CHUTe d’Alain Soral : un "Roman" jubilatoire

CHUTe d'Alain Soral : un "Roman" jubilatoire

La société du spectacle va mal, la société tout court est dans une misère noire, le monde des Médias et celui des Lettres sont corrompus jusqu’à l’os du trognon, les vraies fausses sorcières n’arrêtent pas d’être pourchassées "si elles n’ont pas le ticket"... Oui mais voilà, bonne nouvelle, tout n’est pas perdu, Alain Soral est en pleine forme, très en verve (et moins en verge d’ailleurs) et nous revient avec un Roman jubilatoire à plus d’un titre. Chut(e) ! Ne le dites à personne sinon cela va encore lui attirer des ennuis et des inimitiés, comme lors d’une certaine dédicace de livre qui a finit par un bain de foule extrémiste, ainsi le rappelle le début de cet ouvrage.

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"CHUTe", publié aux Editions Blanche, est une autofiction d’un nouveau genre qui mêle plusieurs domaines littéraires en un ; à la fois roman, essai très actuel, c’est aussi un catalogue de curosiosités assez truculentes, et un beau et vif pamphlet sur le siècle Média comme il va (ou ne va plus), dans une fatalité acceptée par tous .

Dans le drame moderne, un double, à peine grimé, d’Alain Soral dit des vérités à la place de son maître, sort un peu de sa critique récurente sur les communautarismes, et nous offre un livre franchement inclassable et frais, sur un univers qu’on connaît bien mais qu’il décrit avec une truculence et un oeil qui dérident nos zigomatiques ou font froid dans le dos.

Robert Gros nous raconte le poids du monde, entre des balades sur Internet, la vision d’émissions de télévision et quelques lectures ou discussions avec des potes. Tout y passe, Soral fait mouche dans ce marché des Arts majeurs et mineurs, en se moquant des mythes modernes, des Intellectuels, écrivains ou réalisateurs de la "nouvelle vague", entre autres. Godard en prend pour son grade avec malice, sans parler d’une multitudes d’archétypes qu’on n’a pas de mal à reconnaître : Irène Frein, Viscard, Bénamont, Delanoix...

Le passage concernant Maurice G. Dantec est d’une justesse saisissante à laquelle on peut difficilement ne pas adhèrer :

"... Quand tu penses que cette lope de Dantec prétend attribuer ça à l’Islam alors que ces petits merdeux, qui ne pensent qu’à s’acheter des Nike en vendant des CD aux paumés pour le compte du Show biz, sont un pur produit du monde américain !...

- C’est qui Dantec ?

- Un ringard venu du Rock SF qui se trimballe en chemise brune sur les plateaux télés pour appeler à la chasse aux arabes.

- Comme De Villiers ?

- Pour le message et le look c’est plutôt Doriot...

- Et la censure le laisse faire ?

- Il a le Ticket, il donne des interviews au "Jerusalem Post".
(..)"

Dans "CHUTe" Alain Soral nous propose une vision sans concession où comme Céline il met sa peau sur la table, s’offre en pâture au nom des idées ; il fait proprement là un travail d’essayiste des Lettres, dans un vrai laboratoire, en se mettant en danger et au risque de faire péter tout son beau matériel. Un monde en expérimentation attentive qu’il est le seul à voir avec autant d’acuité. Un monde en perte de sens qu’on peut le remercier de regarder d’aussi près.

Mais CHUT (e) ! On le sait, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire !!

A lire absolument pour se sentir un peu plus libre face au massacre de la bonne conscience et à la dictature ambiante...

"CHUTe" d’Alain Soral, Editions BLANCHE, collection dirigée par Frank Spengler.

ALAIN SORAL SUR LE NET

le 14/04/2006
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13 Messages

  • 16 avril 2006 21:15, par dimitri

    Alain Soral est selon moi l’artiste le plus libre et le plus courageux de sa génération. Son livre Chut(e),nous fait partager la vie de son alter ego Robert Gros pris au piège de médias qui veulent justement sa Chut(e) pour enfin ramener au silence ce trop pertinent personnage.
    Plutôt que d’en pleurer Alain prend le parti d’en rire et nous de rire avec lui. En le lisant, comme pour chacun de ses livres, j’ai eu le sentiment d’inspirer une grande bouffée d’air frais dans un monde de plus en plus pollué par tous les "maîtres censeurs" bien en place.
    Alors, merci à vous Alain Soral d’avoir réussi à allier simplicité de la forme et complexité du fond. J’espère que vous retrouverez le chemin des plateaux, quoi qu’il en soit je vous soutiens !

    • Je suis d accord avec toi sur le fait qu’il soit le plus libre et courageux.
      Je le lit depuis peu de temps, et ce que j apprecie chez lui c’est justement l’argumentation simple et qui sonne juste, sans complaisance (compromis).
      En tous cas, même si sur certains sujets je ne suis pas convaincu, il est clair qu’il oblige tes neuronnes à se bouger.
      Said

      • Il est intéressant sociologiquement parlant de découvrir comment en reproduisant le plus fidèlement possible les idées reçues de son époque, en l’occurrence sur le conflit au Proche Orient et le sionisme, on vends d’autant plus facilement un ouvrage " pertinent " et "courageux".
  • 17 avril 2006 00:49, par Charly

    Le problème de Soral est qu’il se voit comme un philosophe ou un sociologue. Alors qu’avec un peu de modestie, il se contenterait d’être ce qu’il est : Un chroniqueur, un éditorialiste.
    Certaines de ses analyses touchent juste, comme son texte sur la misère sexuelle en banlieue (D’ailleurs, chez Ardisson, la soeur de Sohanne, brûlée vive dans sa cité, a eu des mots sur Ni putes ni soumises qui n’étaient pas sans rappeler ceux de Soral dans son bouquin). Idem quand il pointe l’hypocrisie d’intellectuels juifs et/ou sionistes sur la question du conflit du proche-orient.
    A côté, il tombe régulièrement dans la beauferie lourdingue, voir dans la xénophobie la plus grotesque. Son obsession du complot judéo-maçonique rapelle des théories qui ont eu le vent en poupe il y a quelques années et qui le font parfois ressembler à un vieux cons d’extrême-droite...
    Bref, si Soral n’était pas aussi aveuglé par son égo, s’il savait accepter de n’être qu’un bon éditorialiste (ce qui n’a rien de honteux, quand on sait ce que la France compte de mauvais éditorialistes), il aurait peut-être évité certains dérapages...
    • > CHUTe d’Alain Soral : un "Roman" jubilatoire 17 avril 2006 14:03, par Caroline V

      Ainsi que l’explique clairement Tévanian dans son article ’ les ennemis de nos ennemis ne sont pas toujours nos amis ’, Alain Soral s’affiche sociologue afin de justifier d’appuyer des analyses pour le moins discutables anti-féministes, nationalistes et virilistes entre autres.

      • Par fainéantise, par duplicité Caroline adopte un moyen d’expression lâche et lapidaire qui consiste à coller des fausses étiquettes et des adjectifs délétères sur un homme sans même argumenter un seul instant
        C’est si écoeurant et si lâche je le répète de jeter l’opprobre sur un homme qui a un genou à terre et qui plus est, est traqué par tous les flics de la pensée et leurs meutes de bovidés.
        Les beuglements de Caroline ne sont qu’une mauvaise et paresseuse imitation des fatwas des faux intellectuels communautaires et des petits Eichmann hystériques incultes arrogants, omniprésents dans les médias.
        • > CHUTe d’Alain Soral : un "Roman" jubilatoire 18 avril 2006 09:52, par Caroline V

          Pourquoi s’énerver de la sorte ? Des flics de la pensée ? Eichmann ? Vous perdez le sens des réalités ! Je ne m’attarderais pas sur le sujet, je vous invite à lire à l’article de Tévanian, les ennemis de mes ennemis ne sont pas toujours nos amis, tout à été clairement exposé au sujet de sa "philosophie "
      • Une discussion indiscutablement discutable 21 avril 2006 15:49, par Wolfen

        Je ne vois pas en quoi défendre des analyses anti-féministes, nationalistes et virilistes soit quelque chose de discutable. Ou alors, on entend par discutable le fait que la pertinence de ces positions mérite justement qu’on en discute ouvertement, publiquement et librement. Ce qui est précisément refusé à Soral...
        Le lynchage médiatique et physique dont il a été la victime confirme qu’il est désormais interdit d’aborder certains sujets jugés discutables.
        Or, c’est bien les propos de Caroline, laissant sourdre l’idée que Soral mérite bien ce qui lui est arrivé, qui sont indiscutablement discutables. Tellement discutables que Caroline ne mériterait même pas qu’on engage une discussion avec elle. Ce serait en effet une discussion indiscutablement discutable.
        • Une discussion indiscutablement discutable 5 novembre 2008 21:29, par thealo

          ... mais non elle ne laisse rien sourdre du tout (si vous faites référence à l’agression de Soral, rien ne dit qu’elle soit au courant, elle est surtout surprise). Bien que la forme internet retire à peu près tous les indices que nous exploitons dans une communication normal ; bien qu’elle tend, en situation, à nous laisser puiser ces indices dans notre univers immédiat de référence, il me semble que vous décollez un peu vite dans le présupposé d’intention.
          Voici l’adresse du site sur lequel vous trouverez l’article de Tevanian.
          lmsi.net (rubrique "étude de cas" puis regarder le thème "le cas Alain Soral").
          Bonne lecture (mais j’imagine que ça ne va pas vous plaire si vous prenez les choses si au sérieux)
  • 9 juillet 2006 22:23, par Charlie

    Soral, l’auteur de ce "roman jubilatoire", c’est quand même un type qui approuve le vote Le Pen sur Radio-Courtoisie et qui dédicace son bouquin dans une librairie connue pour les idées négationistes de son proprio.
    Ce n’est pas parce que les "bien-pensants" disent que Soral est une ordure qu’il n’en est pas une !!
  • 4 janvier 2007 09:01, par Sina

    Soral s’exprime surtout chez ceux qui lui offrent une tribune. Si il est chez lepen, c’est parce que tout le monde lui a tourné le dos a gauche. Il est dans le même cas de que dieudo, apres avoir été laché et pietinné par tout le monde, il a rejoind le camps des victimes de la bien-pensance !
    Faut pas s’etonner...
  • 4 janvier 2007 09:08, par Sina

    Je rajouterai qu’aujourd’hui, en France, la diabolisation est la marque de fabrique des libre-penseurs.
    • > CHUTe d’Alain Soral : un "Roman" jubilatoire 15 décembre 2008 11:30, par bubure

      l’evidence qu’un changement de societe passera forcement par une revolution sociale et politique , mais une fois realisee cette revolution sera recuperee par des nantis de tout poil pour finalement recommencer ce qui a toujours existe c’est a dire une minorite d’individus s’epanouissant sur le dos de la majorite rendus soumis et esclaves . la seule solution est peut etre une vie libre honereuse pour celui qui la recherche sans cesse comme toi alain . ta vision du monde se rapproche du reel mais pas toujours si non ce serait donc toi dieu .... je salue ton courage et ton cote ecorche vif qui signifie pour moi une preuve d’humanite dans ton ame ... il est agreable de lire un ecrivain qui ne lache rien sur ses valeurs .... vive la litterature humaniste ( celle qui defend les etres humains ) bien a toi un hommme lambda sensible aux contradictions multiples de notre societe pseudo moderniste dans la quelle tout est a vendre .... bubure