Sotos

Sotos

Sous la lumière violente de cet immense Sud hispanique, trois hommes font brutalement l’apprentissage de la vie.
Tout d’abord, Manuel Immu Sarramanga, dit Mani. Fils sans père. Dix-huit ans. Il oscille entre l’amour et la haine qu’il voue à sa mère, vacille devant son horrible grand-père, ce roc d’une puissance absolue se cherche, hésite devant le nouveau mari de sa mère.

Cet homme que tous semblent connaître mais dont personne ne veut parler.
Ensuite, Vito Jaragoyhen. Père sans fils. Confronté à la quarantaine. Il revient sur la terre de ses ancêtres. Il est là pour une femme. Il est là pour...

Et enfin, Victor Sarramanga. Vieux solitaire farouche qui règne sur l’espace et les gens. Il cherche à régler ses ultimes comptes vieux de vingt ans.

Et la corrida commence... Mani recevra les piques, Vito les banderilles, et Victor rencontrera son heure de vérité. Et au milieu de ce ballet virevoltant et violent, les femmes. Belles et sensuelles. Troublantes et enivrantes.
Ils apprendront tous que ce que l’on désire le plus ardemment ne vient jamais quand et comme on l’attend.
Et alors que les Sotos, ces petits démons qui vivent aplatis entre le bois et l’écorce, s’excitent sous la tension électrique des orages, les personnages s’affrontent et se déchirent. Se brûlent à leurs passions. Se dévorent. S’entretuent.

Violent. Fulgurant. Passionnant. Du pur Djian.
Après Bleu comme l’enfer ou 37 °2 le matin, et avant la trilogie Assassins, Criminels, Sainte-Bob, l’écrivain nous entraîne encore dans son univers si particulier et si parfumé. Et pour Sotos, je demande une ola.

A lire au bord d’une piscine pendant un après-midi torride.

Sotos, Philippe Djian, Gallimard, 1993

Sotos, Philippe Djian, Gallimard, 1993