Diplômée des Beaux-Arts de Paris, ancienne journaliste reporter d’images, musicienne, vidéaste, performeuse et plasticienne, Carole Pelé développe depuis plusieurs années une œuvre protéiforme où se croisent performance, musique, installation, écriture et arts visuels.
Ce qui donne sens chez Carole Pelé, c’est cette volonté de faire de l’art un geste total. Ses performances investissent aussi bien l’espace public que les lieux institutionnels, brouillant les frontières entre vie quotidienne et création. L’art n’est plus simplement un objet à contempler : il devient une expérience à vivre, un espace de rencontre, parfois de déstabilisation, toujours de questionnement.
Parallèlement à son travail plastique, l’artiste poursuit un parcours musical original. Entre chanson, spoken word et expérimentations visuelles, elle construit un univers profondément personnel où l’image et le son dialoguent constamment. Chacune de ses productions semble participer d’un même récit intime et collectif.
Lorsque Carole Pelé affirme être « l’artiste de la décennie », la formule doit sans doute être comprise moins comme une déclaration narcissique que comme un geste artistique en soi. Une manière d’interroger la figure de l’artiste contemporain, la fabrication de la notoriété et les mécanismes de légitimation dans le monde de l’art. À une époque où chacun cherche sa place dans le flux continu des images et des réseaux sociaux, cette auto-proclamation agit aussi comme une performance conceptuelle.
Carole Pelé fait partie de ces artistes qui refusent les cases. Elle préfère le mouvement aux certitudes, l’expérience aux discours figés et la rencontre à la simple représentation. Qu’on adhère totalement ou non à sa démarche, il est difficile de nier qu’elle occupe une place singulière dans le paysage artistique contemporain français.
Et c’est peut-être là, finalement, que réside la véritable définition d’un artiste : inventer sa propre place plutôt que d’attendre qu’on la lui attribue.
