Nadia Farès est décédée après son malaise cardiaque dans une piscine à Paris
La disparition de Nadia Farès, à 57 ans, a brutalement rappelé à quel point certaines trajectoires artistiques restent suspendues, et inachevées. Derrière ce visage familier du cinéma français, il y avait une actrice singulière, à la fois discrète et magnétique, dont la carrière n’a jamais vraiment suivi les chemins balisés.
Le drame s’est noué à Paris, dans un lieu banal, presque banalement chic : une salle de sport. Retrouvée inanimée au fond d’une piscine quelques jours avant son décès, elle avait été hospitalisée dans un état critique, plongée dans le coma, avant de succomber le 17 avril 2026 . Une fin brutale, absurde, loin des plateaux de tournage et des lumières qui avaient accompagné sa vie professionnelle.
Née à Marrakech en 1968, passée par Nice puis Paris, Nadia Farès appartient à cette génération d’actrices qui ont construit leur carrière sans bruit, mais avec une vraie présence. Elle débute dans les années 1990, enchaînant télévision et cinéma, travaillant avec des réalisateurs comme Claude Lelouch ou Alexandre Arcady.
Très vite, elle impose un style : une beauté dure, presque froide, mais toujours habitée.
Le grand public la découvre réellement avec Les Rivières pourpres, où elle donne la réplique à Jean Reno et Vincent Cassel. Ce rôle agit comme un révélateur : elle y incarne une tension, une ambiguïté, une intensité qui marquent durablement les spectateurs. À partir de là, elle navigue entre cinéma français et productions internationales, flirtant avec le cinéma d’action et les séries étrangères .
Mais sa trajectoire n’est pas linéaire. À contre-courant, elle choisit de ralentir, de s’éloigner du métier pendant plusieurs années pour des raisons personnelles. Une décision rare dans un milieu qui ne pardonne pas l’absence. Elle revient ensuite, notamment avec la série Marseille aux côtés de Gérard Depardieu, preuve qu’elle n’avait rien perdu de sa force d’incarnation .
Ce qu’on aimait chez Nadia Farès, ce n’était pas seulement sa filmographie, mais sa manière d’exister à l’écran, c’était une actrice de présence magnétique et plastique plus que de démonstration. Elle n’était jamais dans l’excès, jamais dans la séduction facile. Elle incarnait des femmes solides, parfois dures, souvent insaisissables. Une actrice de tension intérieure.
Sa disparition laisse un sentiment étrange, celui d’un talent jamais totalement exploité, comme si quelque chose avait toujours été retenu, volontairement ou non. Une carrière en pointillés, mais jamais anodine.