La possibilité d’une femme

La possibilité d'une femme

Etat des lieux de la « Femme » dédié aux chiennes de gourde

On vous le dit tout net, il existe une idée de la féminité en dehors des poncifs éculés par les magazines pour cerveaux gauches pour les ménagères de moins de cinquante ans et leurs consoeurs consuméristes.

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Il était donc temps d’offrir à la société des lettrés une oeuvre aboutie, joliment mise en scène, en pages, en « formes », en Art et en textes sur celle qui a mangé la pomme, a trahi l’humanité, est souvent vue comme une soumise, une pute ou une salope mais qui continue, cependant, à perpétuer la race et de servir de muse aux plus grands artistes.

Les Editions Hermaphrodite (Inter faeces et urinam nascimur) ont eu la bonne idée de composer pour leur dixième numéro en revue un numéro FEMME qui réfléchit, s’amuse et crée autour de ce thème à nichons, fentes et clitoris.

Hasard de calendrier ou extrême cohérence dans le propos, un des fondateurs du collectif nancéen Philippe Krebs et sa compagne Caroline Mourot (qui a largement participé à l’intime fabrication de ce numéro) ont à la fois porté cet ouvrage et attendu la naissance, dans la même période, d’une ravissante petite fille prénommée Romane.

Double avènement féminin pour un événement littéraire fort bien agencé, négocié et scellé dans le papier dans un format carré du plus bel effet. Objet livre donc et pluralité des regards sur la femme vu dans son terme générique et qui n’entend en rien faire un portrait exhaustif des femelles modernes.

Dans ce numéro 10, pas de Michel Platini à l’horizon, quoi que sa vision hermaphrodite eut été fort judicieuse et pertinente, mais un mélange hétéroclite et riche de sens de garçons et de filles qui écrivent, dessinent ou inventent autour de ce thème universel et particulièrement excitant. Aux plumes habituelles de l’Herma-Band (Agrati, Costes, Brulebois, l’Etiévant poilu, Jaccard, Slocombe, Verheggen, Di Folco et les autres) se rajoutent des invités remarquables qui évoquent avec leur oeil incisif ou provocateur ou leur grand talent d’analyse ce qu’est pour eux cet être étrange et merveilleux qui leur a donné la vie et qui continue de les attirer ou de les répugner.

Même si les contributions des intervenants peuvent sembler inégales ou saugrenues, ce qui se dégage de cet ensemble est proprement novateur et séduisant.

De la première de couv. admirablement accrocheuse du graphiste Fraide Paulien (un ami intime) qui décline à la manière d’un Wharol des années 2000 un florilège de cailles colorées en passant par les analyses fines et érudites de Bob o’Neill sur le virginal, le remarquable travail pictural de Lyzane Poitvin et d’Anne Van der Linden (deux chouchous du Mague), les entretiens hors normes avec Alain Soral et Régis Burnet et mille autres découvertes, ce recueil autour, sur et avec la Femme est une vraie réussite, un OVNI comme on les aime et qu’on heureux et fier de posséder dans sa bibliothèque d’Art et de Lettres parce qu’on a des couilles et qu’on le vaut bien.

Ce que j’aime le plus chez l’Homme, c’est sa femme.

ps : seul petit manque, à mon humble avis, la non présence de mon Alina Reyes à frange qui aurait été formidable dans ce collage artistique.

"Femme", collectif Hermaphrodite, Numéro 10, 2005, 293 pages, 18 euros.

le 13/11/2005
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