. A quand un retour à la raison ?
  • 20 octobre 2006 21:37

    En juin 2005, le poète marocain Abdellatif Laâbi a écrit un texte très intéressant sur la question sahraouie. On le trouve sur son site, en français et en espagnol, http://www.laabi.net/Prise-de-parole.html#Sahara
    Il est visiblement toujours d’une actualité brûlante... Le voici :
    Le Maroc, malade du Sahara ?
    Une prise de position sur la question et sur l’actualité politique au Maroc
    Oui, c’est bien un cri d’alarme que je voudrais lancer ici. Le Maroc est actuellement entraîné, du fait de la question du Sahara, dans une dérive dont on ne mesure pas assez l’effet d’ébranlement qu’elle peut avoir sur nos acquis de ces cinq dernières années. Sans verser dans la thèse facile du complot, des questions de bon sens s’imposent : Qui a intérêt à une déstabilisation dont la menace se profile à l’horizon ? À qui profitera le chaos qui pourrait en résulter ? Les réponses qui viennent automatiquement à l’esprit, dictées par un réflexe pavlovien, désigneront les ennemis extérieurs, le front intérieur étant, lui, par définition, solide comme du béton et ses acteurs au-dessus de tout soupçon. Or il faudrait être naïf pour ne pas voir que ce sont les nostalgiques de l’ancien régime qui se frottent déjà les mains. Le boulet que le régime précédent avait attaché au pied de son successeur s’avère être une bombe à retardement qui fragilise l’élan réformateur actuel et en brouille le message. La situation est donc propice à un retour en arrière, avec comme détonateurs d’une part les tensions sociales et politiques internes que nous ne connaissons que trop, et d’autre part l’enlisement où nous nous trouvons concernant l’affaire du Sahara. Que ce retour se fasse dans l’engrenage de la violence et, pourquoi pas, à la faveur d’un conflit armé avec l’Algérie n’est pas pour déplaire à ces apprentis sorciers. N’ont-ils pas participé par le passé à la politique de la terre brûlée et usé des mêmes méthodes que le régime militaire voisin pour martyriser notre peuple et confisquer le projet démocratique né avec l’indépendance du pays ? Ils sont, à n’en pas douter, les complices objectifs d’un scénario catastrophe qu’il nous faut envisager avec lucidité. Et ce ne sont pas, hélas, les ténors de notre classe politique, englués dans leurs schémas figés, qui vont nous aider à éviter le pire. La misère de leur discours est telle qu’elle maintient la sclérose et empêche la réflexion de fond sur un problème complexe dont le traitement exige, outre le courage et la détermination, une véritable avancée de la pensée politique, porteuse d’une vision d’avenir.
    Pouvons-nous envisager une telle avancée et accepter que les idées, même les plus dérangeantes, s’y confrontent librement ? Rien n’est moins sûr. Et c’est là un réel paradoxe de notre vie politique. Car, s’il y a un acquis de ces dernières années, c’est sûrement celui qui s’est concrétisé au Maroc par l’expression libre de la pensée. Bien des tabous, dont la transgression valait dans le passé les pires exactions, ont volé en éclats. Lignes rouges ou pas, le résultat est là, et il n’est pas mince. Il englobe tous les domaines et touche à tous les sujets sensibles. Le seul domaine où la fossilisation de la pensée reste la règle concerne le Sahara. La vision d’une sortie de l’impasse qui soit honorable, juste, profitable à l’avancée de notre projet démocratique et à la réalisation de nos aspirations au développement, mais qui prenne également en compte la dignité des populations sahraouies, leurs besoins économiques et sociaux, leur spécificité culturelle, cette vision fait cruellement défaut. Avons-nous innové en quoi que ce soit depuis l’ère du vizir Basri, où le traitement de ce dossier avait privilégié la dimension sécuritaire et la création d’élites locales soi-disant liées à nos intérêts, en réalité intégrées par cooptation à un système fondé sur la corruption et le trafic d’influence ? À peine découvre-t-on aujourd’hui qu’au Sahara il n’y a pas que des tribus et des chefs de tribus, qu’il existe aussi une opinion publique et des citoyens ordinaires dont la plupart sont des laissés-pour-compte de ce système, et qu’ils ont voix au chapitre concernant leurs conditions de vie, la gestion de leurs affaires et la construction de leur avenir. Il est tout aussi vrai que c’est récemment, à la suite des attentats de Casablanca, que l’on commence à découvrir le Maroc inutile, abandonné à sa misère et à sa détresse, proie facile des marchands du désespoir et de la haine. Mais on est bien obligé de constater qu’une telle prise de conscience est encore embryonnaire et n’est défendue que par une petite partie de la presse indépendante et quelques courants de la nouvelle gauche. Du côté de l’État et de la majorité de la classe politique, l’inertie est la seule énergie qu’on puisse constater, la prime de l’impuissance devant être attribuée à notre diplomatie, qui n’a jamais eu d’autre politique que réactive. Elle semble ignorer ce qui s’appelle l’initiative et, quand elle réagit à des faits accomplis, elle le fait avec une indigence devenue certainement proverbiale dans les chancelleries à travers le monde. Disons à sa décharge que ses gesticulations ne sont que l’expression d’une carence au niveau de l’État, prisonnier lui-même d’un consensus élevé au rang de dogme et d’un statu quo qu’il essaie de gérer tant bien que mal.
    Comment penser et débattre librement dans cette atmosphère délétère où le terrorisme intellectuel bat son plein ? S’il y a bien ligne rouge, elle se situe là. D’un côté, nous avons les vaillants patriotes veillant à ce que même pas une virgule ne soit changée des thèses et des formules consacrées depuis le déclenchement de l’affaire. De l’autre, il ne peut y avoir que des traîtres ou des nihilistes gagnés à la cause des ennemis de l’unité territoriale. Je crois qu’il est grand temps, pour nous, Marocains, d’apprendre une autre langue que celle des perroquets quand il s’agit de patriotisme, et d’en finir avec le monopole attitré de certains en la matière.
    Quel est donc ce patriotisme qui pratique la politique de l’autruche et pousse aveuglément un pays et un peuple droit dans le mur, sinon dans le précipice ? Le vrai patriotisme n’est-il pas au contraire celui qui a pour souci constant de prémunir notre peuple des malheurs et des souffrances qu’un conflit violent pourrait lui infliger ? Le Maroc n’a-t-il pas été suffisamment ruiné pendant des décennies d’arbitraire, de gabegie, de corruption, de mise à l’écart de régions entières du pays profond, pour qu’on l’expose, alors qu’il relève à peine la tête, à de nouveaux périls ? Le vrai patriotisme, dans le Maroc et le monde d’aujourd’hui, n’est-il pas celui qui se bat pour enraciner chez les citoyens la culture de la paix, de la tolérance et des valeurs démocratiques ? qui mobilise les énergies pour sortir le pays de l’impasse du sous-développement, de la sphère de la dépendance, et pour instaurer la justice sociale, assurer à tout un chacun le droit au bien-être matériel et moral, fondement de toute dignité ? Enfin, le vrai patriotisme n’est-il pas celui qui œuvre à construire les outils de la pensée libre et de la responsabilité du citoyen ? Quand on sait qu’il y a un autre péril en la demeure, à savoir l’extrémisme qui risque de nous entraîner dans d’autres folies meurtrières, il y a de quoi réfléchir. Sommes-nous incapables d’un sursaut de lucidité qui nous verra remettre sur la table tous les éléments de la question du Sahara, depuis sa genèse jusqu’aux développements tragi-comiques de ces dernières semaines ? Sommes-nous vaccinés définitivement contre l’analyse et le débat raisonnés, et dépourvus à ce point du grain de génie qui donne des ailes à l’imagination créatrice et permet de libérer le cours de l’Histoire ?
    En fait, la question cruciale, incontournable, conditionnant la résolution de l’équation du Sahara, est à mon avis la suivante : Quel Maroc voulons-nous ? Celui auquel nous nous sommes habitués de gré ou de force, dont l’élan est plombé par tant d’archaïsmes et au premier chef par la confusion des pouvoirs et leur centralisation à outrance, ou celui qui donnera naissance à un nouveau projet de société, où les règles universellement admises d’une gouvernance démocratiques seront établies, inaugurant l’ère d’une citoyenneté pleine et entière ? Le choix entre les deux options est la clé du problème. Inutile de revenir sur le bilan désastreux de la première, la seule agissante jusqu’à maintenant sur le terrain. Elle nous a conduits à l’impasse et devient porteuse de périls. La deuxième, quant à elle, a au moins le mérite, alors qu’elle n’en est qu’à ses balbutiements, de secouer l’immobilisme et d’ouvrir d’autres pistes de réflexion et de débat. Je ne prétends pas à une première en la matière. Les idées allant dans ce sens se sont exprimées récemment, ici et là, notamment dans la presse, d’abord timidement, ensuite plus clairement, même si elles restent parfois enrobées de formules consacrées, dernière concession aux gardiens du dogme. Si, donc, notre option est bel et bien pour un État moderne, une gouvernance fondée sur les principes démocratiques, une politique sociale mobilisée contre les inégalités, la solution pour le Sahara découlera de ce choix et de l’application de ses principes directeurs. Pour cela, il faut mettre fin au dogme qui considère que l’État chez nous ne peut être que ce qu’il a toujours été. La modernité tant proclamée de nos jours n’est-elle pas le contraire exact de l’archaïsme ? Dois-je préciser que cette révolution dans les mentalités peut s’accomplir sans pour autant jeter aux orties certaines de nos traditions, et en premier lieu, pour être clair, l’institution monarchique ? Ce point étant réglé, rien ne s’oppose à ce que nous prenions exemple sur les États modernes qui ont opté pour un autre modèle que l’État jacobin. Cela va d’une union des États à l’institution dans le cadre de l’État central d’autonomies régionales pleines et entières, en passant bien sûr par le fédéralisme. Ne voyons-nous pas que chacun de ces modèles, dicté par autant de réalités particulières, fonctionne normalement en approfondissant l’idée et la pratique de la démocratie, l’exemple le plus proche de nous et le plus récent dans sa concrétisation étant celui de l’Espagne, dont nous devons méditer et mettre à profit l’expérience ?
    Je sais qu’à ce stade de mon raisonnement on ne manquera pas de m’opposer l’argument massue de l’Histoire. À cela je répondrai : On ne peut pas en faire abstraction, mais doit-on pour autant en être les otages ? J’ajouterai qu’heureusement l’histoire d’un peuple n’est pas seulement derrière lui, mais devant lui. Comme toutes les œuvres humaines, elle est appelée à être déconstruite et reconstruite. Point de fatalité en la matière. Un peuple qui n’a pas l’ambition d’être le maître de son histoire et d’infléchir le cours de son destin se condamne à n’être qu’un figurant dans une pièce dont plus puissants que lui tireront toujours les ficelles. Dois-je rappeler enfin que l’Histoire avance par accumulations successives, et par ruptures salutaires aussi ?
    C’est cette rupture sans violence, raisonnée, que j’appelle de mes vœux. Elle pourrait se traduire, pour l’affaire qui nous concerne, et au-delà pour la nation marocaine, par une initiative audacieuse, ferme et transparente, ouverte au plus large débat qui soit, couronnée à l’arrivée par un référendum populaire. L’idée, on l’aura deviné, étant une réforme constitutionnelle majeure visant à instaurer au Maroc un État de type nouveau, définitivement ancré dans la modernité, où certaines régions, suivant le choix libre de leurs habitants, accéderont à l’autonomie et pourront s’autogouverner au sens plein du terme, l’État gardant les prérogatives admises en pareil cas, selon un modèle qui devra être affiné en fonction de la spécificité de nos institutions. Il est évident que, dans le cadre de ce projet, un soin particulier devra être apporté à la composante sahraouie, en impliquant réellement les populations dans le débat, sans parler des mesures à prendre, comme gage de sincérité et de simple justice, pour mettre fin à la politique du tout-sécuritaire et pour s’attaquer aux urgences socio-économiques et culturelles. Les Sahraouis pourront ainsi s’assurer de la véracité du projet qui leur est proposé et découvrir non seulement qu’il répond valablement à leurs intérêts et aspirations, mais qu’ils en seront des partenaires et des acteurs à part entière.
    Voilà une perspective autrement plus porteuse de paix, d’espoir, de développement humain et matériel, de solidarité fraternelle, que celle qui leur est promise par Mohammed Abdelaziz qui, soit dit en passant, reste prisonnier d’un arsenal dogmatique qui n’a rien à envier à celui de nos gardiens du dogme. Si je devais, par exemple, répondre à la lettre surréaliste qu’il a adressée récemment à la société civile marocaine, je me contenterais de poser les questions suivantes : Quelle crédibilité peut-on accorder à un mouvement de libération nationale dont les deux tiers de l’état-major sont passés à l’ennemi ? Quelle marge de liberté de pensée et de manœuvre politique un tel mouvement peut-il avoir quand il a lié son sort à un pouvoir militaire qui a fait avorter par la terreur et dans le sang le projet de libération du peuple algérien et ses aspirations, en tout similaires aux nôtres, à un État de droit ?
    Ainsi, une nouvelle voie, autre que l’alternative de l’indépendance ou du ralliement, pourra s’offrir aux Sahraouis. Évitant les déchirements, les surenchères du nationalisme passéiste et les risques de dérive violente, elle permettra la sortie de la crise par un engagement commun à faire avancer le projet démocratique et l’établir sur des bases saines et durables. Et si j’ai un message fraternel à adresser aux Sahraouis, où qu’ils se trouvent, il se situe bien là. Chacun d’eux, par son choix libre, prendra sa part de responsabilité dans la réalisation ou l’avortement de ce projet. Sa décision sera capitale pour l’avenir de notre région car, si nous élargissons notre analyse à l’échelle du Maghreb, est-il possible de nier que le seul espace où une vraie perspective démocratique est en train de se dessiner est, pour le moment, le Maroc ? Si le choix de chacun de nous est bien celui de la liberté et de la démocratie, notre intérêt à tous est de sauvegarder cet espace, le renforcer et le faire avancer jusqu’à la réalisation pleine et entière de nos aspirations. C’est alors que le conflit du Sahara aura une issue heureuse. Réglé dans cet esprit, il élargira, dans notre région, l’espace de la paix et de la construction démocratique.
    Ayant commencé par un cri d’alarme, c’est par cette note d’optimisme que je voudrais terminer. Si le Maroc est aujourd’hui malade du Sahara, c’est peut-être par ce dernier qu’il entreprendra la voie de sa guérison. La médication demandera du temps pour donner les résultats espérés, mais il ne faut pas tarder à l’administrer. Encore faut-il écarter de la chambre du patient les apprentis sorciers et autres charlatans, en ouvrir les fenêtres pour laisser passer l’air vivifiant de la raison et de l’espoir. Ce changement de cap exige un sens élevé de l’État et une vision capable d’anticiper l’avenir. C’est avec de tels atouts que sont le mieux fructifiés les rendez-vous qu’un peuple prend avec l’Histoire.

    • Et, un mois plus tard, Ali Omar Yara, sociologue des conflits et président du GIS répondait à Laâbi avec ce texte « Le cri vibrant d’une impuissance politique - Dialogue avec Abdellatif Laâbi sur la cause sahraouie »...
      Il est réducteur de dresser un compte rendu désengagé du message de notre poète maghrébin Abdellatif Laâbi. En tant que compagnon de route de la liberté, je veux lui expliquer non pas ses questionnements sur la démocratie de son pays, mais la cause du peuple sahraoui, qui, avec beaucoup d’omissions, apparaît en filigrane, dans son appel vibrant.
      Je rends d’abord hommage au poète. Il fut parmi les êtres pensants qui ont payé très cher, leurs engagements progressistes et humanistes, par des châtiments qui lui ont été infligés par le régime tyrannique : l’année 1972, débute, au Maroc, par son arrestation, la torture et son incarcération. En 1973, une condamnation à dix ans de prison était prononcée à son égard. Il fut ensuite libéré, avec une centaine de prisonniers politiques les 18 et 19 juillet 1980. Ces épreuves n’ont pas affaibli, 24 ans après, sa détermination et sa création poétique et artistique. Il a dit " Je n’attends rien de la vie. Je vais à sa rencontre. Je chemine ainsi vers l’avenir, le possible, l’incertain ", ou encore " le malheur, dans la vie d’un homme ou d’une nation, n’est pas une fatalité sans appel ". Ces paroles parmi d’autres nous donnent l’espoir de considérer notre lutte comme légitime, à l’instar des luttes d’autres peuples et nous convaincre qu’il va dans le même sens que nous.
      Laâbi nous frappe par sa récente prise de position politique. Ces quelques passages de sa lettre ouverte l’expriment. Il constate, que " Le Maroc est actuellement entraîné, du fait de la question du Sahara, dans une dérive dont on ne mesure pas assez l’effet d’ébranlement qu’elle peut avoir sur nos acquis de ces cinq dernières années (...). Une réforme constitutionnelle majeure visant à instaurer au Maroc un État de type nouveau, définitivement ancré dans la modernité, où certaines régions, suivant le choix libre de leurs habitants, accéderont à l’autonomie et pourront s’autogouverner au sens plein du terme ...". C’est donc, dans l’esprit d’une perspective " autrement plus porteuse de paix, d’espoir, de développement humain et matériel, de solidarité fraternelle, que celle qui leur (les Sahraouis) est promise par Mohammed Abdelaziz (...), prisonnier d’un arsenal dogmatique qui n’a rien à envier à celui de nos gardiens du dogme...".
      Il est prégnant que je perçoive dans cette lettre, abstraction faite de sa teneur émotionnelle, le suivi de la transformation démocratique opérée fraîchement au Maroc et la dimension " trouble fête " qu’exerce la cause Sahraouie sur l’esprit des meneurs de cet " ordre nouveau " du Royaume.
      Le poète a répondu au Président sahraoui, en admettant tacitement que l’appel de ce dernier adressé à l’élite marocaine, émane, d’un citoyen sahraoui comme d’autres qui dialogue avec un citoyen marocain. Mais, l’intelligence de Laâbi ne doit pas s’arrêter sur des événements mineurs concernant des " sahraouis qui ont passé à l’ennemi ". Les expériences historiques conduisent à ces types de dérapages : les Algériens, pour " l’Algérie française " durant les années cinquante ; les Mauritaniens pour le projet du " grand Maroc " des années 1960 et plus loin de notre région meurtrie, les Cubains de la Floride américaine, contre la révolution cubaine de la petite Ile ; Sans évoquer d’autres expériences asiatiques ou africaines. Ces gens-là entravent la marche vers la liberté.
      On ne peut pas non plus qualifier le système politique sahraoui de Militarisé, ou de dogmatique. Car on coupe ainsi les Sahraouis de leur base culturelle et de leur représentation collective. Au Maroc, on doit apprendre à voir que le peuple sahraoui à travers sa profondeur historique et sa détermination, veut en finir avec le colonialisme et le dictat des despotes. " L’affaire du Sahara " a été provoquée, il y a maintenant plus d’un siècle, par un partage colonial franco-espagnol, dont le traité secret du 3 octobre 1904 dit que l’Espagne ne doit pas céder le territoire sahraoui, à une autre puissance sans l’accord de la France. Elle est la ligne directrice d’une série dramatique de conflits patronnés par les deux sous-puissances coloniales : l’écrasement de l’Armée de libération du Sud en 1956-1958 ; la marche verte en 1976, les accords de Madrid en 1976 ; la projection des forces massives marocaines en 1975, sur le compte du peuple marocain entraîné vers une terre qui n’est pas la sienne et le peuple sahraoui qui ne veut de liberté que la sienne.
      L’idée d’une solution " fédératrice " Sahara-Maroc a déjà été avancée depuis le désengagement de la Mauritanie du conflit sous plusieurs formes inabouties, de même qu’elle n’est pas parvenue à l’exploitation commune maroco-algérienne des richesses sahariennes, suggérée par la gauche macocaine dans les années 1960. Quant au scénario d’un Maghreb uni, mis en avant par les establishments de l’Afrique du Nord, rien au monde ne peut le cautionner, du fait que les structures des Etats ne répondent pas aux inspirations des peuples. Le Nationalisme arabe n’a pas pu assumer le rôle démocratique des responsables maghrébins, ceux-ci ont tout simplement reproduit le comportement rigide des régimes du despotisme oriental, et ont soumis leur agir aux dictats de l’impérialisme sur leur agir.
      Mais, la direction de l’esprit ne peut être confondue avec la marche des événements. Cette dernière l’emporte. Ainsi, le cri humaniste, que reflètent aussi les inspirations de Laâbi, ne peut être entendu par les Marocains, que si le Maroc, accepte, d’une part l’application des résolutions des Nations Unis, promesse non tenue avant qu’une nouvelle génération de Sahraouis exige l’évacuation sans conditions des troupes et administrations marocaines stationnées sans raison sur leurs territoires. D’autre part que les Makhzeniens renoncent au spectre de l’allégeance qu’ils veulent infliger dans des territoires contestés. Ces conditions sont les seules garanties de l’entrée dans la modernité, voire l’ère de ce que les sociologues appellent l’hyper-modernité que tous se préparent à atteindre.

      • madame aminatou,rentre et sort du maroc comme elle veut,et elle denigre le pays.liberte d`expression est ce que ce n`est pas une ouverture d`esprit pour le maroc.
        mais moi je qu`elle delire,elle croit que si le sahara se separe elle va etre libre comme le vent.c`est le polisario mafieux avec la benidection des generaux algeriens d`une autre ere (epoque)qui vont bouffer les richesses du sahara et de l`algerie (algeriens reveillez vous.

        • les algeriens son libre reveillez vous marocains car vous ete des ’sujets’ du fils de 6 mois et du pere et de la fille d’1 mois epoque des milles et une nuits
          • > Aminatou Haïdar, ancien numéro d’écrou 26 232 9 décembre 2009 01:06, par azammam

            les algériens « son » libres comme l’air qui s’évapore. libres comme une mémoire courte. De toute manière l’Homme a toujours été insatiable. Et on ne peut avoir de conflit qu’avec nos proches. Libre ou sujet les valeurs ne sont pas pareilles.
            Généralement quand je cogite sur un sujet j’émite pascal " je pense donc je suis" et je ne vais pas plus loin que le bout de mon nez. Je me regarde pour trouver réponse à mon sujet.
            Dieu"luange à dieu"m’a donné un corps avec deux bras deux jambes et un seul cerveau qui fait fonctionné le tout. louange à dieu. Si les bras et les jambes et toute les parties du corps avaient indépendamment chacun un cerveau les claques que je receverai impunément.
            Donc ne disloquons pas et restons unis. Pour le bien de tous.
  • 13 décembre 2009 04:11, par sahraoui_fier

    Un détenteur de passeport français se présente a Roissy et sur la fiche écrit dans la case nationalité : "Corse" ; et déclare devant le procureur qu’il renonce a sa nationalité ; les agents de la PAF lui demanderont sans hésitation, soit un visa, soit une carte de séjour. Mais comme l’État Corse n’existe que dans l’imagination des indépendantistes, il faudra a cette personne attendre la création de cet État pour repasser. La morale de l’histoire : Il ne faut pas cracher dans la soupe... qu’on mange !