Livre : La Sacrée Nature de Doc Gynéco

Livre : La Sacrée Nature de Doc Gynéco

Moi, je veux bien jouer au docteur avec Gynéco, un homme nature. Les biographies, je vous le dis tout net, chez moi, c’est niet. Seulement voilà, le Doc sort un livre sous-titré « Ma vie, ma philosophie » et Bruno Beausir, je l’aime.

Me voici donc devant un dilemme : ou j’oublie qu’ « Un
homme nature » est sorti ou j’enfreins une de mes règles idiotes. Le choix
est vite fait.

Dès les premières pages, j’accroche. Sans complaisance, il se dévoile, se
met à nu. Le rappeur aux dreadlocks, celui que beaucoup prennent pour un
gars endormi juste capable de se marrer sur les plateaux télé, raconte tout.
Et il dégaine avec rapidité.

Comme s’il me parlait, je découvre page après page la tendresse qu’il a pour
sa maman qui l’a élevé à la dure à coup de calottes pour tout et n’importe
quoi, pour sa femme, pour ses enfants, pour ses amis (Johnny Hallyday,
Bernard Tapie, Marc-Olivier Fogiel etc.), pour ses nombreuses conquêtes
féminines. Contrairement à ce que l’on imagine, dans le Quartier du 18ième
arrondissement, là où il a grandi parmi les livres et sans télévision,
Renaud et Aznavour sont des chanteurs appréciés par tous.

D’anecdote en
anecdote, j’apprends que cet incorrigible séducteur qui clame en riant chez
Thierry Ardisson « j’ai peur de perdre mon sperme » était encore puceau à 20 ans. Je
le vois approcher la fumette comme un acte sacré et pas comme tous ces
gamins qui se jettent dessus à n’en plus savoir quel jour on est. Je ris en
imaginant ce grand gaillard se prendre des baffes par sa mère à une sortie
de garde à vue.

J’acquiesce à ses idées sur le racisme, la politique, la famille, l’
éducation. Je m’étonne et j’admire son audace quand il dénonce sans prendre
de gants le fonctionnement du business de la musique. J’apprends son rapport
avec le rap, la télévision, le cinéma. Ce vrai gentil frappe et frappe fort.

Il balance en vrac ce qu’il se passe derrière la fabrication d’un album. La
loi du marché fait qu’un artiste a juste le droit de la fermer ou presque.
Un comble quand on pense à tout l’argent que leurs compositions et leurs
voix rapportent.

Doc Gynéco partage ses doutes et ses certitudes avec franchise. Car il est
comme cela, Bruno, franc et direct. Pour ses dix ans de carrière, il nous
offre non pas un cadeau mais trois : ce livre et deux albums. Les trois sont
des bombes.

Comment ne pas apprécier ses textes quasi tous visionnaires ? Comment rester
de marbre devant sa reprise de "L’homme pressé" de Bertrand Cantat ? C’est un chanteur,
un vrai. C’est un homme nature, un vrai.

« Je n’ai pas encore craché tout mon venin, je n’ai pas encore raconté tout
ce que j’ai vu. Je n’ai jamais raconté toutes mes aventures. J’en dis plus
dans ce livre. Il y a des choses qu’on ne peut pas dire à la télé : il vaut
mieux faire un bouquin ! »
Doc Gynéco

Alors si vous jugez que vous avez le niveau de son intellect, achetez et
lisez « Un homme nature ».

Et puisqu’il demande des suggestions d’épitaphes, je propose celle-ci : Ici,
repose enfin, Bruno Beausir dit Doc Gynéco, un homme nature et visionnaire,
beau dedans et beau dehors.

Un homme nature, Doc Gynéco, Editions du Rocher

Un homme nature, Doc Gynéco, Editions du Rocher