Jean-Claude Drouot habité par Orson Welles

Jean-Claude Drouot habité par Orson Welles

Jean-Claude Drouot a choisi d’incarner Orson Welles pour commencer cette saison théâtrale 2006 au Marigny. Pari difficile que de tenter de rendre hommage à la figure, au corps et au destin du réalisateur, metteur en scène et acteur le plus génial du siècle passé, le Citizen qui a fait trembler tant de fois l’Amérique et Hollywood avec ses happening à la radio, ses pièces scandaleuses en faveur des noirs et ses films qui ont révolutionné le genre dans les années 40.

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Malgré la rudesse de la tâche, Jean-Claude Drouot crève l’écran, met le feu aux planches dans cet hommage appuyé et très original à Welles, non pas au temps de sa splendeur, mais à l’époque de sa décadence, lorsqu’il a 70 ans et qu’il est obligé de "prostituer" son Art pour financer ses films en faisant des publicités à la radio ou en draguant Spielberg ou des japonais.

La scène est divisée en trois parties pour ce "Votre serviteur Orson Welles" ; Jean-Claude Drouot est véritablement au service de l’auteur ; il ne singe pas, n’imite pas Welles, et mieux encore, il est devenu un clone impressionnant de cet immense corps gras, difforme mais toujours élégant qui a été son enveloppe charnelle à la fin de sa vie.

Au premier plan un vieux fauteuil en cuir, au deuxième un studio piteux de radio avec d’un côté la régie, de l’autre la table des enregistrements et une troisième partie, la plus intéressante, qui ressemble aux coulisses d’un théâtre ou d’un studio de cinéma.

Drouot est habité par Welles, cela se sent. Nul autre acteur français n’aurait pu offrir à ce rôle une telle stature et une voix si forte et profondément "wellesienne".

Ce que ce spectacle a bien compris c’est que dans la grandeur ou la décadence, Welles est un génie, un homme de radio, un homme de souffrance, un homme incompris, un homme seul, trop sensible et trop en avance sur son temps et qu’il était plus intéressant de montrer la justesse d’Orson Georges dans cet état-là plutôt que de le voir jouer avec Hollywood.

Dans l’échec, Welles est un personnage de Shakespeare, le héros magnifique du plus grand des drames intimes.

Ce face à face entre Welles en fin de vie et un petit homme moustachu joué admirablement par Serge LE LAY, est une prouesse de Titan. Drouot accède à un stade supérieur dans son Art, il touche les plus beaux mythes du Théâtre avec ce portrait si juste et sensible du fascinant Welles.

Un spectacle à voir absolument pour les fans de Welles, de Drouot et à conseiller à ceux qui aiment ce que le Théâtre et le Cinéma font de meilleur mariage.



Interview de Jean-CLaude Drouot par fv

"Votre serviteur Orson Welles" de Richard France. Adaptation Jean Collard. Interprété et réalisé par Jean-Claude Drouot. Avec Serge LE LAY.
Théâtre Marigny, Salle Popesco.

le 13/09/2006
Impression

3 Messages

  • 15 septembre 2006 08:57, par Polux

    Ah ! si seulement je pouvais voir cette pièce...
    • > Jean-Claude Drouot habité par Orson Welles 30 septembre 2006 17:23, par jolane

      comment répondre, quoi surtout ? quand,comme moi on est greffée sur le site de vente et réservation des billets.pour rien !je ne peux pas y aller.jalousant désespérement tout ces gens qui vont le voir ,l écouter LUI ,MONSIEUR DROUOT ,le plus grand parmi les grands .ceux qui l aiment sont là et pas moi .Alors il ne me reste plus qu à rever a un dvd ,une diffusion a la télé .oui , peut etre ! mais quand ? c est frustrant
      • > Jean-Claude Drouot habité par Orson Welles 5 août 2008 12:24, par jojo

        Comme toi, j’aimerai pouvoir me déplacer pour voir CE GRAND MONSIEUR qui, à mes yeux a toujours été le meilleur acteur.Même les (soit disant grands acteurs comme Delon et tous les autres) ne m’ont jamais touchés,émus et tout ce qu’on peut avoir d’émotions .Quand il y a tant de films qui auraient eu le mérite d’être joués avec la même passion que Jean-Claude.Comme toi j’attends des diffusions à la télé.Quand... Joëlle toujours FAN depuis toujours