Interview : Michel Chevalet
Tout le monde connaît et aime Michel Chevalet, sa voix, sa faconde, sa passion pour la Science qu’il partage à la Télévision depuis des années. Avec ses explications tout est plus simple, plus accessible. Il est le professeur que l’on a tous rêvé d’avoir.
Rencontré à l’occasion de la publication d’un livre très touchant et digne sur le terrible d’accident de voiture qui a rendu son fils handicapé, nous avons voulu faire le point avec le célèbre journaliste sur sa carrière et son amour absolu des phénomènes astrologiques, météorologiques etc...
Voici un entretien avec "quasiment" un ami de la famille qui fait partie de notre champ référentiel et que nous sommes très fiers d’accueillir sur Le Mague.
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.
1) Bonjour Michel Chevalet, nous sommes ravis de nous entretenir avec vous sur Le Mague. Avez-vous conscience du fait que vous faites partie, en quelque sorte, de la famille de coeur des français. Vous êtes devenu une figure attachante, une sorte d’oncle idéal qui nous fait partager son amour de la Science à la télé depuis des années ?
Au début non. Mais petit à petit au fils des années, surtout
auprès de la jeunesse, j’ai mesuré l’impact que l’on pouvait avoir
concernant leur sensibilisation au problème scientifique.
2) Ce qui est intéressant avec vous c’est que vous avez toujours essayé de vulgariser des phénomènes complexes mais sans les bêtifier et en y mêlant une verve enthousiaste et passionnée ?
Il y a une devise que j’ai faite mienne :" On ne rend passionnantes
que les choses pour lesquelles on est soi-même passionné".
Et le public est d’abord sensible à le forme du propos plus qu’à son
contenu.
3) Votre ton a toujours été particulièrement accessible et didactique, vous êtes en fait une sorte de prof de physique ou de mathématiques, idéal ?
Bingo, vous avez deviné, je ne renie pas ma formation de professeur,
simlement pour moi, je suis passé de 30 paires d’yeux à 8 millions.
4) Quelle est la pire idée fausse qui circule sur vous ?
La pire des idées fausses, c’est que je sois considéré comme un
scientifique. En fait, j’ai une formation d’ingénieur et de professeur,
ce qui me permet de comprendre mon sujet et de savoir trier entre
la vraie et la fausse information.
5) Si vous aviez un empire qu’en feriez vous ?
Mon empire serait l’Univers, le Cosmos et mon ambition serait
de le comprendre et de le découvrir.
6) Aviez-vous prévu, envisagé le Tsunami ? Etes-vous inquiet pour le futur des climats. Le Film « Le jour d’après » n’est-il qu’une fiction ?
Prévu, non.
Déclaré et écrit que cela pourrait arriver, oui. Que cette région
présentait tous les ingrédients pour qu’une catastrophe se produise.
Mais l’homme a la mémoire courte et oublie hélas trop souvent les
leçons du passé.
Savez-vous que c’est dans cette région que se trouvent les volcans
les plus méchants de la planète, et pourtant, toute la population
locale vit sur les flancs de ces bombes à retardement.
Quant aux changements climatiques, je suis personnellement
très réservé sur les conclusions des scientifiques.
En un mot, rien ne prouve encore aujourd’hui que c’est l’activité
de l’homme qui change le climat de la planète. N’oublions pas
qu’Hannibal avec ses éléphants a franchi les Alpes alors qu’il
n’y avait ni tunnel, ni autoroute. Cela s’explique par le fait que
les glaciers avaient fondu plus qu’aujourd’hui.
7) Comment fait-on pour garder toujours autant la pêche et les étincelles dans le regard après toutes ses années au service des Média ? Etes-vous un idéaliste ?
Idéaliste non, optimiste oui. J’estime qu’il doit toujours y
avoir une solution raisonnable aux problèmes de notre société.
Ma philosophie est plus proche de celle de St-Exupéry que du
Dalai Lama.
8) Dans votre vie professionnelle très riche, avez-vous eu le regret d’un rendez-vous manqué, avez-vous été au bout de vos envies ?
J’ai toujours été jusqu’au bout de mes envies, sauf 2 regrets.
le premier est que TF1 n’ait pas voulu investir dans une plongée
sur le Titanic que me proposait Philippe Gildas, alors patron
d’une filiale de Canal+ (ndlr : "Ellipse") et j’ai du laisser ma place à Brigitte Renaldi,
correspondante d’Europe 1 à Nice, qui, vous l’imaginez bien, me
voue une reconnaissance éternelle.
Le deuxième regret, la mort prématuré de François Mitterrand
qui a interrompu les négociations qu’Hubert Curien, alors Ministre
de la recherche, avait entamé avec les Russes pour que je fasse
partie d’une mission spatiale à bord de Mir.
9) Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
De me garder des neurones en parfait état afin de pouvoir
rester au contact de la société.
10) Par quoi désirez-vous terminer cette interview cher Michel Chevalet ?
Par le procés de la connerie humaine qui comme le dit Einstein
est infinie, à l’image de l’Univers.

"Quand tout bascule... : Ca n’arrive pas qu’aux autres", Michel Chevalet, Michel Lafon, 236 pages, 2005
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