Le 12 pleure... et nous avec !

Le 12 pleure... et nous avec !

Le numéro que vous avez demandé n’est plus en service actuellement... Le 12 de France Télécom sera bientôt aux abonnés absents, et dès aujourd’hui, une flopé de numéros à six chiffres débutant par 118 envahissent nos répertoires ! Et avec eux, un raz de marée de publicité qui encombre les ondes, les écrans de télé, les journaux, nos boîtes aux lettres, et tutti quanti !

💡 Vous aimez cet article ?
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.

Depuis plusieurs décennies, un numéro, une solution, deux chiffres qui se suivent pour nous aider à trouver le numéro de Monsieur Untel, du resto Machin, du gentil coiffeur gai de notre copine...

Finie, terminée, révolue la facilité ! Depuis 65 ans, on commençait à s’y habituer tout de même, c’était bien pratique. Nos parents n’ont connu que ça, nous ensuite, et voilà que tout se met à partir en vrille. Fermeture définitive du 12 le 3 avril 2006.

Merci qui ? Merci à l’ouverture à la libre concurrence du marché des télécommunications et du renseignement. Evidemment, un tel business, estimé à 300 millions d’euros, pour 450 millions d’appels par an, ça fait des envieux pardi !

Pas moins de 56 numéros à six unités, pour les quelques 27 gagnants de la grande loterie du renseignement ; sociétés spécialisées dans les renseignements téléphoniques, mais aussi des opérateurs de téléphonie mobile ou des fournisseurs d’accès Internet.

Un prix unique ? Vous rigolez ou quoi ? Les tarifs varieront selon le fournisseur et le service proposé.
On fait les choses bien ou on les fait pas, on va nous emmerder jusqu’au bout du fil.

Je vous dit pas le bazar que ça être sur les lignes.

Le 118252 qui répertorie les fleuristes parisiens recevra des coups de fil de personnes souffrant d’hémorroïdes, et qui, entre deux sursauts, auront pianoté 252 au lieu du 251. Des parents souhaitant inscrire leurs mioches au catéchisme se retrouveront en ligne avec le réseau du renseignement des sex shops intra muros.

Non Monsieur, ici vous êtes au 118666, je ne peux pas vous aider pour trouver ce numéro...Non Monsieur, je ne connais pas le numéro à composer...appelez les renseignements...

Et la bataille commerciale que se livrent tous ces heureux lauréats n’est certainement pas au bénéfice des consommateurs. Tous se tirent la bourre, et affirment, études à l’appui, que leur numéro se révèle « infiniment plus efficace que les autres en termes de mémorisation ». Ben voyons...

En quinze ans, y’a eu l’Europe, l’Euro, et maintenant ça !

Oui, l’ouverture sur le monde, vers les autres, c’est bien ; le libre échange et la fin des monopoles, des dictatures aussi. Mais ça n’est plus un répertoire qu’il va nous falloir, c’est un annuaire entier rien que pour classer tous ces numéros ! Mais y’aura peut-être un mode d’emploi livré avec, comme le petit manuel sur l’Europe...

En plus de son numéro de portable, de téléphone fixe, voire de ligne adsl, de digicode peut-être, de X, de Y, va en falloir une sacrée mémoire pour ne pas s’y perdre.

le 02/11/2005
Impression

3 Messages

  • 23 février 2006 14:44

    Le capitalisme avait tendance à avoir une logique rationaliste - l’optimisation de l’usage des ressources, malgré des effets pervers assez graves- destruction de l’environnemet qui ne coute rien (aux destructeurs), usage des personnes comme ressources jetables ...
    Maintenant son irrationalité devient évidente, et les effets contreproductifs, au sens avantages pour la majorité des personnes, deviennent de plus en plus évidents. Une multitude de numéros pour connaitre un numéro c’est simplement débile.
    Autre évidence : au nom de quel gaspillage organisé on a TROIS réseaux complets de couverture de la France en téléphonie mobile ? C’est payer 3 fois ! Donc le gain de payer moins cher, l’argument ultime du capitalisme, est un leurre - un mensonge émorme...
    Pourquoi pas trois réseaux d’eau, d’électricité ... c’est proprement débile - la logique marchande dépasse le bon usage des ressources et fabrique le gaspillage ... les surcouts etc
    Cela ne durera pas, mais à quel cout ?
    Qui en sera les victimes - qui ne décident plus de leut avenir, des choix de société - il n’y a plus de démocratie.