L’affaire ALEGRE : une affaire de vengeance !

L'affaire ALEGRE : une affaire de vengeance !

La chose est suffisamment rare pour qu’on la signale. un haut magistrat, Jean WOLFF, ancien Procureur Général de Toulouse, dégaine sa plume pour écrire un réquisitoire contre la Justice et "le Monstre médiatique déchaîné". Victime de l’affaire ALEGRE, il en a pris plein la toque, cet honnête homme blanchi sous le strict respect des Institutions.

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Il dénonce dans son livre "cet épisode particulièrement pénible de sa vie personnelle et professionnelle". Un document émouvant et effrayant.

Braves gens ayez la trouille, un Procureur vous le dit, et il sait de quoi il parle ; la justice peut faire des dégâts !

Ce n’est pas tous les jours , en effet, qu’un Procureur général, drapé dans "son costume d’audience hérité directement de celui de nos anciens rois", se retrouve accusé par la justice et la Dépêche du Midi d’être un violeur, un tortionnaire, un pervers couvert d’hermine, un père fouettard des palais de justice.

Jean WOLFF, malgré son calme, n’en revient pas que ces accusations insensées, qu’aucun Juge rural, même dans le bourg le plus reculé de France, n’auraient prises en considération, aient été retenues par le procureur BREARD, le Substitut HEINISCH, le Juge d’Instruction et, enfin le gendarme ROUSSEL.

Il n’en revient pas que ces accusations aient été reprises, inetnsifiées, mises en page, comme fusées meurtrières sur orbite, par La dépêche du Midi et son "inévitable Gilles SOUILLES", le journaliste qui tout au long de l’affaire, écrira, médira, piétinera. Sous la plume du procureur général son nom revient très souvent, à chaque mauvais coup du journal.

Le Procureur Général n’est pas tendre pour ce porte-plume de la Dépêche du midi, on sent qu’il lui garde un chien écrasé de sa chienne.

Ce livre est passionnant en ce qu’il répond à la question : pourquoi un Procureur Général, un Substitut général, des magistrats, des Policiers, le Président du CSA, tous innocents, ont-ils été impliqués dans cette sordide affaire à laquelle ils n’avaient aucune raison de se trouver mêlés ?

La réponse fuse sous la plume mesurée du Procureur Général VOLFF. Au coeur de l’affaire, on trouve l’esprit de vengeance d’un hommee : Jean-Michel BAYLET.

On rit à la description que Jean VOLFF fait du vengeur masqué : "lourd, crâne dégarni, visage taillé à la serpe, chemise et cravates voyantes, engoncé dans un costume anthracite, visiblement satisfait de lui, il officiait, sous l’oeil vigilant de sa mère".

Tout le chapitre 3 de ce livre est consacré à l’esprit de vengeance qui anime Jean Michek BAYLET contre les Magistrats qui ont participé, selon le Procureur, à sa mise en cause dans une affaire d’abus de biens sociaux.

Cette visite guidée dans les couloirs noirs de la vengeance fait frémir. Le journal de province devient l’arme fatale, le poignard plumitif !

On se dit que ce qui arriva à un Procureur Général, un Substitut Général, Marc BOURRAGUE, l’ancien Maire de Toulouse, Dominique BAUDIS, peut arriver encore plus facilement à un péquin !

Entrons dans le couloir de la vengeance ; à l’origine de tout, selon Jean VOLFF : "une banale affaire d’abus de biens sociaux" mettant en cause "le groupe de la Dépêche du Midi".

"L’information judiciaire devait mettre en évidence l’ampleur des détournements commis depuis des dizaines d’années par Madame Evelyne BAYLET, la mère, Monsieur Jean-Michel BAYLET, le fils et successeur, à leur profit et à celui des deux soeurs et de l’épouse de ce dernier"(page 23). Avec un je ne sais quoi d’ironie, le Procureur Général feint de s’interroger : "par une coïncidence extraordinaire, que je ne parviens pas à m’expliquer [mon oeil], Marc BOURRAGUE, IGNACIO et moi même, ferons partis de la liste des ces Magistrats initialement dénoncés par l’ex prostituée surnommée Fanny..."Ils seront ainsi impliqués dans une gigantesque manipulation juridico-médiatique".

Comme par hasard, ces trois Magistrats (page 30) ont oeuvré à la condamnation de Jean-Michel BAYLET (page 26).

Selon le Procureur Général qui a payé cher pour voir, il s’est retrouvé muté à la Cour de Cassation, section de la Sécurité Sociale : "dès les mois d’avril et de mai suivant la condamnation en Appel des membres de la famille BAYLET, le quotidien toulousain (la Dépêche du Midi) engageait le fer contre la justice locale et développait une campagne acharnée, visant notamment Dominique BAUDIS, Marc BOURRAGUE, puis moi".

Quelle leçon tirera t-on de cette affaire ALEGRE dont le Procureur Générale écrit : "l’ouverture de l’information judiciaire pour proxénitisme en bande organisée et viol aggravé a, comme je m’y attendais, transformé la campagne de presse de la Dépêche du Idi et de quelques quotidiens nationaux en véritable dérive médiatique, d’une intensité et d’une malveillance sans précédent en France".

Quelle leçon a t-on su tirer de ce drame à la fois judicaire et médiatique ?

On a essayé de tirer quelques leçons de l’affaire d’Outreau.

Il ne semble pas que de l’affaire dite ALEGRE on ait tiré véritablement aucune leçon.

Les jiurnalistes dénoncés par le Procureur Général continuent à utiliser leur carte de presse sans que personne ne vienne leur demander des explications. Les Magistrats mis en cause, à la fois par Dominique BAUDIS, par le Procureur Général VOLFF et par Marc BOURRAGUE ne seront pas sanctionnés. La seule sanction qu’ils aient connu, c’est celle du démanagement.

Pourtant, "compte tenu des graves préjudices causés par l’attitude des ces hommes et du trouble crée par eux dans les institutions, il serait incompréhensible qu’ils ne soient pas appelés pour le moins à s’expliquer, à défaut d’être formellement sanctionnés."

Il n’y aura pas de Commision d’Enquête Parlementaire sur l’affaire ALEGRE.

Le journaliste dotn parle le Procureur Général, Monsieur SOUILLES, continue d’écrire dans La Dépêche du Midi. Les Magistrats dont il parle continuent, qui de requérir, qui de juger. Elle est pas belle la France ?

Dans quelques temps on pourra se demander : l’affaire ALEGRE ? quelle affaire ? Mais il n’y a jamais eu d’affaire...on tourne la page !

Reste un livre dont les pages valent la peine d’être tournées.

"Un Procureur Général dans la tourmente", Les dérives de l’affaire Alègre, Jean VOLFF, L’Harmattan

Article publié dans "France Soir" le 8 septembre 2006

le 10/09/2006
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5 Messages

  • 8 septembre 2006 15:37, par Avocat

    Je suis convaincu, comme tous les toulousains, qu’il y a une part de vérité dans les mises en cause mentionnées...seulement voilà, l’affaire a été étouffée au plus haut niveau...j’espère que la justice passera et que les coupables, ayant participé à des exactions ou ne les ayant pas dénoncées, seront punis...il y va de la crédibilité de la Justice...
    Quant à Collard, tout est bon pour lui pour se faire de la pub, mais là, il n’a pas choisi la bonne cause...

    • Dites plutôt que vous êtes le seul toulousain à y croire ! Pour preuve le souhait de ces mêmes toulousains de revoir D. Baudis revenir sur la scène politique : s’il était vraiment soupçonnable d’avoir tué, torturé, serait-ce le cas ?
  • 8 septembre 2006 17:04, par Suzanne

    Bravo Monsieur Collard de dire tout haut à travers cette critique... ce que l’on ne dit pas assez dans les tribunaux et dans la Presse. Votre combat pour la Vérité est juste
  • 24 avril 2007 19:30

    reste une question : la mort du magistrat Roche qui dit à ses enfants quelques jours avant sa disparition qu’il était menacé Tout de même trouble histoire !
  • 22 juin 2007 13:06, par Olivier Bonnet

    Quelle affaire Alègre, osez-vous demander ?
    "Gabriel Loubradou, le président de l’association de familles de victimes Stop à l’oubli, dans une lettre adressée au président de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau, dresse un état des lieux implacable : "Depuis trop longtemps, la justice toulousaine est montrée du doigt pour de nombreuses affaires de disparitions, de meurtres classés en suicides, de meurtres non élucidés et pour des dysfonctionnements de toutes sortes qui ont permis au tueur en série Patrice Alègre d’agir en toute impunité durant une douzaine d’années (disparitions de scellés, refus d’entendre certains témoins, menaces, entraves à la recherche de la vérité et autopsies bâclées par deux médecins légistes)." L’association recense ainsi par exemple 17 "suicides à la toulousaine", ces cas flagrants de meurtres qu’on tente contre l’évidence de camoufler. Saviez-vous par exemple, cher Bernard, que Hadja Benyoucef a été retrouvée "suicidée" avec une corde au cou, une couche-culotte pliée en huit dans la bouche et un couteau à travers la gorge ? Ou qu’Edith Schleichardt, au cadavre découvert sur le bord d’une route, jupe relevée, une bombe lacrymogène entre les cuisses, avec six dents cassées et un éclat d’émail dans la gorge, dont l’autopsie a conclu à la probable "mort violente avec intervention d’une tierce personne", s’est pourtant "suicidée" elle aussi ? Stop à l’oubli a collecté nombre de faits et témoignages concordants autant qu’explosifs sur les liens à Toulouse entre policiers, milieu, notables et magistrats-enquêteurs, le tout couvert par les deux derniers ministres de la justice."
    Extrait d’un billet disponible en intégralité à l’adresse : http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2006/09/28/2782399.html

    Voir en ligne : Plume de presse