Jean-Louis Costes : Monsieur Caca emmerde le monde !

Jean-Louis Costes : Monsieur Caca emmerde le monde !

Non, Costes n’est pas raciste ! Non, Costes n’est pas bien méchant ! Non, Costes n’est pas dangereux ou alors juste pour lui-même, ce qui n’est pas bien grave, avouons-le. Juste quelque peu pitoyable, mais bon, y’a des choses plus importantes dans la vie tout de même, et il n’a jamais tué personne, Mister Vomito. Il n’est, en définitive, qu’un pauvre trou du cul marron très très malheureux qui traîne sa misère, et ses problèmes existentiels avec un stade anal tourmenté, pour amuser la basse couche de l’Underground, qui applaudit
d’une main en se branlant la rondelle. Il ne faut pas attaquer Jean-Louis, ni pisser sur ses chansons, et encore moins dégueuler sur ses sketches houleux pas très fins ni toujours très travaillés. Il faut juste le plaindre parce que sinon, il serait trop content le bougre plein de morve et de saloperies diverses qui giclent de partout.

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C’est bien simple « Le Jean-Louis il chie pour qu’on
s’intéresse à lui »
me disait encore sa mère au téléphone, il y a peu. « C’est pas celui qu’on croit Monsieur l’E-tervieweur, vous savez, je le connais depuis tout petit, et il a toujours été différent des autres, c’est sa nature ou quelque chose comme cela ».

Par Sodome et Gomorrhe (encore, encore Jean-louis, c’est bon), il ne faut pas lui jeter la pierre au Jean-Louis, il est pas tout fini dans sa tête de camé, et il ne fait jamais, finalement, - comme dit sa pauvre maman - de mal à personne. Pour tout vous avouer, j’aimerais que Costes passe à la télé, soit plus célèbre que le cercle de ses fanatiques, même s’ils sont nombreux et jusqu’au Japon s’il vous plaît. J’aimerais qu’à sa mort, il y ait des communiqués officiels du Président et de Matignon... On imagine la tronche du texte : « Le président de la République tient à adresser à tous les amis, la famille et les fans de l’artiste performer Jean-Louis Costes toutes ses condoléances et le souvenir d’une oeuvre chiottesque immense. »

Merde alors, Jean-louis c’est notre Diogène la Herse à nous, sauf qu’il a bu tout le tonneau et qu’il se balade depuis à poil et à vapeur. Ce type-là est un vrai philosophe des pissotières, un véritable chantre (mou et teigneux)
des toilettes pour messieurs dépravés.
Un Costes est d’ailleurs bien utile pour une société comme la nôtre. Il est tellement caricatural, frappadingue, à fleur de peau, psychotique et dégénéré qu’il rassure le bourgeois et fait bander le petit mec fielleux-mais-timide (celui qui admire ceux qui osent) et qui n’a pas les couilles de
faire, comme lui, des shows érotiques sociétaux plutôt consternants, mais qu’il n’oblige personne à aller voir, encore heureux !

Avec Costes, c’est Mardi Gras tous les jours, il est le roi merdique d’un peuple qui a besoin de rêver autour de son dernier gros fist fucking qu’il réalisera, comme
toujours, de main de maître devant un public en délire.
A l’écrit, Costes a même un certain style, c’est, en gros, un mélange sincère et premier degré entre Albert Dupontel, Marilyn Manson et Mano Solo. Il faut laisser s’exprimer Costes de toute sa verge car il convient que chaque petit groupe sectaire ait son idole du caniveau. On a les vedettes qu’on mérite qui chantent dans l’hygiaphone !

Pourtant, Costes in private, c’est un peu comme Jean-Pierre Foucauld à dîner, le professeur Choron dans son salon ou Louis de Funès en son temps, on ne le reconnaît pas. C’est tout juste s’il ne serait pas propre, bien élevé et poli, le gars Jean-Louis. Tout cela n’est que du théâtre, du
Pantomime scabreux et crasseux, je vous le dis moi qui l’ai bien connu, il y a quelques années. Rien n’est vrai, c’est un chic type, c’est l’Alain Madelin de la diarrhée baveuse en réunion. C’est un show man et dire que vous y avez cru bande de nullos ! C’est un artiste il dénonce en se défonçant, il
fait comme Jésus, il prend dans sa chaire toutes les horreurs du monde.

Merde Costes c’est un saint et vous ne le saviez pas !

Non, il ne faut pas interdire Costes, ni lui faire des procès, encore moins l’enfermer. Une version un peu plus soft et hétérosexuelle de Costes aurait pu même être une héroïne d’un livre de Michel Houellebecq. Non, Costes n’est
pas indécent, cela ne choque plus personne qu’un mec laid et maigrichon mime des scènes de cul violentes sur scène, montre sa bite et dénonce des vieux trucs de gauchos has been de manière scatologique et salace.

L’Art, si primaire soit-il, cela sert à cela. Jean-Louis « Monsieur l’inventeur du Bondage à 10 ans » est la figure triomphale de la catharsis de la merde. Son oeuvre pipi caca prout et sodomies enjouées disparaîtra dans un bruit de chasse d’eau et la cohérence sera totale.

le 14/01/2003
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1 Message

  • 2 mars 2008 11:50, par theossil

    Bah pour moi Costes reste un demi artiste prisonnier des logiques d’intelligibilités contemporaine de ce que c’est que l’art et l’artiste. Pendant quelques années il m’impressionnait, certains cd me résonnaient en dedans. Maintenant il me déçoit plutôt (mais je n’ai pas lu son roman, juste quelques pages). C’est peut être les procès en même temps que la reconnaissance qui précipite la mise à nu, peut être mais il n’y a pas que ça.
    J’ai l’impression qu’il se vit dans un mythe de l’artiste auto suffisant vaguement à la marge de celui de l’art auto suffisant. L’exploration tourne à vide, la merde et les sons discordants sont toujours là mais comme des abstraction (effet de l’habitude peut être). Ca me fait penser à Amélie Nothomb quand elle disait qu’elle pouvait trouver et créer tous les humains en s’explorant, elle-même. J’ai lu un livre d’elle une fois et depuis impossible de m’en rien rappeler (sauf l’image de couverture).
    A ça s’ajoute cet engouement contemporain pour le corps qui reconnait naturellement en Costes un fleuron. Mais cet engouement n’est remplit que de signes et d’images d’autres images. Bravo à Costes d’avoir effleuré cet dimension de l’individu technicisé que nous sommes tous depuis les premiers outils et les premières idées, bourré de technique dans le corps, née dans des artefacts. Mais il n’a fait qu’effleurer tout en se réfugiant dans l’idée simpliste d’une universalité de l’expérience (mon cul que Costes peut revivre son grand père en ne sondant que lui. Costes pas plus qu’Amélie Nothomb) et d’un possible retour à l’expérience animale (cliché de la sauvagerie et etc.).
    Le chemin de Costes se raréfie et l’underground ressemble à un miroir des mass médias. Le bordel qui est dans les têtes demeurent indicible avec Costes, il n’en reste que quelques images de plus en plus rodées.