Interview : Davy Jourget

Interview : Davy Jourget

Ce garçon est fou, ce garçon est doué, ce garçon est génial, inventif, délirant et très original. Non seulement il a un oeil remarquable, mais en plus, il d’amuse à déformer la réalité de manière saisissante, un peu comme si les choses et les êtres devenaient des matières plastiques sur lesquels il a du pouvoir.
Davy Jourget possède un univers incroyablement fantasmatique que l’on ne peut que vous encourager à explorer, image après image. Une vraie révélation "plastique". Y’a pas d’autres mots ! Gros coup de coeur, une fois encore.

1. Bonjour, Davy. Vous êtes un photographe assez spécial, non ?

Je crois bien que j’ai décidé il y a quelques temps déjà de ne plus m’autoriser à me poser de telles questions à mon sujet. Je dirais simplement que je suis sur ma route.

2. Oeuvrez-vous principalement sur Lyon et ses environs ?

Je viens à peine de me réinstaller à Lyon. J’y ai réalisé quelques photos en studio, mais encore assez peu pour le moment. La plupart de mes clichés a été prise à l’endroit où je prends ma source.

3. Pratiquez-vous depuis longtemps ? Avez-vous un maître ?

Les travaux de certains auteurs, photographes ou autres, m’inspirent. Je ne parlerais pour autant pas de « maîtres ».
Je ressortirais cependant Jan Saudek de toutes ces sources d’inspiration, pour la proximité psychologique qu’il peut y avoir entre nous par certains égards.

4. Vous enseignez à des enfants. Est-ce que vous accepteriez de prendre une grande fille comme moi parmi vos élèves ? Je précise que j’ai un appareil photo numérique HP Photosmart M407.

J’imagine que c’est à partir de là qu’on commence à se tutoyer ?

Pourquoi pas.

5. Vos travaux portent naturellement sur le traitement de l’image. Qu’est-ce qui vous a poussé à modifier la réalité ? (Je te propose de changer « traitement de l’image » par « manipulation de l’image ». Le terme de traitement renvoie à la façon dont l’image est modifiée dans son aspect purement photographique, et toutes les photos le sont)

Je crois que j’ai longtemps été frustré par mon incapacité à dessiner.
Les possibilités offertes par l’informatique pour modifier une photographie m’ont permis de mettre en œuvre ce rapprochement entre mon imaginaire et le médium que je commençais à savoir utiliser.

6.Vous vous dites fou à lier. Qu’est-ce qu’un fou pour vous ?

Sans doute la plus belle réussite de mes échecs.

7.Parlez-moi du clown. Il semble vous obséder puisque vous habillez même Eve (Fragments d’Eve) de ce costume.

Mon Clown est un personnage qui se prolonge depuis moi. Le fait d’utiliser un brin de son accoutrement pour photographier Eve est sans doute significatif de mon investissement personnel profond dans mes images.


8.La mort et la noirceur sont omniprésentes sur vos photographies. Et Eros ?

C’est drôle, je ne ressens qu’assez peu cette noirceur qui semblent interpeller.
Pour ce qui est de l’Eros, c’est sans doute une question à laquelle je dois repenser.


9.Vous pouvez tout mettre en image ?

Je crois, oui. Mais encore faudra-t-il essayer. Le monde est plein de gens qui parlent, mais ne font rien. So time will tell.

10. Vous savez aussi jongler avec les mots mais diriez-vous qu’il est plus facile pour vous de vous exprimer par vos regards que par des mots ?

Clairement. A la base, je souhaitais écrire. Mais les mots ont trop de force crue pour que je les accepte aussi facilement qu’une image pudiquement codée.

11. Avant de vous laissez le mot de la fin, j’aimerais savoir... Entre nous, est-ce bien sérieux de photographier le zizi d’un clown ?

« Mettre en plein soleil son cœur ou son cul, c’est pareil » G. Brassens.

Le site du photographe

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