Miguel et Katia, des globes-trotteurs pas comme les autres..
Miguel et Katia, ce sont deux anges espagnols qui ne transpirent jamais. Deux alpinistes que le bon Dieu a mis sur ma route par une belle journée ensoleillée. Et sur un haut plateau de la Bolivie s’il vous plaît ! Un couple qui frise les 60 ans et qui a le plus bel accent chantant du pays catalan. De cette rencontre est née une amitié pleine de tendresse et qui m’ a appris à connaître leur parcours de globe-trotteurs pas comme les autres.
En effet, ce couple d’indécrottables est scotché à gravir les montagnes depuis leur plus jeune âge et bon nombre de pics ne leur a point échappé. Loin s’en faut pour fatiguer ces catalans au cœur brûlant et à l’humour explosif. A 5000m, une ascension pour Miguel et Katia ressemble un peu à une promenade dominicale par une belle journée ensoleillée. Et moi pendant ce temps là, je traîne encore les pieds.
Rencontre avec deux sérieux accrocs de la montagne.
Et toujours pas fatigué...
Qui êtes-vous Katia et Miquel ?
Katia : Des amoureux de la nature, des montagnes, des grands espaces. Et aussi des personnes capables de survivre dans ces lieux magiques, tout en les aimant et les respectant.
Depuis combien de temps vous connaissez-vous ? et où vous êtes rencontrés ?
Miguel : 40 ans qu’on se connaît, qu’on grimpe et qu’on voyage ensemble. Et forcément, on s’est rencontré...à la montagne !
Ca vous a pris dès votre enfance cette envie d’escalader tout le temps ?
Miguel : Nous avons eu la chance de grandir dans une ambiance baignée par la montagne. Nous avons aussi bien sûr appris à l’aimer, mais notre famille nous a beaucoup aidé à la comprendre. Elle nous a beaucoup enrichis de ce coté la.
Quelles montagnes avez-vous franchies ? Quelle était la plus difficile ? Quand était-ce ?
Katia : On ne vainc pas les montagnes : on les conquière. Et si tu les aimes, tu y reviendras forcément. Mais si tu les vainc, il y a beaucoup de chances que tu n’y reviennes jamais plus.
Miguel : J’ai d’abord fait le Mont blanc avec deux amis. Quelques années plus tard, je l’ai refait avec Katia et beaucoup plus tard, nous l’avons encore escaladé avec notre fils d’une côte italienne, assez difficile d’ailleurs. J’ai également grimpé le Piz Bernina par la voie de l’Aresta Bianco, un trajet que je n’oublierai jamais.
Aussi le Cervino par les versants italiens et suisse dans des conditions hivernales assez rudes. C’était une de mes premières expériences dans les Alpes. Un autre jour, je te raconterai d’autres ascensions sur des monts massifs de ce monde. Ah et ma chère Katia.... !!!! Il y a 28 ans (en 1977), on a fait l’ascension d’Elbruz dans le Caucaze, perché à 5.632 m...Le sommet le plus élevé de l’Europe. Katia était la première espagnole qui y arrivait et je dois dire qu’elle l’a même fait quelques pas devant moi. (rire)

Est-ce que vous vous sentez toujours autant en forme pour grimper aussi haut que le Kilimandjaro ?
Katia : Oui. Mais pour faire un sommet de la hauteur de Kibo ( le Kilimandjaro), il faut tout de même avoir une certaine forme physique, une bonne acclimatation (ndlr : le mal des montagnes) et la volonté d’y arriver.
Ah mais Mélanie ! Avec l’acclimatation que tu as obtenu sur les hauts plateaux boliviens, la moitié de Kibo est gagné !
Quel sont les gens et les pays qui vous ont le plus marqués ?
C’est très dur de choisir quand on voyage beaucoup car on rencontre des pays et des gens si différents les uns des autres que l’on peut difficilement les comparer. Mais nous avons beaucoup apprécié les berbères du Grand Atlas, les baltís et ladakis dans les vallés de Leh et du Zanzkar au Cachemir, les réserves des Pieds Noirs à Montana, les Aimaras du plateau Bolivien. Et si un jour vous pouvez approcher la région d’Hindukush (Pakistan-Afganistan) avec moins de risques qu’aujourd’hui, allez à la rencontre des Kalasha Valleys. Ce lieu est vraiment très spécial. On se croirait en dehors de tout et du temps. Cet endroit regorge de personnes avec des caractéristiques uniques au monde. Croyez-nous, c’est frappant.
Êtes-vous déja partis dans des pays en guerre ou en période dangereuse ?
Lorsque nous partons en voyage, nous aimons connaître les problèmes sanitaires du pays, la politique et la sûreté des lieux. Mais franchement, ça ne change pas nos objectifs. Mais de toute manière, les nouvelles donné par les médias sont souvent plus négatives que la réalité à laquelle tu dois faire face une fois dans le pays.
Quel a été votre voyage le plus fou ?
Probablement, les régions du Cachemir, d’Hindukusch, de Chitral, de Dir, du Kiber, etc. Ce sont sûrement les endroits les plus difficiles pour déambuler pour les voyageurs-alpinistes que nous sommes.
Katia tu m’as raconté une fois que tu avais pris de la nourriture avec toi pour partir en voyage car tu pensais avoir des difficultés pour manger. Où était-ce ? Dis-m’en plus ?
Il est très important -mais tout dépend de ta destination- d’apporter des boîtes de nourriture, à utiliser lorsque ce que tu sais que la nourriture sur place va te poser quelques problèmes gastriques. Ou encore quand la situation d’un pays est difficile. Mais même si nous faisons très attention, parfois ce n’est pas suffisant.
Est-ce que vous avez déjà en une très grosse peur lors d’une ascension ?
Les éclairs lors de différentes ascensions ont été de mauvais compagnons. Car si la difficulté de la montagne est prévisible, les inclémences du temps ne le sont pas.
Quelle sera votre prochaine destination ?
La Réunion.
Qu’est-ce que vous pensez de vos voisins français ?
Nous sommes catalans, méditerranéens, et citadins du monde. Nous ne connaissons pas les frontières.
Kati et Miquel, quand je viendrai vous voir à Barcelone, qu’est-ce que vous, me cuisinerez comme spécialité espagnole ?
Quand tu viendras, c’est avec un grand plaisir que nous t’offrirons une "xatonada" et "carn a la brasa", typiquement catalan.