Interview : Richard Allan dit "Queue de béton"
Aujourd’hui nous avons le plaisir d’accueillir Richard Allan, le comédien porno le plus célèbre de l’Histoire du sexe pour une entrevue intimiste sans langue de bois sur son métier et ses tenants et ses aboutissants. Merci Richard pour ce partage et cette belle sincérité.
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1. Bonjour Richard Allan, outre le fait que vous êtes désormais un chocolatier sexy un peu rangé des voitures du cul (quoique..), vous avez été le célèbre "Queue de béton" le hardeur le plus connu des années 70-80. Si on peut imaginer pourquoi vous avez eu ce surnom, on aimerait savoir comment est né ce qualificatif charmant ?
Si si rangé des voitures, dans ma campagne Normande, et ici, si on connaît "queue de béton" on se fait discret, les gens aiment bien voir mais n’aiment pas être vus. Alors chacun y va de tu sais le mec dans sa chaumière.....
Ce qualificatif m’a été donné par un journaliste fan des années d’or, et ensuite un film de Michel Caputo a immortalisé ce surnom. Toujours prêt, comme le scout.
2. Combien de partenaires sexuelles avez-vous eu dans votre vie à 500 près ?
Ayant commencé assez jeune à galvauder, ma vie est une longue caravane, et avant de trouver l’oasis +, pour prendre quelque repos, environ 8000 m’ont apporté plus ou moins de bonheur. Mais je ne m’en plaints pas.
3. J’ai l’impression qu’à part notre ami John B. Root, le porno est tout de même vachement moins rigolo de nos jours que de votre temps non ?
Autre temps autres moeurs, le porno de papa est dans la cinémathèque, et dans beaucoup de foyers. Quand je vois les sexes glabres et cet étalement de chair, bien souvent je l’avoue, je me dis que mon époque de l’âge d’or porte bien son nom.
4. Un magazine (Jalouse) offre un Sex Toy (un godmichet) dans son numéro de décembre, cela doit vous faire marrer non ?
Je pense que Paris Hollywood, dont je collais les pages, était bien gentil en rapport de l’étalement du porno chic d’aujourd’hui. Sex toy passe mieux que God. C’est plus classe, je ris de me voir si belle en ce miroir.
5. Est-ce que c’est plus dur de vieillir pour un homme ou une femme qui a été une vedette dans ce milieu particulier ? Vous pensez quoi de Rocco Siffredi, c’est votre fils spirituel ?
Regardez-moi et vous verrez que le sexe conserve son homme, et ma casserole à la patte de ce milieu particulier m’ouvre bien des portes, et quelquefois je les enfonce.
L’’homme est un surhomme et la femme est la putain, voilà bien l’esprit macho, mais si ces putains comme ils disent n’apparaissaient pas pour leurs masturbations frénétiques, qu’en serait-il ? Alors que celui qui n’a jamais jeté de pierre....
Rocco a tourné son premier film avec moi, et je savais qu’il pouvait reprendre le flambeau, et avec panache, ce petit qui avec son bel accent m’aborda chez Denise, pour me dire, "je m’appelle Rocco et je voudrais faire du porno" ! Pas mal comme introduction. On connaît la suite.
6. Des milliers d’hommes se sont masturbés pendant que vous donniez du plaisir à des femmes, ils rêvaient d’être à votre place. Cela vous fait quoi que ces derniers viennent vous le dire aujourd’hui, comme une confession ? Vous avez été une sorte de professeur du sexe pour eux ?
J’ai souvent dit que j’étais un bienfaiteur de l’humanité souffrante, aux journalistes, qui comme vous m’ont posé la question. Si j’ai pu leur amener du bonheur, j’en suis flatté et heureux.

7. Vous avez bien connu Brigitte Lahaie dans votre métier, alors est-ce que c’était un bon... euh une bonne professionnelle ?
Elle l’est devenue, car timide et impressionnée par "queue de béton", je lui démontrais que je n’étais pas que ça, et que la tendresse et la gentillesse faisait partie de ce milieu.
Elle était tellement belle qu’elle illuminait nos plateaux de tournage. J’ai partagé des grands moments de plaisir dans ses bras. Demain elle fête sa 1000 ème émission à RMC infos, et je serai à ses côtês. Belle reconversion, que les mécréants passent leur chemin.
8. Quel est le plus beau compliment que vous avez reçu suite à un film ou à une scène de sexe ?
Un phallus d’or à Conpenhague, un oscar en Allemagne, un Hot d’or d’honneur pour ma carrière, en France. Des critiques élogieuses dans des revues comme L’écran du cinéma, des clins d’oeil complices d’un proche de l’ancien président, d’acteurs de cinéma et de théâtre de renom, qui vous font comprendre qu’ils sont aussi proches de vous, de par leur métier.
A ce propos, lors d’un dîner dans le restaurant d’André Pousse, celui ci me dit, "Je te serre la cuillère mon pote, on fait le même métier, mais pas avec le même costard". C’est pas un beau compliment ça ?
9. Est-ce facile d’avoir une vie privée normale quand on a été un dieu du sexe et que vos films circulent comme des objets cultes ?
Bien sûr, je reste le point d’interrogation pour beaucoup, mais quoi de plus facile que d’être soi, bien dans ses baskets. Je fait partie du domaine public.
10. Je vous laisse le mot de la fin cher Richard !!
Comme m’a dit Maurice Pialat, lors de notre entrevue pour le film "Police" en 1985.
"Je vous engage après votre bout d’essai car je vous ai vu dans les films de cul, et je trouve que vous avez une "gueule" ". Ce jour là je n’étais pas "Queue de Béton !".
