CELEBRITIZ

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À l’heure du quart d’heure de gloire télévisuel et cinématographique, de "La nouvelle star", "La starac", "Les César", "Les Oscar"... voici venu le temps d’une petite pilule à l’effet "célébrité" ! Passer du banal, de l’anonymat à la gloire mondiale, gagner des millions, cela apporte t-il vraiment le bonheur tant rêvé ?!

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Michel Canard est un anonyme parmi beaucoup d’autres, sa vie est banale, rien d’exceptionnel jusqu’à l’achat d’une veste aux puces. Il croise une dame, et elle lui donne l’idée de mettre les mains dans les poches.

C’est ici son premier contact avec une boîte en fer, ronde, et à l’intérieur des pilules. Est-ce un médicament placébo ? Un bonbon ? Michel en avale une.

Et c’est une foule de gens qui le reconnaisse ! Et ça crie, ça court dans les rues à la poursuite de notre homme, qui devient ainsi incontournable !

Cette pillule miracle apporte la célébrité ! Sur le chemin, il croise une actrice, elle lui propose un verre, et là c’est le cri de détresse ! Michel Canard n’est plus reconnu. Retour à la banalité. L’effet d’une pilule est temporaire.

Michel Canard ne peut s’empêcher d’en prendre et de faire son test de célébrité dans tous ces endroits où Michel Canard est "banal et anonyme".

D’une réception royale, dès l’effet terminé, la réception est plutôt musclée !

Bien sùr avec l’une de ces pillules, il peut draguer enfin la petite boulangère d’un clin d’oeil, ou la belle poissonnière mais là le mari n’aimera pas cette pratique.

Michel rêve d’une carrière cinéma : une pilule, et le tour est joué ! Il entre dans les plus grands studios de France, de Paris, et des contrats mirobolants lui sont proposés : des millions auquel se rajoutent : villa, piscine, jet privé, etc ... de quoi ruiner tout les studios du pays, surtout que le film ne fait pas d’entrées suffisantes.

La production ruinée, ils sont rachetés par les Russes ! Et là Michel Canard avec ou sans pilule, finies la reconnaissance et la célébrité !

Il croise Youri, un acteur russe, qui élimine toute forme de concurrence obstruant sa carrière ! Et Michel est sur la liste, pour sauver sa peau, il va s’enticher d’une actrice russe, fusillée par trahison, et surtout devenir un scénariste à succès pour les films de Youri !

La Pilule du bonheur a un effet d’une avalanche d’ennuis, la célébrité c’est bien, mais parfois l’anonymat a du bon, et le succès s’obtient par un talent, par du travail, c’est là une partie de ce que dévoile l’album. Cette boîte en fer va être la convoitise du premier propriétaire de la veste. Il veut retrouver la célébrité.

Mais que vaut la célébrité face à l’anonymat, ou face à un véritable travail qui paye cash. Les contrats de "stars" qui font la ruine des studios du premier au dernier, les^restaurants, les boîtes de nuit musclées en videurs, des filles riches, belles, mais l’intérêt n’est pas dans le grand amour, juste du domaine de la relation banale et peu efficace.

Lewis Trondheim n’a pas fait de scénario "caca". Il décline le succès dans le meilleur comme dans le pire, et la déclinaison va surtout dans le pire ! La célébrité va et vient, temporaire et non en continue.

Michel Canard est banal du début à la fin de l’histoire, et Trondheim en fait ce qu’il en veut. Être célèbre ou anonyme c’est être manipulé dans tous les sens, et absordé, attiré par le système médiatique (cinéma, télé, et jet-set), et du jour au lendemain, d’une heure à l’autre, ça peut être la reconnaissance ou la chute, le déclin.

Le dessin de Ville Ranta est simple, des couleurs qui débordent des traits, l’émotion passe par l’ambiance d’une case, son contenu, et pas forcement un plan plus serré d’un personnage.

Et c’est les bulles qui font tout le jeu, avec une écriture tremblantes, émotive, et lâchée. Ce natif de Finlande n’en ai pas à son premier essais dans la Bande Dessinée, avec à son actif un "roman graphique" : SADE (La Pluie). Célébritiz est son 4ème album, et en tout cas le premier édité en France.

Pour en revenir à Lewis Trondheim, faut-il encore présenter le nouveau Grand Prix d’Angoulême (pour l’ensemble de son oeuvre), co-fondateur de l’Association,à la bibliographie allant de "Approximativement" en passant par "Lapinot", "Donjon" (avec Sfar), le dessin animé avec "La Mouche", Kaput et Zoïky, et le Directeur de la collection "Shampoing"(Delcourt) ?

Lewis qui a décidé d’arrêter le dessin pour l’écriture,après l’album-essais : "Désoeuvré" où il s’interroge sur la durée de vie d’un auteur de BD après 50 ans.

Et Célibritiz peut rejoindre un peu une partie de cette album, notamment avec son principal succès : Lapinot, dont il arrête la série pour ne pas tourner dans le ridicule dans les aventures, et offre à son personnage une fin tragique, mais belle.

Vous êtes tenté par le succès et la gloire facile, si vous pensez que le petit 1/4 d’heure de gloire suffit, et que le temps fera le reste, que quelques millions peuvent arranger votre vie et votre bonheur ...alors lisez cet album, et votre envie tournée ici en dérision, vous fera pousser une grande envie d’anonymat !

En tout cas, l’album mérite un grand succès !

CÉLÉBRITIZ - TRONDHEIM (scénario) & VILLE RANTA (dessin) - POISSON PILOTE/Dargaud.

le 09/03/2006
Impression

1 Message

  • 10 mars 2006 10:54, par Edouardo

    Il y a dix ans quand je marchais dans la
    rue on me reconnassait une fois tous les dix metres.Aujourd’hui on me reconnait une fois tous les dix jours.