Zizou : du kitsch patriote au kitsch juridique

Zizou : du kitsch patriote au kitsch juridique

La Zizoumania avait jusqu’à présent toutes les allures
d’une manifestation plus ou moins grotesque du kitsch
patriote.

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Depuis son fameux coup de tête sur un terrain de
sport lors de la finale du Mondial 2006, elle vient de
prendre une dimension nouvelle : il paraîtrait que laver son
honneur par la violence soit désormais compréhensible,
recommandable, humain.

Il se trouve même des avocats
célèbres pour conférer à ce principe des allures de
grandeur, de noblesse, d’héroïsme.

Jusqu’à ce que les médias
s’emparent de ce raisonnement juridico-sentimental, l’Etat
de Droit semblait conférer à un tiers (arbitre ou magistrat)
le monopole de la violence légitime : erreur, ce raisonnement
n’est pas assez spectaculaire.

Il faudra désormais compter
sur l’honneur. Et pour protéger quoi ? Mais sa famille, bien
entendu. Sauver par la violence la réputation de sa mère : on
croyait ce temps révolu.

Mais non. La mère, la soeur, et le
grand frère : nouvelle donne du kitsch juridique.

le 13/07/2006
Impression

7 Messages

  • 13 juillet 2006 11:57

    100% d’accord.
    Quand je lis l’article voisin... Berk...
    Décidemment marrant ce journal qui met 2 articles contradictoires en une
  • 13 juillet 2006 12:45, par oliolo

    La FIFA dans l’embarras
    mercredi 12 juillet 2006 - 16 h 29 - Olivier DE LOS BUEIS
    Les textes de la FIFA sont formels : l’article 55 du Code disciplinaire prévoit la disqualification d’une équipe en cas de geste discriminatoire. S’il est prouvé un jour que Materazzi a utilisé des paroles racistes devant Zidane, l’Italie pourrait donc perdre sa Coupe du Monde.
    Le 28 mars 2006, Urs Linzi, secrétaire général de la FIFA, envoyait ce message sur le site Internet de l’instance internationale : « Révision de l’article 55 du Code disciplinaire de la FIFA (Non-discrimination) ».
    Dans ce texte que nous vous joignons en annexe, M.Linzi explique les nouvelles sanctions pour lutter contre des comportements inacceptables. « Si des joueurs, des officiels d’associations ou de clubs ou des spectateurs font preuve d’un comportement discriminatoire ou inhumain, l’équipe à laquelle ces personnes seront rattachées, si tant que cela soit possible, se verra retirer d’emblée trois points dès la première infraction. La deuxième infraction entraînera un retrait de six points et la troisième infraction aura pour conséquence la relégation de l’équipe. Pour des matchs où aucun point n’est attribué, l’équipe concernée sera disqualifiée. »
    On comprend donc que la FIFA ne sache pas trop sur quel pied danser. Si Materazzi est reconnu coupable d’insultes racistes sur un terrain, l’Italie pourrait perdre tout simplement son titre de championne du monde. Entre l’ouverture d’une procédure judiciaire concernant la possible utilisation de la vidéo par le quatrième arbitre et cet article 55 du code disciplinaire de la FIFA, c’est bien plus que l’honneur d’un joueur qui est en cause. Mais aussi en partie celle de ce sport.
    Source : FIFA.com
    AUX MEMBRES DE LA FIFA
    Circulaire n° 1026
    Zurich, le 28 mars 2006
    SG/pmu-esv
    Révision de l’article 55 du Code disciplinaire de la FIFA (Non-discrimination)
    Madame, Monsieur,
    La lutte contre toute forme de discrimination a toujours été au cœur des sérieuses préoccupations de la FIFA. Nous avons malheureusement constaté ces derniers temps une recrudescence des comportements et propos discriminatoires lors de matches de football. Afin de combattre avec détermination cette regrettable évolution, le Comité Exécutif de la FIFA a décidé, à l’occasion de sa séance tenues les 16 et 17 mars 2006, de renforcer les sanctions en vigueur conformément à l’article 55 du Code disciplinaire de la FIFA (CDF).
    Ainsi l’article 55 al. 1 prévoit désormais, outre une suspension d’au moins cinq matches à tous les niveaux et une interdiction de stade, une amende d’au moins CHF 20 000 à l’encontre de toute personne qui aura des propos ou un comportement discriminatoires et/ou inhumains. Si l’auteur de tels actes est un officiel, le minimum de l’amende sera de CHF 30 000.
    Une association ou un club sera également sanctionné(e) d’une amende CHF 30 000 si ses supporters déploient, pendant une rencontre, des banderoles où figurent des inscriptions discriminatoires ou s’ils font preuve d’un comportement discriminatoire et/ou inhumain. Si les spectateurs ne peuvent être assimilés à aucune association ni aucun club, l’autorité devra sanctionner l’association ou le club organisateur de la rencontre.
    L’interdiction de stade pour les spectateurs pendant au moins deux ans est maintenue (al. 3).
    En revanche, l’alinéa 4 apporte une nouveauté : si des joueurs, des officiels d’associations ou de clubs ou des spectateurs font preuve d’un comportement discriminatoire ou inhumain, l’équipe à laquelle ces personnes seront rattachées, si tant que cela soit possible, se verra retirer d’emblée trois points dès la première infraction. La deuxième infraction entraînera un retrait de six points et la troisième infraction aura pour conséquence la relégation de l’équipe. Pour des matches où aucun point n’est attribué, l’équipe concernée sera disqualifiée.
    Les confédérations et les associations sont tenues d’inclure ces dispositions dans leurs statuts/leur code disciplinaire et d’exécuter les sanctions prévues. En cas de non-respect de ces dernières, l’association concernée pourra être exclue pendant deux ans de toute compétition internationale (al. 5).
    Le nouvel article 55 CDF, dont vous trouverez ci-joint l’intégralité, entre immédiatement en vigueur.
    Nous vous prions donc de bien vouloir prendre acte des divers amendements et d’en informer vos membres. Le nouvel article 55 CDF devra par ailleurs être appliqué au niveau de l’association.
    Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.
    FEDERATION INTERNATIONALE
    DE FOOTBALL ASSOCIATION
    Urs Linsi
    Secrétaire Général
    Copie à :
    - Comité Exécutif de la FIFA
    - Confédérations
    Ann. : Révision de l’article 55 du Code disciplinaire de la FIFA (Non-discrimination)
  • 13 juillet 2006 12:49, par Luc DS

    Et jour aprés jour, la France s’enfonce un peu plus dans la bétise patriotique. (comme à une certaine époque ...).
    AH quelle est belle l’histoire de France !
    Ce beau mélange de lacheté et de conformisme, de sens de l’honneur, et de niaiserie.
    Ce beau pays donneur de leçons, fier, la tête haute, toujours en marche vers le passé !
    Luc DS / PHEF
    Parti de la Honte d’Etre Français
    • du déni patriote .. 13 juillet 2006 14:17, par Claudia

      Message perso à Luc DS,
      Tu fous quoi encore parmi nous toi ? Premier - et de manière récurrente - à jeter les pierres et crachouiller ton fiel sur la plèbe O tant méprisable mais dernier à partir ?
      Je te propose .. au choix :
      - l’exil
      - la catapulte extraterrestre
      - l’enfouissement intraterrestre
      - à défaut.. le silence éternel (à moi, ça irait)
      Aux français qui n’aiment ni la France ni les français, sachez qu’ailleurs c’est mieux et allez-y. Et plus vite que ça !!
      Luc, love you sooooo
  • 16 août 2006 10:50, par loic

    Réaction sur le site "Grasse à Gauche".
    samedi 15 juillet 2006
    par Loïc
    Voici deux courts articles qui sortent un peu des évidences qu’on entend et qu’on lit ici ou là, à propos de l’affaire Zidane, et qu’on peut lire tous les deux sur le journal Le Mague :
    - Zizou : du kitsch patriote au kitsch juridique
    - Gilbert Collard prend la défense de Zinédine Zidane
    J’aime bien le premier pour cette notion de kitsch patriotique qui est bien réelle et dont les médias, qui ont rarement du recul sur eux-mêmes, n’ont pas parlé. C’est vrai que ce qu’on a dit de Zidane depuis dimanche soir, c’est kitsch [1] , car cela en a les caractéristiques : l’inauthenticité, la surcharge, le cumul des matières ou des fonctions et souvent la médiocrité (TLF). Et le patriotisme, grande vedette du kitsch, est à sa place, discrète, dans tous ces commentaires (aurait-on autant glosé si ça avait été Ronaldinho plutôt que le capitaine de l’équipe de France, icône adoubée par le Président lui-même ? Et lors de son interview sur Canal+, Zidane n’était-il pas revêtu d’une veste militaire ?).
    Quant au second article, il déterre une notion oubliée, la faute d’honneur, et c’est exactement celle qu’a commis Zidane. Bien vu. Appelons à la rescousse les Cyrano, les Cid, les Galois, les Hamlet, bref les cohortes de héros flamboyants, romantiques, qui d’une façon où d’une autre, ont lavé leur honneur dans le sang. Seulement depuis ces temps non pas barbares, mais sanglants, de l’eau a coulé sous les ponts, et on s’est arrangés, en particulier depuis la Révolution, pour que la loi du plus fort, même s’il lave son honneur, soit abstraite dans les représentations, hors du passage à l’acte. Et c’est chacun, fort ou pas, qui depuis, grâce à la justice, peut laver son honneur. C’est moins spectaculaire mais mois sanglant et surtout plus efficace et partagé. Alors si on pouvait laisser au théâtre et au roman, voire au fantasme, cette pratique du lavage de l’honneur par le sang, je trouve qu’on aurait bien avancé.
    [1] attention, Zidane n’est pas kitsch, je parle des commentaires de son coup de boule