Interview : Jean-Paul NEY

Interview : Jean-Paul NEY

Dans cette nouvelle ère du sécuritaire, du cyberterrorisme et du developpement faramineux des nouvelles technologies, de nouveaux métiers surgisssent du virtuel, ce qui nous donne un sympathique prétexte pour interroger aujourd’hui un personnage atypique et passionné par son job, Jean-Paul Ney, play boy baroudeur, qui se qualifie lui-même de "Journaliste de défense" et qui, en ces temps troublés, a bien des choses à révéler à Cali Rise... Entretien incontournable et qui sent la poudre.

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1. Bonjour, Jean-Paul. Si je vous souris, vous m’espionnez ?

Quelle question ! Je vous proposerai plutôt un « dépoussiérage », technique d’investigation électronique qui consiste à intercepter et désactiver tout dispositif d’écoute (ou de transmission vidéo) illégal. C’est la contre-mesure qui fait partie des réponses actives dans la guerre économique qui se déroule très secrètement au cœur des entreprises, grands comptes et gouvernements...

2. Vous avez commencé comme professeur de sport pour gravir plus vite les échelons du journalisme ou tout n’a été qu’une succession de hasards et de rencontres ?

C’est une question philosophique que vous me posez là... A vrai dire, les arts martiaux et le sport en général m’ont inculqué deux savoirs : la persévérance et la volonté. Vous pouvez avoir la volonté de faire quelque chose, mais il vous faudra de la persévérance pour y arriver, c’est le carburant de l’esprit. Je dois beaucoup à mes professeurs, Dominique Valera et Claude Goetz, sans eux je n’aurai pas pu trouver cette force, cette volonté et cette persévérance que j’utilise dans ma vie de tous les jours et dans mon travail. Mais vous savez, on ne m’a jamais rien donné je suis tout allé chercher moi-même, en mouillant le T-shirt, en transpirant, et le plus souvent en me battant. Tout ce que l’on obtient par la facilité ne persiste pas dans l’avenir.

Un maçon qui ne pose pas des bases solides, des fondations adéquates, verra sa construction vaciller en prenant de l’âge, voire s’effondrer au moindre mouvement de terrain... Le sport a été ma fondation de base, le ciment ce fut mon travail.

En ce qui concerne le hasard, le destin ou le chemin divin - appelez ça comme vous voulez - je crois que la vie est une succession de rencontres plus ou moins négatives, plus ou moins positives qui peuvent soit vous faire reculer, soit vous faire avancer, je conçois que dans mon cas précis beaucoup de gens de qualité gravitent autour d’une galaxie que nous avons construite - d’un accord commun - pour avancer dans la vie, nos projets et surtout, dans l’intérêt commun. Je suis un humaniste, rien ne pourra me dévier de la mission qui m’a été confiée. J’ajouterai que j’ai fait beaucoup, beaucoup d’erreurs et que j’en ai tiré des conclusions très positives, les erreurs de parcours sont un autre carburant, mais il faut les étudier attentivement pour savoir pourquoi et où nous avons failli. C’est comme un système informatique : l’ingénieur modifie les performances du système en analysant les erreurs de programmation, du coup, la chose est plus solide pour, forcément, affronter d’autres erreurs à venir.

3. Journaliste de défense, c’est un terme un peu barbare, non ? Concrètement en quoi cela consiste-t-il ?

Nous sommes tous sauf des barbares ;-). Etre journaliste de « défense » c’est une spécialité. Ca résume le fait que je suis un journaliste qui traite à 100% de son temps des questions de défense, de sécurité internationale et de terrorisme. C’est comme être journaliste « de science », journaliste « informatique », journaliste « justice ».. etc. Mes confrères sont soit généralistes, soit ils ont des spécialités au sein de leurs médias respectifs. Je suis à ce titre membre de l’Association des Journalistes de la Défense, un ‘club’ qui réunit autour de voyages de presse, colloques, journées dédiées, les spécialistes de la défense et les journalistes. Nous nous retrouvons donc dans un système qui nous permet de ne pas rester chacun dans notre coin, nous partageons les voyages de presse (libres ou organisés), nous recevons des communiqués de presse et nous échangeons nos points de vues avec le ministère de la Défense etc. Un autre exemple : il existe pour chaque domaine une association de journalistes bien spécifique : l’Association des Journalistes de la Presse Aéronautique et de l’Espace, l’Association des Journalistes de la Presse Judiciaire etc.


4. Dites-moi, qui vous a appris à mettre le doigt là où il ne fallait pas ?

Je vois ce que vous voulez dire ;-). Je ne vais pas dire que je me suis fait tout seul, le fait d’avoir été un autodidacte me met au niveau de monsieur et madame « tout le monde », je n’ai pas un esprit universitaire ‘droit et figé’, si j’arrive à faire comprendre quelque chose à ma mère, alors j’ai gagné mon pari ! En fait, j’ai commencé le métier dans la photographie de terrain, les anglo-saxons appellent ça « correspondant ou photographe de guerre », puis j’ai glissé vers l’investigation, la pure, la dure. J’ai passé 3 ans à conseiller la rédaction de Canal Plus (devenue ensuite I>télé) et y faire de l’investigation en tant que journaliste et réalisateur de mes propres documents. J’ai notamment comme fait d’arme d’avoir traqué puis interviewé le jeune pirate informatique israélien qui avait piraté les ordinateurs du Pentagone, ensuite, j’ai travaillé sur le dossier des cartes bancaires pirates (les Yes Card), ce qui m’a posé beaucoup de problèmes.

A présent, après quatre livres ‘purement investigation’ après quatre grosses affaires, j’ai décidé de m’arrêter. Premièrement parce que c’est épuisant, ensuite parce que vous vous confrontez à des incompétents qui frappent à votre porte à six heures du mat’ pour venir faire une perquisition et se servir de vos travaux et carnets d’adresses. C’est très facile pour un policier d’investiguer aujourd’hui, parce qu’avec une commission rogatoire vous pouvez avoir accès à presque tout (comptes bancaires, relevés, fiches téléphoniques, placer une écoute, etc.). Certains services sont très compétents pour une seule raison : il y a des loups solitaires qui ne comptent pas leurs heures ! On se reconnaît entre nous et on se respecte, combien de fois sur des enquêtes ais-je croisé un policier qui avait le même mordant que moi ? Dans ce cas-là, nous partageons nos sources et nos contacts, la chose avance rapidement, mais souvent c’est la hiérarchie qui stoppe le policier en plein vol. J’ai eu parfois à continuer seul le travail d’un policier m’ayant laissé ses ‘notes’. Et quand on met le doigt là où ça fait mal, plus personne ne vous connaît. A ce moment vous êtes tout seul.

Combien de policiers et/ou gendarmes ont repris des dossiers de meurtres, enlèvements et autres crimes puis ont tout recommencé à zéro ? Regardez l’émission « faites entrer l’accusé » les exemples foisonnent ! Parfois, il vaut mieux un loup solitaire qu’une meute d’incompétents. On ne fait pas ce métier pour la gloire, ni pour l’argent, c’est une passion, c’est l’amour du travail bien fait et rien d’autre : j’ai laissé plus de plumes que je n’ai gagné d’argent en plus de six ans d’investigation. Je vous parlais d’investigation à l’anglo-saxonne : c’est un investissement très personnel, et on paye souvent de sa personne. Ce type d’investigation ne plait pas forcément en France, et pour bien le faire, il faut être indépendant, sinon, un jour ou l’autre, pour une raison ou une autre, un rédac-chef finit toujours par se défroquer pour conserver son siège éjectable. Aujourd’hui, le journaliste d’investigation est une espèce en voie de disparition, nous ne sommes plus beaucoup à s’investir autant, à passer par la cave si l’on vous ferme la porte au nez, à passer par le grenier si la porte est gardée...

Mais l’investigation pour moi c’est définitivement terminé, je retourne sur le terrain avec mon appareil photo et je commence à me refaire plaisir et penser un peu à moi.

5. Vous traquez les criminels sur le Net. Avec la technologie actuelle, qui avance le plus vite, les bons ou les méchants ?

En tant que membre de l’Institut International des Hautes Etudes de la Cybercriminalité, fondé par Daniel Martin (ex-commissaire divisionnaire à la DST), j’ai entrepris une série de recherches depuis 1998 concernant la cybercriminalité. Ce que nous constatons, avec mon binôme, Christophe Casalegno, le directeur technique du groupe Digital Network, c’est que ce sont les ‘badguys’ qui le plus souvent ont plusieurs pas d’avance sur les ‘cyberflics’. Le souci, en France, c’est que les policiers qui font partie de l’OCLCTIC se forment tous seuls, et souvent, n’ont aucune vue du monde intérieur des hackers et autres cybercriminels aux bottes des organisations mafieuses et/ou terroristes.

J’ai eu le malheur de constater de l’intérieur même les carences de ce service, et surtout, la connivence trop forte entre l’OCLCTIC et, par exemple la DST, qui veut fourrer son nez partout. La DST influence souvent des enquêtes et aujourd’hui, fort est de constater, que les juges d’instruction peuvent avaler n’importe quel dossier, au vu de leur incompétence en matière d’informatique. Il y a eu des bavures énormes, surtout sur des petits dossiers qu’il faut vite boucler.

Les cyberflics sont des policiers avant tout, ils ne pensent pas ‘criminel’, et encore moins ‘hacker’ dans le bon ou le mauvais sens du terme. Les services de contre terrorisme par exemple sont dépassés par le fait qu’aujourd’hui, un terroriste peut communiquer facilement avec sa base ou la tête de la cellule en toute tranquillité en couplant plusieurs méthodes simples, et en utilisant des outils gratuits disponibles sur Internet. Je l’ai démontré en novembre 2005, devant un parterre de spécialistes, policiers, décideurs, chefs d’entreprises et députés français. Ma démonstration a même irrité un policier de l’OCLCTIC qui a tenté de me prouver que ce que j’avançais était obsolète : j’ai dû passer à la phase de démonstration pour lui prouver en direct qu’il devait retourner en formation ou éventuellement changer de service.

Les criminels auront toujours un temps d’avance car ni la police, ni la justice n’en a à faire de nos recherches et de nos conférences auxquelles, pourtant, ils assistent parfois. L’administration devrait collaborer plus souvent avec des sociétés privées et des groupes de recherches civils et/ou militaires. Mais là j’attaque un pan entier de l’éducation à la française et surtout de la non-culture du renseignement...

6. Etes-vous un homme dangereux, Jean-Paul Ney ?

Si l’on touche à ma famille et mes proches, je peux être très violent, c’est déjà arrivé ! Normal non ? Vous vous laisseriez faire vous ?

7. Comment devient-on directeur de rédaction d’un magazine électronique de la défense de la sécurité et du renseignement et à qui ce magazine est-il adressé ?

Tout d’abord j’ai crée mon magazine en 2003, « Le Confidentiel », il n’est resté qu’en kiosque qu’une toute petite année, je l’ai quitté pour me lancer à fond dans la mise en place du CIRET-AVT, le Centre International de Recherches et d’Etudes sur le Terrorisme & l’Aide aux Victimes du Terrorisme, une ONG crée avec le préfet Yves Bonnet, ancien patron de la DST.

Le projet avait débuté en 1999-2000 après ma rencontre avec Roland Jacquard, nous avions travaillé sur un documentaire ensemble. Puis après le 11/9 nous nous sommes perdus de vue, Roland a eu une charge de travail terrible et moi aussi (j’étais entre France Soir et Canal + à l’époque). Yves Bonnet m’a demandé de le rejoindre, de plus les éditeurs ne souhaitaient pas continuer « Le Confidentiel » à cause d’une meute d’individus qui n’ont pas apprécié le côté investigation du magazine, le genre de personnage qui passe son chômage à vomir sur Internet, par exemple.

Bref, j’ai continué la chose en ligne pour le plaisir, puis j’ai stoppé net « Le Confidentiel » pour me lancer dans l’aventure qu’un ami m’a proposé : Intelligencepost.com . J’en suis devenu ce que j’étais sur « Le Confidentiel », c’est-à-dire Directeur de la Rédaction. Pour ça, il faut connaître la ligne éditoriale, la faire respecter, gérer les équipes de veille, de collaborateurs, monter les projets d’articles, suivre les salons et évènements spécialisés, etc. etc. Un staff de photographes spécialisés dans la défense m’a proposé de leader un magazine qui sera bientôt en kiosque... comme quoi, aujourd’hui la motivation et la gestion meilleure de mon temps de travail font que je puis m’occuper de 3 ou 4 projets en même temps.

8. Les événements récents qui ont agités les banlieues étaient-ils prémédités par certains ?

Je pense que je n’ai pas droit à un joker, ni à un coup de fil à un ami ni à l’avis du public ? Alors je me lance... J’ai découvert la France en feu alors que j’étais à Washington, je suis rentré précipitamment pour couvrir en photo le 93, un coin que je connais particulièrement bien pour y avoir été prof de sport, éducateur et moniteur de boxe. J’ai passé 10 nuits avec les gendarmes mobiles, les policiers et les « jeunes ». Voici mon point de vue, qui ne regarde que moi : la première nuit, c’était spontané, la deuxième nuit, c’était un « test » pour voir si les forces de l’ordre tenaient le choc, à partir de la troisième jusqu’à la fin, il y a eu trois styles d’émeutiers : a) les jeunes ados qui voulaient en découdre avec les forces de l’ordre, s’amuser et se « changer un peu les idées », « faire bouger les choses » comme je l’ai entendu... b) des voyous plus organisés, des bandes qui en ont profité pour régler quelques comptes avec les forces de l’ordre et certaines bandes rivales (noirs contre arabes...).

Dans ces deux cas, au milieu, il y avait des noyaux durs qui n’hésitaient pas à prendre pour cible des symboles de la république et de l’Etat : écoles, gymnases... mais aussi des symboles de l’abondance commerciale : centres commerciaux, vitrines... pour tout casser mais aussi pour piller et se servir. Le troisième cas, est celui des réseaux dormants terroristes, ils existent, ce n’est pas un phantasme, des jeunes français sont morts en Irak, ne l’oublions pas.

Mais cette implication a été moindre, et ce ne sont que des « agitateurs » prônant Ben Laden qui sont vraiment allé au contact, même si des appels au « djihad » se sont multipliés via Internet, soyons clair : il n’y avait rien de vraiment organisé (il faut savoir que ce sont les grands frères trafiquants de shit qui ont fait cesser les émeutes, ça devenait très mauvais pour le ‘business’). Je ne défends personne dans ce qui s’est passé, ce qui compte pour moi c’est le respect de la république, et certains se sont comportés comme des porcs, comme de véritables salopards en brûlant des bus, des vielles personnes, en tuant des pères de familles, en tirant sur les policiers et les journalistes. Je vais prendre trop de place si je m’étale sur ce sujet, mais nous sommes les témoins de 30 ans d’une politique sociale qui a donné naissance à un monstre incontrôlable, tant par la gauche que la droite, et aujourd’hui il faut se rendre à l’évidence que TOUT LE MONDE est coupable dans cette histoire : les boites à lettre des immeubles ne se sont pas brisées toutes seules, les murs ne se sont pas taggués tout seuls, les ascenseurs ne tombent pas en panne aussi facilement, vous comprenez où je veux en venir ? Certains ont tout cassé dans leur cité, ils ont saccagé, pillé et volé les espaces de vie, les bureaux des associations qui du coup ont quitté ces quartiers, et ça, je l’ai vu de mes yeux il y a dix ans...

Ces sauvageons qui se plaignent tous les jours dans les médias feraient mieux de quitter leurs groupes, de se socialiser, de regarder France 5 à la place du loft, et d’aller chercher un job, même besogneux, mais au moins ça pour commencer, parce que du travail, à l’ANPE, il y en a, et les aides sociales aussi, surtout pour quelqu’un qui veut s’en sortir. Le problème, et c’est du vécu, c’est que celui qui démontre de la volonté pour s’en sortir est rapidement exclu du groupe, voire agressé, que les filles qui s’affirment et osent dire non, sont brûlées vives, vous appelez ça comment vous ?

Moi j’appelle ça de la racaille et la racaille ça se nettoie au Karcher. Au passage, les gens qui critiquent Nicolas Sarkozy, feraient mieux de se regarder dans un miroir pour affronter leurs mensonges et la réalité. J’ai donné 5 ans de ma vie à des jeunes dont le 99% n’en avait rien à foutre, j’en ai sauvé un seul de la galère, aujourd’hui c’est un grand combattant de freefight, et je suis très fier de lui. Si vous trouvez que j’ai débordé, alors je l’ai fait avec le cœur. Sans adhérer au parti de De Villiers, je trouve que le slogan « la France tu l’aimes ou tu la quittes » n’est pas approprié, je dirais « la République, tu l’aimes ou tu la quittes », parce qu’aujourd’hui être français c’est avant tout être républicain et contre toute forme de sectarisme religieux. Etre ‘français’ en tant que tel ne veut plus rien dire, pour moi un français ne doit pas traiter les siens de blancs-becs, siffler la Marseillaise, ou déployer le drapeau Algérien dans un stage de foot ou dans une manif où ce drapeau n’a rien à y faire.

La France va déposer le bilan sous peu, il n’y a plus personne à la barre, les caisses sont presque vides, le trou est béant, les clandos profitent des aides sociales et du chômage, voire fraudent ceux-ci, la justice est en ruine, on nous pille nos secrets industriels, on signe avec les mollahs et les communistes chinois, les syndicats conservateurs bloquent toute tentative de modernité, les salariés sont surprotégés et enfin les patrons sont de véritables ripoux qui passent à la caisse avant de quitter la boite et de se faire ouvrir un « golden parachute ». Moi qui suis profondément humaniste, j’ai envie de foutre un grand coup de pied là-dedans pour secouer tout le monde. Y’en a marre de voir crever de faim des clandos sur la place Vendôme. Punto.

9. Je paie avec ma carte bancaire et on sait où je me trouve. Je téléphone dans la rue et on peut me repérer grâce à la puce qu’il contient... Sommes-nous encore vraiment libres de bouger un orteil ou de cligner de l’œil ?

Vous l’êtes mais pas comme il y a 20 ans... imaginez à peine début 1980, pas de téléphone portable, peu de caméras de surveillance... et il n’y avait pas plus de crimes qu’aujourd’hui ! La criminalité, c’est le produit d’une mauvaise politique, un jemenfoutisme social, si Sarkozy fait peur, c’est qu’il n’a pas un gros ventre bedonnant et qu’avant d’être un besogneux c’est un travailleur. Croyez moi que les mafieux et les terroristes évitent les communications par téléphone et surtout les caméras...

10. A qui est utile l’association Centre International de Recherches et d’Etudes sur le Terrorisme & l’Aide aux Victimes du Terrorisme ?

Je vous en ai touché un mot plus haut, en fait, c’est une association internationale dont le siège administratif se trouve à Bruxelles, elle est donc de droit belge, mais la direction exécutive se trouve à Paris avec un noyau dur, des directeurs (USA, CEI, Moyen-Orient) et des membres plus ou moins actifs. Avec Yves Bonnet on a voulu faire quelque chose d’utile pour l’avenir, pour la compréhension du terrorisme et l’aide aux victimes de ces actes atroces. Notre point de départ est cette charte que nous avons signée tous ensemble : « Le Centre International de Recherches et d’Etudes sur le Terrorisme et l’Aide aux Victimes du Terrorisme a pour objet - entendre au sens déterminé par l’Organisation des Nations Unies - le support de recherches sur l’observation de l’état de la sécurité en matière internationale, et en particulier de terrorisme et de protection des victimes du terrorisme, la traduction de textes liés à ces matières, la tenue d’une documentation pertinente, la mise en place d’une base de données, la mise en place de réunions d’information, des colloques et autres conférences.

Le Centre peut prendre toute initiative et accomplir tous les actes se rapportant directement ou indirectement à son objet. ». En gros, nous sommes indépendants, nous nous basons sur la charte de l’ONU et de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Le but final est la personne humaine avec un avertissement : on ne touche pas aux civils, voilà pourquoi un palestinien qui se fait sauter dans un bus bondé de civils j’appelle ça un terroriste et non pas un « combattant ». L’association est utile à tout le monde, ce n’est pas un club fermé et inaccessible, tout le monde peut venir, il y a des journalistes, des chercheurs, des militaires, des policiers, des retraités, des chefs d’entreprises, des ouvriers... il y a des chrétiens, des musulmans, des hommes des femmes, des russes, des américains, des libanais... nous partageons nos connaissances sur le terrorisme et les moyens a mettre en œuvre pour combattre ce fléau. L’AVT, l’aide aux victimes du terrorisme, est une branche spécialisée où se trouvent des psychiatres, médecins, secouristes et psychologues capables de faire face à un attentat, nous avons passé des accords avec certains gouvernements, mais, comme par hasard, la France traîne... L’AVT, c’est aussi un groupe d’avocats qui aide les victimes dans leurs démarches judiciaires. Le CIRET-AVT peut à tout moment poursuivre en justice une organisation terroriste et prendre certaines décisions importantes qui font souvent avancer les choses.

En tant que centre de documentation, nous rassemblons, traduisons, et mettons en base de données toutes les informations concernant les entités terroristes. Le CIRET-AVT est affilié au programme Search for International Terrorist Entities, à ce titre, j’ai été reçu en novembre 2005 par les hauts responsables américains du contre-terrorisme et par le directeur du FBI. A ce titre aussi, je voudrais passer un salut amical à certains piètres policiers qui nous ont traités de « mythomanes », ces derniers feraient mieux de rendre leur ‘plaque’ ils seraient plus utiles dehors.

Sinon je remercie les militaires et policiers (surtout Interpol) avec qui nous avons de très courtois échanges. Fin du message perso ;-) . Pour terminer sur le CIRET-AVT, je dirais une phrase en latin qui le caractérise bien « carpent tua poma nepontes », ce qui veut dire « tes arrière-neveux cueilleront ces fruits », en gros, l’Homme ne doit pas seulement penser au présent et à lui-même ; mais aussi à l’avenir et aux générations futures... CQFD.

11. Vous menez une vie dangereuse et beaucoup de monde vous en veut. Vous arrive-t-il d’avoir peur pour votre vie ou celle de vos proches ?

Ca m’est arrivé. Mais heureusement que quand on grimpe certains échelons des gens vous accordent leur protection. Il faut voir le nombre d’abrutis qu’un certain service français m’a collé aux basques, vous imaginez ? en 2000 j’étais un paria, un OVNI de la presse, j’ai fait peur à certains incapables : j’ai été le seul journaliste européen à être invité à la NSA, j’ai retrouvé le pirate israélien du Pentagone, j’ai démontré que la carte bancaire était un vrai gruyère (et l’est toujours), bref, en France si vous osez sortir des sentiers on vous tire à vue, on vous enfonce. Mais tout le monde heureusement n’est pas comme çà.


12. Vous qui avez le goût du risque, vous m’apprendriez le combat au corps à corps ?

C’est vrai que si une seule chose me manque, c’est de donner des cours, d’enseigner, c’est un pur bonheur. Pour répondre à votre question, je suis disposé à vous apprendre à vous défendre, même au corps à corps s’il le faut... je vous laisse me proposer un rendez-vous pour un premier cours très particulier ;-)

Le site de Jean-Paul NEY

Lire sa bio complète ici

le 01/02/2006
Impression

7 Messages

  • 1er février 2006 11:12, par Thelma

    Effectivement, il est beau gosse, intéressant et mâche pas ses mots. A suivre...
  • 1er février 2006 13:05, par sheepyr

    et avec les puces RFID c’est pas fini :(

    Voir en ligne : sheepyr

  • 2 février 2006 00:32, par calinette

    Je viens de decouvrir cette interview stupefaite qu’un tel personnage existe. Je suis allé lire sa bio et voir son site oui oui, il existe bien !
    bravo au magueu et à kali qui propose des portraits de gens passionnants !
    et en plus il est beau gosse... (celib ?)
    hihihi
  • 4 février 2006 04:54, par un simple lecteur, n’ayez crainte

    Subjectif, alors ne le prenez pas mal, mais :
    Longue interview, avec digressions non moins longues de l’auteur sur ses convictions politiques très marquées... au bout de la droite.
    De journaliste défense, il fallait garder surtout défense. Défense de quoi, d’ailleurs ? De sa carrière ? Aucun intérêt pour le public. (Mais ce n’est pas lui l’employeur potentiel, de toute façon).
    N’ayant rien à dissimuler, contentons-nous d’être satisfait que si des imbéciles nous espionnent, il bailleront avant la fin... Autant qu’en lisant Jean-Paul Ney ? Je ne l’ai pas lu, donc...
    Plutôt que d’essayer par tous les moyens de faire son fond de commerce sur la paranoia du citoyen lambda en espérant vendre, pourquoi, avec tous les amis dont l’auteur nous parle, ne pas signer un livre sur GemPlus par exemple ? Il a l’air d’en savoir pas mal sur les cartes, mais toucherait-il à cette importante société, dont l’un des dirigeants était un barbouze de la CIA (pour mémoire) ?
    Voila voila.
  • 4 février 2006 18:00, par Jean-Paul Ney

    Cher simple lecteur (en me doutant de qui tu es...)
    1) Je ne suis pas au bout de la droite, je suis issue d’une famille d’ouvriers et de paysans, mais je ne supporte ni l’extrême gauche ni l’extrême droite, je suis patriote, ça oui.. mais toi par contre tu viens d’atteindre le point Godwin : sortir l’excuse de l’extrême droite quand quelqu’un ne vous plait pas.
    2) En ce qui concerne Gemplus, saches que j’ai été un des premiers journalistes à parler de Alex Mandl, et de ses conivences avec la CIA et la NSA, surtout que Mandl était le patron de IN Q TEL, la start-up de la CIA chargée d’acquérir de la technologie à l’étranger.
    Pour ça donc, tu devrais mieux te renseigner sur les articles et dossiers que j’ai pondu... tiens, si tu as le temps, passes lire le forum du Nouvel Observateur où j’ai cordialement été invité, je parle de l’affaire Gemplus.
    3) Dernier point, a la prochaine insinuation de ta part comme quoi je suis a l’extrême droite, je contacterai le juge qui s’occupe de toi pour lui en dire du bien. Tes diffamations sur Internet et tes affirmations mensongères t’ont déjà conduit au chômage, ne les laisses pas te conduire en prison cher A.
    Salutations au Mague

    Voir en ligne : moi

    • > Un bien mauvais livre... 10 mars 2006 20:41

      Pour l’avoir lu, je conseille à toute personne de ne pas dépenser d’argent pour ce bouquin. Sauf si vous voulez vous payer une bonne tranche de rire.
      Mr Ney est un très beau parleur, mais très mal informé (ce qui en fait son charme me direz vous), et, n’ayons pas peur des mots, complètement mythomane.
      Bref, merci pour ces moments de rires intenses, c’est toujours un pur bonheur que de vous lire mon cher Jean Paul. @ très bientôt j’espère.
      Un admirateur parmi tant d’autres.
  • 7 août 2006 21:32, par FVL

    Les réseaux du « bouclier »
    Véritable ovni de la presse, Jean-Paul Ney, ex-reporter à Canal Plus et aujourd’hui grand reporter, intrigue par ses ouvrages, scoops et investigations menées ‘à l’ancienne’. Il est l’un de ces rares journalistes à connaître les méandres de la diplomatie secrète et posséder un puissant réseau d’influence. Enquête sur celui que ses ennemis ont, sans aucun doute, enterré trop rapidement...
    Isabelle C.
    Sciences Po, promotion 2005
    On l’appelle ‘le bouclier’ et la raison d’un tel surnom nous est donnée par un policier proche du journaliste qui partage ses entraînements de full-contact chez Daniel Renesson au 36 rue de Nantes dans le 18e arrondissement de Paris « je n’ai jamais vu quelqu’un se ramasser des coups pareils, il encaisse en absorbant l’énergie de chaque coup ». En effet, depuis son plus jeune âge, Jean-Paul Ney s’adonne au sport et plus particulièrement là où il y a du contact. Ancien professeur de sport puis moniteur de full-contact formé à l’école Valéra - qui le prendra sous son aile de 1994 à 1999 - le jeune cerdan originaire des Pyrénées Orientales s’ouvre à la même époque à la photographie et au journalisme, il commence alors une série de reportages au Moyen-Orient : Israël, les territoires palestiniens, le Liban... Repéré alors par le directeur de la prestigieuse agence Sipa Press, Jean-Paul Ney abandonne définitivement le sport. Multicartes, il n’a jamais laissé tomber l’une de ses passions primaires : l’informatique. C’est dans ce domaine, entre reportages photographiques pour les agences et correspondances pour les médias français comme LCI, France 2, TF1 mais encore France Soir, qu’il commence son premier livre, une enquête au cœur même des pirates de l’informatique, les fameux hackers, le livre « Terreurs Virtuelles » sortira en 1999 et sera articulé autour de deux scoops : l’enquête sur les fausses cartes bancaires et l’interview exclusive du jeune israélien qui pénétra alors les réseaux du Pentagone, la défense américaine. Deux rencontres qui auront sans doute marqué le journaliste. Le premier, Serge Humpich, subira les foudres de la justice et du cartel des banques pour avoir démontré que la carte à puce ne tient pas ses promesses tout en proposant son aide pour combler lesdites failles ; le second, Ehud Tenenbaum, verra le premier ministre israélien d’alors, Benyamin Netanyahou, mettre en branle la diplomatie israélo-américaine pour éviter l’extradition du jeune informaticien qui a pénétré la défense américaine tout en la sécurisant ! C’est dans ce monde que Jean-Paul Ney se plongera pour mieux comprendre la sociologie de ces hackers et leurs motivations. « Il s’est donné à fond pour ses investigations, c’est un missile à tête chercheuse, un bourrin quand il faut foncer dans le tas et un fin calculateur quand il faut jouer la diplomatie » confie un journaliste de I>télé.
    Investigations et double casquette
    Déjà les deux pieds dans la marmite bouillante, Jean-Paul Ney commence à intéresser de près les RG et la DST, sur la demande du cartel des banques, il sera mis sur écoute, filé et fiché de la tête aux pieds, d’autant qu’il vient de rentrer à Canal Plus pour y fonder la cellule d’investigation de I>télé. En février 2000, le jeune reporter est reçu à la NSA, l’agence nationale de sécurité américaine, celle-là même chargée des écoutes à travers le globe et du cassage des codes étrangers, nous sommes alors en pleine affaire « Echelon », le nom donné à ce réseau d’espionnage planétaire gérée par cette même NSA. Ney y est envoyé par un député français de droite pour « prendre la température » et commencer une ébauche d’enquête alors que les institutions communautaires européennes qui ont engagé une procédure d’enquête se sont malheureusement heurtées à un secret absolu sur le sujet. Après un premier rapport du Parlement européen rendu en 1998 sur Echelon, un second rendu public le 22 février 2000 conclut à un espionnage économique de grande ampleur de l’Union européenne par les Etats-Unis. De même, un rapport réalisé en 1999 pour la Délégation aux affaires stratégiques (DAS) du ministère français de la Défense intitulé « Sécurité des systèmes d’information, dépendances et vulnérabilités » soupçonne l’existence de liens entre la firme américaine Microsoft, dont le système d’exploitation Windows équipe neuf ordinateurs PC sur dix fabriqués dans le monde, et les services de renseignements américains. C’est la connaissance du monde informatique et le carnet d’adresses du reporter qui font de lui l’envoyé spécial - et très discret - d’un petit groupe de députés français. A Washington, Jean-Paul Ney sera reçu par les pontes du renseignement américain, et notamment Fredrick Thomas Martin, directeur du groupe systèmes d’information de la NSA et Steve Schanzer, le père de l’intranet des services de renseignements, le réseau ‘Intelink’, le reste des rencontres restera confidentiel. Double casquette donc, Jean-Paul Ney publiera une interview exclusive d’un des pères d’Echelon dans VSD alors que quelques semaines plus tard, début mars 2000, à la grande surprise des médias, la Commission de la Défense de l’Assemblée Nationale lance une mission d’information parlementaire sur le réseau d’écoutes américain Echelon. A l’origine de cette mission d’information, un député proche du journaliste... A la même époque Jean-Paul Ney fonde l’Institut International des Hautes Etudes de la Cybercriminalité avec Daniel Martin - celui-ci a mis sur pied le département systèmes d’informations de la DST - et alors directeur de la sécurité rattaché de l’OCDE et conseiller scientifique auprès du 1er Ministre.
    Attaques et déstabilisations
    6 février 2002, Didier Schuller se retrouve au carré VIP de la prison de la santé, l’ancien conseiller général de retour des caraïbes entend « tout balancer », en coulisses, c’est bien le PS qui joue un rôle majeur dans l’organisation du retour de Didier Schuller, et le réseau occulte de journalistes au service du parti est mis en branle. C’est donc un soir de mars que l’un des patrons du magazine d’investigation ‘90 minutes’ sur Canal Plus approche Jean-Paul Ney dans les locaux de I>télé non loin de la tour Montparnasse. Dans le petit bureau dédié aux enquêtes, l’homme tend une enveloppe à Ney : Elle contient trois disquettes informatiques, c’est le contenu du disque dur de Didier Schuller. Il demande au journaliste de décrypter le contenu alors illisible car protégé à l’époque par le programme « la 4e dimension » sous Macintosh. Quelques jours plus tard, Jean-Paul Ney dispose du contenu décodé, flairant la manipulation politique, il n’ira pas plus loin. « Il est intègre, il sait que parfois la vérité peut être manipulée à d’autres fins, à d’autres desseins, c’est un journaliste honnête, qui peut se donner entièrement à une cause, tant qu’elle ne touche pas à l’intégrité de la France, parce que c’est avant tout un véritable patriote comme il y en a peu » explique l’un de ses proches. Pourtant, dans l’ombre, tout un dispositif se met en place pour déstabiliser le journaliste qui entre le 11 septembre 2001 et la fin 2002 démonte coup sur coup la théorie des conspirateurs et autres adeptes de Thierry Meyssan et en identifie les sources : des fonctionnaires des RG et du SGDN, le secrétariat général à la Défense Nationale.
    Une guerre de tranchées commence alors sur un champ de bataille que le journaliste connaît fort bien : Internet. La DST charge plusieurs pions, dont un ex-pirate condamné, de faire vaciller ‘le bouclier’ sur son propre terrain. Jean-Paul Ney sera alors victime de provocations, d’insultes et autres calomnies : Identité usurpé, Ney sera l’auteur malgré lui de commentaires fascistes, lepénistes, homophobes ainsi que - et la chose est grave - de menaces de mort. Le tout finira jusqu’au procès où le journaliste découvrira que les messages provocateurs à son encontre ont, comme par enchantement, disparu des forums en question. Traîné dans la boue, il sera obligé de quitter I>télé où le rédacteur en chef reçoit alors des coups de fils de pseudo-victimes qui envoient à la rédaction de véritables fausses pièces de justice. « Il en a pris plein la gueule, se souvient l’un de ses confrères aujourd’hui rattaché à France 5, je ne l’ai jamais vu se plaindre et encore moins être violent, c’est un gars qui encaisse bien mais il garde tout pour lui sans évacuer, les types d’en face ont compris et ils ont sorti l’artillerie lourde pour l’attaquer jusqu’à qu’il cède ». Au fur et à mesure que les coups pleuvent, Ney se retrouve être le pushing-ball d’une secte puis d’un groupe d’extrémistes de gauche, les parfaits petits soldats d’une guerre sans nom.
    C’est là que le mental et le physique cèdent en même temps. Alors en pleine dépression, le journaliste se brise la jambe en trois morceaux sur un reportage : il sera immobilisé six mois pendant lesquels il terminera son cinquième ouvrage « souriez on vous espionne » paru au Cherche Midi en 2005, un véritable succès selon la presse du moment. De plateaux télés en studios de radio, d’articles de presse en interventions régulières, Jean-Paul Ney apparaîtra plus déterminé que jamais, même avec un genoux au sol.
    Coups sur coups
    Jean-Paul Ney possède à son tableau de chasse les deux meilleures signatures du moment : deux anciens grands flics ont préfacé ses deux derniers ouvrages. D’abord, Yves Bonnet, l’ancien patron de la DST, le tombeur de la cellule anti-terroriste de l’Elysée, avec qui Ney écrira « le Livre Noir du Terrorisme » et fondera en 2003 le Centre International de Recherches et d’Etudes sur le Terrorisme & l’Aide aux Victimes du Terrorisme, une association de droit international dans laquelle se retrouve un très puissant réseau d’influence : de l’homme d’affaires russe et patron de presse Vladimir Bolshakov à la présidente du Sénat belge, Anne Marie Lizin, en passant par l’influent Tim Brown, ex-Département d’Etat américain et chercheur à la Hoover Institution... Jean-Paul Ney pilote alors tout ce beau monde autour du concept de la lutte contre le terrorisme : sa connaissance du monde arabo-musulman et son carnet font le lui la coqueluche des médias : consultant pour le 13/20h de France 2, pour LCI, RMC etc. Ney plait aux médias, Ney parle franchement. « Il a une parole facile, des mots compréhensibles, il vulgarise avec facilité et passion » explique l’un de ses anciens rédacteurs en chef de l’époque Canal.
    Le deuxième grand policier à avoir préfacé le dernier ouvrage de Jean-Paul Ney est l’ancien commissaire principal des Renseignements Généraux, Patrick Rougelet, alors en guerre ouverte contre Yves Bertrand et ses réseaux. « Il me semble que dans tout ça, Ney a fait les frais d’une guerre des services ou tout les coups ont été permis et encouragés » explique un de ces policiers qui assiste souvent aux conférences de Jean-Paul Ney et de l’autre super flic, Yves Bonnet.
    Alors enterré publiquement et professionnellement par ses ennemis, le journaliste est convoqué en début d’année 2006 par une juge versaillaise qui ne tombe pas dans le piège tendu par des gens peux scrupuleux. Une plainte contre lui se retourne a son avantage, il sera entendu en tant que témoin assisté, il évitera la mise en examen, et pour cause : Le plaignant et son témoin ont falsifié des documents et usurpé l’identité du reporter, bizarrement ce sont les mêmes qui l’ont menacé de mort quelques mois auparavant. Une enquête déjà bouclée selon son avocat et dont les retombées se feront ressentir dès la rentrée judiciaire de septembre 2006.
    Mais alors que reprochent les ennemis de Jean-Paul Ney au journaliste du même nom ? « C’est un gars qui s’implique à fond, il vit ses enquêtes et ses reportages au maximum, il est humain, terriblement humain mais jamais calculateur et toujours sincère, alors forcément ça suscite la jalousie et ça attire les médiocres » raconte un photographe militaire qui l’a accompagné en Guyane avec les légionnaires du 3e REI.
    Apprécié par les policiers, accepté par les militaires, Jean-Paul Ney est le seul journaliste spécialisé dans les sujets de défense et de sécurité intérieure à refuser un poste de consultant à la Délégation aux affaires stratégiques du Ministère de la Défense, la cause avancée par un proche du reporter est son jeune âge, trente ans tout juste « c’est toute l’humilité qui le caractérise. Il n’a jamais profité de ses contacts ou de ses réseaux pour s’en sortir ou pour avoir tel ou tel poste, bien au contraire, il en fait profiter son entourage » explique un ami proche qui a souhaité répondre à nos questions. Même chose quand le prestigieux IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale) l’approche pour une série de conférences, il acceptera cependant de faire quelques participations pour l’ANAJ, l’association des jeunes auditeurs de l’IHEDN, notamment sur le dossier du nucléaire iranien ou de la prolifération, thème de son prochain livre, toujours au Cherche-Midi.
    Influences
    S’il n’aime pas que l’on parle de lui, Jean-Paul Ney s’arrange toujours pour que l’on parle de ses ouvrages et de ses travaux, une sorte de service après vente qu’il aime assurer avec ses attachés de presse. On le dit proche de l’UMP, d’autres affirment qu’il est consulté par le PS sur des questions de sécurité, question politique il n’aime pas qu’on le mette en boite, ce qu’il précise quand on le contacte pour ce portrait, et réflexe quasi automatique « vous allez encore me tirer dessus avec des boulets rouges... ». Celui que le magazine Le Point considère en 2005 comme l’un des meilleurs spécialistes de la question, rechigne à répondre clairement à certaines de nos interrogations, fait apparaître dès les premières minutes d’entretien son professionnalisme et sa grande culture. Paradoxe total, l’homme qui n’a eu aucun cursus universitaire, impose le respect par sa facilité de langue et sa pédagogie. Autodidacte complet, il exulte, il vit chaque instant son métier comme une véritable passion, comme un sacerdoce.
    On le dit très lié aux américains, surtout au centre politique et stratégique de Washington, où il est d’ailleurs retourné en octobre dernier, invité par le directeur du FBI, Robert Mueller et John Pistole, son adjoint. A la demande de Paris Match, il ouvrira les portes du FBI pour le magazine... Accessoirement Jean-Paul Ney est membre-consultant de la puissante association des anciens officiers du renseignement américain. En France, son nom apparaît dans l’annuaire des journalistes ‘accrédités défense’ et que ce soit la Préfecture de Police de Paris ou à la place Beauvau, les portes lui sont grandes ouvertes.
    On le dit aussi entouré des réseaux sarkoziens, pourtant il est relativement bien apprécié par les services du préfet de police Pierre Mutz, l’homme clef de Philippe Massoni. Cela peut se comprendre, Mutz l’ancien nageur de combat de la DGSE et ex-patron des gendarmes apprécie le terrain et les hommes, tout autant que Ney, qui lui, raconte le terrain et les hommes. Alors beaucoup de mauvaises langues y voient l’influence maçonnique de la GLF, la Grande Loge de France. Le frère Ney en serait-il ? La question peut se poser...
    En 2003, lors d’une de ses investigations la DST débarquera chez lui un beau matin pour l’accompagner manu militari devant un juge. Le reporter sera mis en examen pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » et se retrouvera dans le bureau du juge anti-terroriste Gilbert Thiel. Selon nos sources, l’enquête de Ney aurait permis au juge Thiel de faire un terrible ménage au cœur même du Ministère des Affaires Etrangères ou régnait un bordel sans nom dans les documents classifiés secret défense. Un sacré service rendu à la nation par le journaliste mais qui n’a jamais fait la Une de la presse. Seul un titre paraîtra dans le Point « L’homme qui en savait trop », sous la plume pilotée de Christophe Deloire, alors au service du réseau Yves Bertrand... l’ennemi juré de Patrick Rougelet !
    Depuis, aucune nouvelle du dossier, aucun procès, l’affaire se serait conclue en huis clos dans les hauteurs de la galerie saint Eloi, non loin de la section anti-terroriste du parquet de Paris là même où Ney fut jadis entendu lors d’un retour du Moyen-Orient alors qu’il avait rencontré les membres dirigeants du Hamas.
    « Il s’implique parfois trop, mais Ney n’est pas un franc-tireur et encore moins un fou furieux, il reste dans le schéma d’enquête à l’anglo-saxonne, c’est-à-dire l’immersion totale, et il en accepte les conséquences » confirme un journaliste qui a suivi ses enquêtes et ses ouvrages.
    Aujourd’hui Jean-Paul Ney a raccroché l’investigation « trop manipulée » selon lui. Il continue ses recherches dans les domaines de la sécurité intérieure et de la défense et enchaîne les reportages photographiques, notamment sur la police et les services d’intervention. L’ancien rédacteur en chef du magazine « le monde confidentiel » s’apprête à lancer l’année prochaine un nouveau magazine axé sur le photoreportage de terrain.
    Consultant en sécurité et défense, Ney apparaît notamment dans l’organigramme du groupe Digital Network dont le directeur technique est Christophe Casalegno, l’un des meilleurs spécialistes de la sécurité informatique en France. Ce dernier gère un portefeuille de clients relativement sensibles qui vont du grand compte au ministère souhaitant placer des gens de confiance au cœur des systèmes informationnels.
    Même s’il est plus apprécié que détesté, Jean-Paul Ney ne peut laisser indifférent, qu’on le lise ou qu’on le rencontre autour d’un bon café. Mais à l’heure qu’il est, le sire est déjà bien loin, quelque part sur les routes le long de la ligne bleue, quelque part au sud Liban...
    source :
    http://www.loiclemeur.com/france/2006/03/les_tudiants_de.html#comment-20754561
    et
    http://phnk.com/blog/scpo/ce-que-publient-les-instituts-detudes-politiques/

    Voir en ligne : Les réseaux de Jean-Paul NEY