Katrina B. : Pornophilie dans texte
Voilà une critique littéraire bien partiale car, je l’avoue sans honte, la plastique de son auteur Katrina B. est tout à fait à mon goût. Je ne suis pas indifférent du tout aux courbes de cette blonde vénicienne pulpeuse et farouche. Lorsque les livres ont cette forme-là comment garder toute sa lucidité ? Une seule solution, rester profondément dans le texte pour ne pas être irrémédiablement attiré dans le sexe.
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Pour ne pas arranger mes affaires, la plus grande difficulté à mener à bien une analyse fine et délicate de son premier roman « Portnartgraphie » vient du fait que les chapitres de cet ouvrage sont jonchés de photos magnifiques de la belle réalisées par quelqu’un qu’on connaît bien au Mague pour l’avoir interviewé dernièrement ; Christophe Mourthé. Difficile dans ces conditions de faire son boulot de commentateur sans avoir de grosses bouffées de chaleur et des palpitations en dessous de la ceinture.
« Pornartgraphie ou la naissance de Valérie » est un livre concept qui se présente presque comme un catalogue d’exposition du musée de l’érotisme. Mêlant la nudité sans poils de Katrina B. actrice de porno et des histoires de sexe, le tout forme un ensemble original et assez bien réussi autour du désir sous sa forme la plus moderne, ludique et contemporaine.
« Le Porn’Art c’est l’art de rendre beau ce qui est obscène » lit-on dans le livre. Réflexion optimiste sur le milieu du X entre volonté de vivre ses fantasmes sans tabou et peur du lendemain, de l’après, des risques en tous genres.
Si le style de Katrina B. n’est pas aussi pointu ni coloré que Sade ou Despentes, « Pornartgraphie » se lit sans déplaisir, ne tombe jamais dans le crade ou le glauque. Témoignage générationnel de ces filles qui rêvent de porno comme on rêve d’embrasser la carrière d’hôtesse de l’air (pour s’envoyer en l’air ?) ou d’infirmière (pour être nue avec des gros seins sous une blouse blanche ?), Katrina B réussit le tour de force de nous raconter des histoires de cul en inventant le porno chic littéraire.
Anthropologie des nouveaux comportements « Pornartgraphie » étonnamment bien documenté et lucide, Katrina B. fait montre-là d’une véritable envie d’innover, de baliser de nouveaux terrains glissants avec un tempérament fougueux et délicieusement borné.
Katrina B. gagne donc notre respect avec ces scènes diverses et élaborées autour du Sexe et de ses variations. Etant donné que tout le monde en parle et le consomme pourquoi faire la mou devant ce type d’expérimentations pertinentes, ludiques et excitantes ?
Et puis au pire si les histoires ne vous émoustillaient pas, il reste les très beaux clichés en noir blanc de l’écrivaine et ça cela vaut toutes les critiques littéraires du monde !!!
"Pornartgraphie ou la naissance de Valérie", Katrina B., Editions Attitude(s), 144 pages
