Et si c’était lui ?

Et si c'était lui ?

Le Premier Secrétaire du PS, qui exerce cette fonction depuis 10 ans, n’a toujours pas déclaré si oui ou non il serait candidat à l’investiture socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2007. Pourtant, il a des arguments.

💡 Vous aimez cet article ?
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.

Je vous entend déjà hurler des surnoms railleurs, on les connait tous : guimauve, fraise des bois, culbuto, etc. Et alors ? Quel acteur du monde politique n’en a pas aujourd’hui ? "La Mère Emptoire" pour Aubry, "Yoyo" pour Jospin, "Gros Quinquin" pour Mauroy, "Rocky" pour Rocard sans oublier les "Douste Blabla" pour le médecin du Quai d’Orsay, "Néron" pour le grand échallas qui squatte Matignon ou encore "l’Agité du Bocage" pour le vicomte nasillard et xénophobe. Bref, c’est quand même un argument à deux balles pour décrédibiliser quelqu’un.

Attention, je ne dis pas que François Hollande est mon homme providentiel pour 2007 (je n’ai pas encore d’avis tranché sur la question), je dis juste qu’on a tendance à le mettre au rencart un peu vite et qu’il a quand même de sérieux arguments à faire valoir dans la course à la magistrature suprême.

Déja, Premier Secrétaire du PS pendant 10 ans, ça n’a rien d’anodin ! Il faut les tenir, tous ces fauves prêts à bondir et s’étriper. Entre les petits meurtres entre amis et les coups de putes entre ennemis, il faut avoir de la contenance et de l’endurance ! Ces deux qualités ne sont pas des moindres pour qui entend diriger la France, et j’ajouterai que cette expérience à la tête du PS nous prouve aussi une chose : il sait ménager tout le monde et arrondir les angles pour que tout le cheptel travaille de concert dans un but commun. Ce n’est quand même pas rien !

Ajoutez à cela que tous ceux qui l’ont cotoyé sont unanimes : c’est un homme brillant. Une capacité de travail hors du commun synergisée avec une mémoire d’éléphant et un sens de l’analyse aiguisé. Pour celui qui doit remplir le rôle d’arbitre au-dessus de la mêlée, c’est quand même pas mal ! Alors certes, les médias ne lui réussissent pas. Il n’a pas la gueule d’Alain Delon, il n’a pas la carrure d’Apollon, il n’a pas la voix de Jean Sablon. Mais la campagne présidentielle n’est pas le casting de la Star Academy ni la version politique de Loft Story. Le constat est simple : l’homme est compétent. Point barre.

De plus, que se passerait-il s’il se déclarait enfin dans la course à l’investiture socialiste ? Déja, il ferait la Une des médias. On sait qu’il ne s’épanouit pas vraiment comme ça, mais pour se faire entendre, il n’y a pas mieux. Ensuite, de nombreux fidèles se rangeraient derrière celui qui a su les garder unis pendant une décennie. Et certains autres candidats déclarés pourraient peut-être se ralier...

Je ne préjuge pas de la réaction de Jack Lang ; ses proches et soutiens qui parcourent régulièrement ce blog pourraient peut-être nous éclairer dans les commentaires. Mais on connait la loyauté de cet éternel ministre de la Culture et il n’est pas exclu qu’il soutienne la candidature du patron socialiste. Concernant DSK, la pilule serait bien difficile à avaler, et je n’ai aucune idée de sa réaction le cas échéant. Cependant, même si ça lui reste en travers de la gorge, il a toujours serrer les rangs dans les grandes échéances, donc c’est envisageable. Du côté de Laurent Fabius, ce n’est pas la peine d’y penser : celui qui fut le plus jeune Premier ministre sait que cette campagne est une des dernières de sa carrière et il ne peut se permettre de montrer un signe de faiblesse. Quant à Ségolène Royal... Bien malin qui pourrait répondre.

Reste enfin la question du papy en plein come-back. Après s’être moqué du concept de démocratie participative en brocardant à mots couverts la présidente de Poitou-Charentes, le voila qui ouvre son blog au lendemain des festivités. Tout le monde imagine que c’est un pas de plus en direction d’une candidature à l’investiture, mais le bruit court que Lionel Jospin ne serait pas candidat et qu’il pourrait l’annoncer dès le 10 septembre sur France 3. Ou laisser courir encore quelques temps la rumeur d’une hypothétique candidature afin d’épuiser encore un peu les candidats déja déclarés ou identifiés...

Ceci dit, en cas de renoncement de l’ancien Premier ministre, il soutiendrait forcément un candidat. Et ce dernier serait apparemment le Premier secrétaire du Parti. Dès lors, François Hollande aurait à sa disposition une artillerie lourde pour rassembler ses militants et ses électeurs. Ajoutons à cela sa volonté affichée de rassembler toute la gauche pour recréer une "gauche plurielle" qui tienne la route, quitte à faire des compromis, alors la bataille s’annonce agitée.

Ce ne sont ici que des idées jetées vite fait sur mon clavier, mais après tout...

"Beaucoup regardent les choses qui les
entourent et se demandent : pourquoi ?
Moi, je rêve des choses qui n’existent pas
encore et je demande : pourquoi pas ?"

(George Bernard Shaw)

le 02/09/2006
Impression

2 Messages

  • 3 septembre 2006 04:09, par gildus

    cher ami, militant socialiste, pourtant dans l’opposition, et notamment au premier secrétaire,depuis le 21 avril 2002, revenu à la synthèse au congrès du Mans, je ne suis pas loin de partager ton avis. et pour que la gauche, dans sa diversité, parte dans le bon ordre pour 2007, je ne vois guère que lui pour éviter l’implosion et l’explosion. Les désirs d’avenir de certaine risquant encore une fois de se transformer en désillusions....

    Voir en ligne : et si vraiment c’était lui.....

  • 3 septembre 2006 11:50, par Thomas Delavergne

    Dans un monde où l’apparence est reine, le travail de l’ombre ne paie pas.
    Quand on a le visage de M. tout le monde et une voix dont on évitera de faire des commentaires pour ne pas blesser le 1er secrétaire du PS, il est impossible de se présenter. C’est dur je sais, mais c’est ainsi !
    Souvenez-vous en 1995. La candidature socialiste s’est faite entre Emmanuelli et Jospin. Les gros sourcils ont plié face à une apparence plus commune.
    La politique, Sarko et Ségo l’ont compris, ce n’est plusle temps des idées (Malheureusement), c’est le temps de la médiacratie.