A chacun son combat.

Certains d’entre vous aurons peut-être eu l’occasion de croiser hier devant la bourse de Bruxelles une manifestation contre l’action militaire menée par Israël au Liban depuis ce 12 juillet 2006.
Je m’y suis retrouvée totalement par hasard et ce que j’y ai vu m’a fait pleurer.

Depuis 30 ans au Liban, la guerre civile a fait son temps (on l’espère) on a instauré la paix (sous tutelle) on a voulu notre indépendance (déclenchée par un attentat) et depuis on s’essaye au titre de "pays autonome".

Je dis cyniquement "on s’essaie", car après les déclarations d’union nationale qui ont jalonné tous les slogans de l’année 2005, nous, Libanais de TOUTES confessions, devrions avoir la triste humilité d’admettre que nous ne sommes pas un peuple uni.

Car si nous étions un peuple uni jamais nous n’accepterions qu’un groupuscule armé, au nom de sa seule croyance religieuse, mette tout le gouvernement et le pays sous muselière et prenne des décisions unilatérales au nom même de la liberté du pays.

Aujourd’hui face à ces manifestants qui scandaient hargneusement les slogans du Hezbollah et du Hamas, en hurlant Allahou Akabar (Dieu est le plus grand) j’ai eu honte de les voir porter mon drapeau.
J’avais envie de leur hurler qu’ils n’avaient pas le droit de représenter ainsi, avec leur haine, tout un pays. A mes yeux ce n’est pas le Liban qu’ils défendent, ce sont leurs propres intérêts fanatiques.

Car au Liban, il y a, avant tout, un peuple qui travaille depuis au moins 15 ans à reconstruire pierre par pierre toute sa diginité. et qui n’aspire qu’à une chose, c’est qu’on lui foute la paix. Et c’est ce peuple là aujourd’hui à qui on coupe les ailes.

Face à ce que traverse le Liban, vous ne pouvez pas me demander de prendre parti.... car je lutte tous les jours depuis le début des frappes Israéliennes contre la haine qui pousse en moi. C’est ma guerre quotidienne.
Je condamne de toutes mes tripes les actions menées par Israël.

Mais je refuse de voir associé à mon drapeau les images de ces fanatiques.

A eux seuls, ces deux camps, ont détruit tout ce qu’une génération avait comme espoir de pouvoir enfin voir plus loin que demain.

C.T.