Une gifle.
Un coup d’électricité mentale.
Caque matin commence ainsi.
Une nouvelle journée n’est jamais seulement une journée de plus.
C’est une nouvelle vie.
Une nouvelle tentative.
Une nouvelle occasion de créer, de ressentir, d’essayer de mettre sur le papier la multitude d’oeuvres qui se fabriquent dans ma tête plus vite que mes mains.
Mon espace mental dépasse mes capacités physiques.
Depuis toujours.
Les images arrivent plus vite que les gestes.
Plus vite que les mots.
Plus vite que le temps disponible.
Alors chaque matin devient un nouvel essai.
Une tentative de rapprochement entre ce qui circule en moi et ce qui apparaît sur la feuille.
Pour cela, j’ai besoin de rituels.
Des gestes répétés.
Des gestes précis.
Des gestes presque chorégraphiés.
Ils reviennent chaque jour comme les pierres d’un chemin.
Longtemps, j’ai cru que cette structure limitait ma liberté.
Aujourd’hui, je sais qu’elle la rend possible.
Le cadre me permet de jouer.
D’essayer.
De prendre des risques.
D’aller plus loin.
Comme un enfant qui saute sur un trampoline entouré d’un filet.
Parce qu’il sait qu’il ne tombera pas, il ose davantage.
Il saute plus haut.
Plus fort.
Plus loin.
Je crois que mes structures fonctionnent ainsi.
Elles ne réduisent pas ce qui me traverse.
Elles lui donnent un passage.
Sans elles, tout arrive en même temps.
Avec elles, quelque chose devient possible.
Un dessin.
Une phrase.
Une couleur.
Je ne construis pas ces rythmes pour me protéger du monde.
Je les construis pour rester en relation avec lui.
Pour transformer l’intensité en mouvement.
Pour faire de cette proximité avec le monde une force de création plutôt qu’une submersion.
Chaque jour, j’essaie de porter un peu mieux ce qui me traverse.
Chaque jour, j’essaie de rejoindre plus fidèlement ce qui cherche son chemin vers le visible.
