L’Art déco, ou le luxe moderne devenu intemporel

L'Art déco, ou le luxe moderne devenu intemporel

Depuis toujours le style Art déco est fascinant, cette période foisonnante du design et de l’architecture continue d’inspirer tout architecte ou décorateur d’intérieur sensible aux lignes, aux matières et à l’élégance intemporelle. Une influence évidente dans l’orientation vers le métier de la décoration d’intérieur.

L’Art déco allie la luxure et la complexité, dans une sobriété étonnante, ce qui le rend élégant et classe, sans jamais le « trop », sans jamais exagérer. Il se permet d’intégrer tous les intérieurs.

Imaginons Paris, les années 20. La guerre s’éloigne, la ville retrouve son éclat, une nouvelle esthétique émerge, plus audacieuse, plus géométrique, tournée vers l’avenir : l’Art déco

À l’inverse des courbes végétales de l’Art nouveau, (entre 1890 et 1920) l’Art déco impose une forme structurée, graphique, presque architecturale, une nouvelle vision du luxe, du faste.

Il, s’impose notamment après l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris, en 1925, et qui lui donne son nom.
L’Art déco se distingue par une esthétique raffinée et structurée et des matières nobles.

Vous reconnaitrez facilement les formes géométriques, zigzags, chevrons, cercles ou encore symétrie, des matériaux comme le marbre, la laque, verre, chrome, des couleurs riches, noir, or, émeraude, bleu profond et des influences exotiques.
Dans l’architecture, les villes américaines explosent au moment de l’Art déco.
Le Chrysler Building, à New York, en est l’incarnation spectaculaire : une flèche d’acier et de géométrie, où l’ornement devient structure. Les villes américaines qui naissent dans les années 20 et 30, sont des musées à ciel ouvert, Chicago est la ville emblématique des buildings Art déco.

A Paris l’architecte Henri Zipcy dirige la construction du cinéma le Louxor en 1920, un très belle exemple avec ses façades colorées et ses formes géométriques, tandis qu’Albert Laprade signe le musée de la porte Dorée, construit en 1931, d’une grande richesse décorative et exotique.

Nous devons aussi évoquer les figures majeures de cette époque, qui continuent d’influencer nos tendances actuelles.

Émile-Jacques Ruhlmann impose un mobilier d’une élégance rare, où chaque pièce relève presque de la haute couture, des bois très nobles, des incrustations de laque. Il y a Eileen Gray aussi, visionnaire qui introduit la modernité, (Fauteuil transat 1927) au côté de Lecorbusier, qui lui tend vers le minimaliste mais s’inspire profondément de l’Art déco. Vous connaissez René Lalique qui sublime le verre, le transforme en matière vivante et je dois vous évoquer Robert Mallet-Stevens qui réalise de sublimes créations et inscrit le mouvement dans l’architecture française.

Si la Seconde Guerre mondiale marque un tournant et ralentit son essor, donnant place à la période minimaliste, le Bahaus, l’Art déco ne disparaît jamais vraiment. Il se transforme, s’efface parfois, mais revient toujours.

Dans les espaces contemporains, l’Art déco n’est plus un décor total, mais une touche de luxe, de sophistication. Il s’associe dans tous les intérieurs, avec le minimalisme pour lui apporter de la chaleur, avec le contemporain épuré pour apporter des matières raffinées mais aussi avec un univers pointu chargé en couleurs et matières pour accentuer le maximaliste ou encore avec des pièces de designers des année 50 et 60.

C’est l’art du mélange, le mix and match. Une console graphique, un miroir aux lignes géométriques, un jeu de matières contrastées… Il suffit parfois d’un seul élément pour faire basculer une pièce dans une autre dimension. En tant que décoratrice, c’est un jeu inépuisable et passionnant, de trouver la pièce Art déco qui intégrera un univers et lui apportera une âme supplémentaire.

L’Art déco ne vieillit pas. Il traverse les décennies, sans perdre de sa pertinence. Tout le monde à New York s’arrêtera photographier le Chrysler Building, et chacun s’émerveillera devant la luxure de l’Orient Express.

Ni nostalgique, ni figé, il incarne une idée du luxe qui reste profondément actuelle — un luxe parfaitement maitrisé, sans exagération, sans excès.

Plus qu’un style, c’est une signature, la pièce que l’on remarquera dans son intérieur, qui fera basculer l’ambiance générale dans l’élégance absolue ;