Une épaisse couche de sentiments

Une épaisse couche de sentiments

L’entreprise : un univers où l’Actionnaire dirige le social. Le Patron suit les actionnaires, et le "plan social", c’est le Directeur des Ressources Humaines qui en a la charge. Devant le Patron, il est flexible, il obéit, il suit l’idée et ne la contredit pas.
Devant l’employé il est impitoyable, fait les questions et les réponses... Le DRH est pourri, salaud, sans pitié, mais peut-être a t’il des faiblesses ?!

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Bienvenue chez SWEET FAT, le leader européen du gras.
Bienvenue dans cette entreprise, cotée en bourse, aux nombreux actionnaires désireux d’amasser plus d’argent grâce à des bénéfices records ! Une solution s’impose d’elle-même : il faut dégraisser parmi les employés !

Le DRH n’a qu’une crainte professionnelle : le Syndicat ! Mais ses fiches le renseignent au mieux.

Stanilas Réveillière est DRH, licencier les employés c’est son domaine, c’est un professionnel, pas de sentimentalisme, il est là, obéissant aux souhaits de l’Actionnaire et du Pdg. C’est un homme au caractère froid.

L’employé craint le DRH à tout moment de la journée, dans un ascensseur, dans un escalier, même la secrétaire du DRH peut craindre un licenciement ! Le stress est permanent !

Lorsque l’entreprise fait des bénéfice records, les Actionnaires veulent en profiter, il faut donc évincer des employés, et pour cela Stanilas s’attaque à la base : ce sont les les femmes de ménage qui trinquent, particulièrement les non-syndiquées.

Mme Agnieszka Gbraozinksi est la première à en faire les frais , par une totale méprise de sa personne, un discours sans détour, cruel, de quoi tirer les larmes de la brave femme de ménage active depuis 20 ans dans la boîte :
"Quand on démarre de zéro on essaye normalement de monter à un non ? " , "Erreur c’est moi qui fait le ménage ici ! ", "Savez vous comment les employés de Sweet Fat vous appellent ?

Peau d’Âne ! " Et à propos des indemnités : "Après tout ce que nous venons de dire, vous comprendrez que je vais avoir du mal à être généreux..."

Les insultes les plus basses sont répertoriées sur une fiche, que le DRH consulte à volonté lorsqu’il vire une personne.

Le DRH est cruel, aucune compassion, aucune pitié, il n’est pas là pour annoncer des augmentations, pas de bonnes nouvelles dès que vous passez dans le bureau.
Il est de mèche avec le Commercial-Formateur.

Lors des séminaires pour les employés de SWEET-FAT, ils se téléphonent, petit brieffing sur un concours de licenciement, Un simple rapport sur les rétissents après le test "Découvrez vous vous-même" au sujet réducteur : "Vous allez choisir d’être un animal, et vous serez cet animal pendant 10 minutes".
Le tableau est un véritable Zoo d’hommes et de femmes prêts à tout pour garder un poste et à subir les pires épreuves menant à l’humiliation.

Romain est formé par Stanilas au poste de DRH. Le jeune homme est timide, mais les encouragements froids et solides de son maître lui donnent confiance. Et ce boulot le poursuit même chez lui, où avec la complicité de sa femme, il s’exerce au licenciement.

Un drame arrive dans la vie de Stanilas, sa mère est sur le point de mourir, et avant de s’éteindre, elle lui confie qu’elle n’est pas sa génitrice, mais sa mère est des pays de l’Est, et s’appelle ... Agnieszka Gbraozinksi !

Entre compassion, sentiments de douleur, cauchemars, Stanilas DRH va embaucher à nouveau sa mère génitrice mais à quel prix pour lui ?!

Romain quand à lui se lance dans l’écriture, sous couvert d’anonymat, dénonce le monde impotoyable des DRH !

"Une épaisse couche de sentiments" montre a vie la vie en entreprise dans ses extrêmes, mais par son scénario et son dessin, reste proche de la réalité. Le DRH est il humain ? un coeur ? des sentiments ? Le portrait est brossé sans en donner une facette positive, si ce n’est que l’épaisse couche pourrait être dégraissée par un évènement personnel, avec l’évènement sur la véritable mère de Stanilas. Le côté "Killer" disparaît pour laisser place à une émotion que le DRH va vivre en totale solitude, ne désire aucun soutient, il est froid dans ses larmes et dans ses remords.

Quant à Romain, ne supporte pas le poste de DRH, cette froideur ne lui ressemble pas, ses fiches ne le sauvent pas des nombreux conseils que lui procurent le maître Stanilas.

Gnaedig connaît bien l’entreprise, et même encore aujourd’hui. Il a été directeur de collection chez Dupuis (qui appartient au grand groupe Média Participation (Dargaud, Le Lombard, Kana, Dupuis), et aujourd’hui chez Futuropolis. Avec Thirault, ils ont déjà réalisé quelques albums sur la satyre sociale, aux aspects glauques et aux dialogues mordants.

Avec "Une épaisse couche de sentiments", la première marche du podium de la méchanceté est acquis d’avance !

Le dessin est efficace, sobre, les expressions sont simplifiées avec le mépris et la tristesse, la neutralité, les couleurs sont proche du gris glauque et noir.

Très peu de lumière envahit l’album, la vie est inerte, aucune plante ne peut pousser sans l’accord du personnage principal du DRH !

Être Humain ou pas ! Telle est la question !

Un album qui devrait changer le regard du CPE pour les étudiants et syndicats !

UNE ÉPAISSE COUCHE DE SENTIMENTS - GNAEDIG(dessin) & THIRAULT(scénario) - DUPUIS / collection Expresso.

le 28/03/2006
Impression

2 Messages

  • 8 avril 2006 20:39, par GALLU

    Qu’est ce donc que cet article ? Une chronique ? Une critique ? Un résumé incitatif ? Un résumé analytique ? Un résumé complet ? Je ne saurai pas trop dire, peut être que l’auteur pourrait nous éclairer.
    Monsieur Alles, vous passez les trois premiers quarts de votre long article à résumer le contenu de cette BD. Quel intérêt ? Rabattre les oreilles des gens l’ayant déjà lu ? Avorter la lecture de ceux qui ne l’ont pas encore découvert ?
    J’ai été heurté par cette phrase qui ne semble pas vouloir dire grand chose : "Un album qui devrait changer le regard du CPE pour les étudiants et syndicats !" Le CPE a donc un regard ! Cette conclusion est bancale, elle n’a pas de sens expressionnel véritable et, surtout, le rapport à l’actualité est pour le moins obscur...
    Bref, j’ai été choqué, dernièrement, par la violence verbale dont vous avez fait preuve vis à vis de Zdenek, pour son article sur JuifsArabes. Force est de constater que vous êtes mal placé pour donner des leçons de "professionnalisme".
    • > Une épaisse couche de sentiments 5 septembre 2006 11:41, par Michel Pagliai

      Totalement d’accord, j’aurais mieux fait de ne jamais arriver sur cette page. Je voulais juste en savoir un peu plus sur cette BD, et voilà qu’un imbécile me raconte l’histoire par le menu et dévoile l’intrigue.
      Julien Alles, vous êtes un imbécile !!