Ramon Pipin toujours meilleur pour : "C’est mieux que si c’était pire..."

Ramon Pipin toujours meilleur pour : "C'est mieux que si c'était pire..."

Infatigable Ramon, toujours sur le pont pour fourbir ses talents d’auteur compositeur interprète, nous offre sa nouvelle galette de 16 titres à déguster sans se priver. Il se révèle une double personnalité marquée par son époque troublée sur les deux faces de ses CD. Où il conchie la connerie sous toutes ses formes, avec cette fois un ton parfois amer où l’humour au troisième degré n’est jamais absent.

C’est comme toujours un ovni dans le paysage musical franchouillard. Il est toujours égal à lui-même pour son 18 -ème album. Vaillant et optimiste malgré tout. Une nécessité absolue à écouter et soutenir pour garder le moral intact, avec le tact et la finesse d’esprit qui le caractérisent à toujours se renouveler et respecter son public, par ses qualités artistiques.

Ramon Pipin toujours meilleur pour : « C’est mieux que si c’était pire… »

L’année 2026 promet d’être merveilleuse et onctueuse ! Entre génocides, génomes, guerres et pets, osmose et cantilènes en gelées, il était grand temps que Ramon ramène sa fraise et nous fasse voyager dans son univers fantasque et foutraque où le réel n’est jamais très loin. C’est tout le talent de l’artiste d’exprimer ses expressions et son moral tant au niveau musical que textuel, qui ne tombent pas du ciel. Loin s’en faut ! Pas loin de 700 heures de préparation à l’accouchement de l’album en 16 titres de « C’est mieux que si c’était pire ».

Tiens O fête, 18, c’est désormais son chiffre fétiche, puisque c’est son 18-ème album et des prunes. Mc Carnet au beau mois de mai, à côté, c’est des niaiseries angliches sans fioriture. Je veux un béret français.

Ou si vous préférez « Youpi la France !
En plus c’est un comble, lui le passager de Paname à la Bretagne a fourbi âme et bagages pour se transporter jusqu’en Belgique, la patrie du surréalisme. A « Bruxelles ma belle » comme aurait interprété un baladin escogriffe, il a posé son pupitre et a sorti ses griffes envers toute son équipe de musicos pour enregistrer une pépite.

Digne de la verve de l’actors studio, il a su composer durant trois semaines sans interruption, enregistrement et mixage compris, un personnage de mec absolument odieux avec ses musiciens et son entourage.
Je vous laisse découvrir quelques échos du drôle de zozo qui sait maintenir une bonne ambiance et offrir ses « mots doux » sur la chaine des tubes justement !
https://youtube.com/shorts/0H73zQfpNiM?si=9zgQuudDhCdZTyC2
https://youtube.com/shorts/1aKdACNnl-4?si=zJnD32vpRuFhcwqY
https://youtube.com/shorts/GUIqjBTDTh4?si=6OsC7RSQAQJL_fqP
https://youtube.com/shorts/LyKPQpO_xBw?si=qwJwMaAOxFN85BpI
https://youtube.com/shorts/xsHFO35DHnI?si=3zYPX8fL_m4YeomD
https://youtube.com/shorts/Gu2aHg-y4zc?si=3JxZD2h-bPOBNf_j

Même s’il débite bien son jeu, ne nous méprenons pas sur ses doubles personnalités qui s’expriment dans le présent album à deux faces. Du style de « L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de mister Hyde »,que n’aurait pas renié un Gainsbourg alias Gainsbarre !

La pochette illustre parfaitement mes propos. D’un côté la face hilare d’un Ramon Pipin haut en couleur, à laquelle correspond en noir et blanc, celle d’un Ramon Pipin en costume qui broie du noir. Vous l’aurez compris, il n’a pas réussi à transcender « Le stade nasal » des années 80, quand, le doigt levé, il éructait en Odeurs de sainteté, un « No Sex » décontracté !
Quarante-six ans se sont écoulées et voyez et écoutez le résultat. Il roule toujours des mécaniques. Je le cite : « L’album se présente sous la forme de 2 EP : « C’est mieux qui si c’était pire », plutôt enjoué et « C’est pire que si c’était mieux » où l’horizon s’obscurcit progressivement ».

Sans plus tarder, entrons dans le vif du sujet.

Le premier titre a donné son nom à l’album, comme un avertissement prémonitoire d’un zigue inspiré et malgré tout optimiste qui veut appréhender son époque et n’est plus du tout certain que c’était mieux avant. Il le dit : « J’ai confiance en l’avenir ». Mais n’y voyez pas cependant « L’espoir » d’un Léo Ferré qui serait dépassé depuis 1974.
« Toutes les Amériques au fond d’une cassette
Exécutées à l’aube avec la stéréo »
« Don Quichotte qui passe à la télévision
Une chaîne en couleur pour avaler tout ça »
Quand sonne le glas depuis l’Andalousie d’un Manuel de Falla

Avec Ramon Pipin, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et dans les verres de vin. Tout parait plus facile et sans trop d’effort. « Ayons foi en l’avenir ». Et dès fois qu’on n’aurait pas compris le message, une perceuse incisive nous le martèle dans le crâne. Tourne du bidon, cette chanson endiablée frétille des gambilles. Et si ça tombe, ça pourrait même devenir le tube de l’été. D’autant que le refrain, on le retient facilement avec ses rimes en ir. Chiche, ce serait bath ! J’y vois aussi un frangin du gros dégueulasse de Reiser qui se remonte le moral en se rinçant l’œil trivial « Avec des applis / Pour voir les gens à poil ». Et pas de jaloux si ça tombe, avec l’âge « Et y’aura des robots / Pour les touchers rectaux ». Mais ne lui jetons pas la pierre qui roule.

Avançons-nous jusqu’à « Budapest ». C’est l’histoire d’un mec très terre à terre qui n’a jamais voyagé et qui pense que Budapest est en Bosnie. Ses notions géographiques s’arrêtent à son nombril qui tourne dans la rade de Brest. Cette fois vous l’aurez compris, Ramon joue avec les rimes en este sur une rythmique rock plus prononcée. Avec à l’appui une petite citation d’Einstein proposée par lui pour illustrer la thématique de la chanson. « Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers je n’ai pas de certitude absolue » Brassens aurait renchérit : « Le temps ne fait rien à l’affaire /
Quand on est con, on est con ».

Fi de conneries, pénétrons dans les miasmes de la conjugaison française en connaissance de cause, avec « Est-ce que tu sais ? ». Sur des rifs de guitarme, digne d’un Keith Richards, avec en sus une Rachelle Plas à l’harmonica en joie, qui prendrait un malin plaisir à ravaler l’instrument d’un Bob Dylan pleurant et soufflant son vent mauvais. Et pour la chute, cette allusion à Pompidou président de la république en 69 après les évènements festifs « d’est-ce que tu sais ». Faut-il aussi y voir une allusion subtile au Bescherelle et ses précis de conjugaison. En hommage au khâgneux pon pon pidou devenu normalien, qui aurait censuré la partie de la chanson où le verbe savoir est massacré, dans la confusion des temps entre le présent de l’indicatif et le présent du subjonctif.

Ramon nous avait habitués aux futilités de la vie quotidienne avec « Le velours côtelé » lors d’un précédent album. Il remet le couvert, cette fois avec « Les chiffons ». Sur un rythme Kraftverkien à frayer chez les teutons et pour moitié David Guetta très dance. Avec pour compléter le tout, une voix féminine enfantine tirée au clair par un chœur féminin en accord. Ramon dissèque l’emploi du temps de ces morceaux de tissus, où l’on apprend en douce qu’en plus « Les chiffons, tontonton / C’est vraiment pas des cons ». Si ça tombe dans trois plombes, à la Sorbonne une thèse sera proposée qui s’intitulera : L’imbécilité sous toutes ses approches vectorielles dans le texte de « C’est mieux que si c’était hier » de Ramon Pipin !

Rappelez-vous plus haut la citation d’Einstein que j’avais émise pour la chanson « Budapest ». On la retrouve dans tous ses acceptations, selon l’option de saison : mets ta physique il fait froid. Mais cette fois sous les attributs de trois authentiques savants en goguette : « Trois physiciens dans une voiture ». La zizique est épurée autour d’un piano serti d’une rythmique basse batterie sobre, avec le duo voix Ramon et voix féminine assez cristalline. A se demander, si sous leurs ciboulots musclés, les physiciens ne seraient pas un peu cons ! Je vous laisse le soin d’apprécier la chute de la chanson qui en dit long sur cette thématique qui parcourt les deux CD.

Ramon a de la suite dans les idées, on ne quitte pas le domaine des sciences, avec « Soyez gentil avec Mme KAPLAN ». Est-ce que tu sais, lectrice et lecteur qui était cette fameuse Mme Kaplan ? Il s’agit d’une certaine Marion la créatrice du Vitaliseur, cuisson à la vapeur douce. Ça lui remonte depuis le fond de ses tripes durant son enfance, si j’en crois son explication physique. « J’ai passé ma vie à chercher, à étudier, à expérimenter tous les domaines concernant la santé et l’alimentation. C’est parce que je suis née d’un retour de couches non désirée, par césarienne, allaitée au lait de vache et aux antibiotiques, que j’ai déclaré très tôt des allergies, des problèmes intestinaux, du surpoids, des migraines, une fatigue chronique et un état dépressif récurrent ». (sources : https://www.vitaliseurdemarion.fr/fr/officiel/marion)
Etonnant non ? Pour moi Kaplan au féminin, je l’associe immédiatement à Nelly, à la fois actrice, documentariste, écrivaine, scénariste, cinéaste, entre autres du chef d’œuvre « La fiancé du pirate » en 69, dans les années Pompidou ! En plus pour vous avouer son amour des mots à l’humour pas tenté, elle a participé à l’émission « Les papous dans la tête » sur France Culture !
Alors, à votre avis sur laquelle il a jeté son dévolu pour cette chanson, le Ramon ?
« Alors soyez gentil avec Mme Kaplan / A la force du poignet elle a remonté la pente / Et elle aujourd’hui au gouvernement / Comme secrétaire d’Etat aux soucoupes volantes /Et puis Mme Kaplan, eh bien c’est ma maman ».
Respect monsieur Ramon Pipin ! Bien qu’il la secoue par son ambiance rock digne de « Je joue de la guitare » inspirée de ses « chants électriques ».
Une remarque cependant s’impose, en tant que Singette et spécimen simiesque qui se respecte. Je m’insurge contre les propos de Ramon qui voudrait vous faire croire « Que je devienne méchant comme un orang-outang ». Tout ça pour obtenir une rime en an ! Fessée panpan aurait été plus juste ! D’autant que mon cousin d’Asie signifie : homme de la forêt. S’il avait parlé du chimpanzé carrément caractériel, dont Léo Ferré avait élu sa petite Pépée, guenon, en remplacement de l’enfant qu’il n’avait pas encore eu. Cette pestouille en venait en grandissant à balancer des tuiles sur les visiteurs et les terrorisait. L’orang outang, quant à lui est un être tout ce qu’il a de plus cool et contemplatif, le contraire de la méchanceté supposée proposée par les paroles de cette chanson. Ramon, il faudra revoir ta copie ! J’ai dit, indignée. Je me plaindrai à la fondation Brigitte Barbo.

A croire que « Le silence » n’est pas le roi dans cet album. Calmos, on est accueilli par le chant des oiseaux au bord du ruisseau digne de la bande de la « Belle équipe » des années 36, voulant à tout prix s’émanciper du travail salarial en créant une guinguette au bord de la Marne. Mais comme toujours chez Ramon, difficile de s’acquitter de sa tranquillité. Ça me rappelle cette « Ode au printemps » des années 79 en Odeurs de sainteté, bien après la mort de Pompidou où la déesse du printemps se fait canarder à la fin de la chanson. Cette fois, c’est une diarrhée érectile digne des POW WOW punks qui bastonnent le dormeur du val en lui intiment : « FEERME TAAAA GUEUUULE !! ». Ainsi s’achève avec fracas le premier CD !

Aussi bizarre que cela puisse paraitre, le second opus s’ouvre sur « Intérieur Queer », comme si Ramon avec l’âge tentait de se positionner sur son identité de genre. Avec la pression des médias, des créations diverses et variées, l’injonction des publicités, il est de plus en plus difficile de savoir qui on est vraiment. Pour les machos, c’est l’invective d’une autre perspective du style : le doute ma bite.
Petit tour de passe-passe, à croire que Ramon n’est pas indifférent à son époque, au point de se révéler : « Moi-même avec l’âge, mes seins ont poussé » !) C’est un scoop, avertissez France Dimanche. 
J’apprécie particulièrement le chœur des filles (est-ce vraiment des personnes du sexe féminin qui donnent de la voix, on est en droit à se le demander avec cette chanson ?). Brice Delage, au nom de bagnole de course, nous tire par la manche de sa gratte à guincher en cadence avec lui.

Lors des premières mesures de « Crash Boom, bang » j’ai cru entendre une antiquité issue de Supertramp sans le parapluie, remplacée par un son fanfaronnant et entrainant. J’y vois comme un hommage à celles et ceux qui auraient trop morfler des enceintes dans les esgourdes, lors de concerts aux sons exagérément saturés. Par à-coups non feints ce qu’on appelle les acouphènes, la peste des musiciens professionnels.

« L’ami à louer » me fait penser immanquablement à la solitude sociale et sensuelle de personnes en manque de présence humaine. Le film autrichien Peacock de Bernard Wenger s’attache à décrire un héros malgré lui qui s’attache à louer ses services pour jouer et simuler l’amour, la famille ou l’amitié, à en perdre la raison et tous ses repères. Cette satire sociale aurait pu prendre le titre d’un célèbre western : « Mon nom n’est personne ».
La musique de cette chanson ne laisse pas indifférente. Une rythmique basse, guitare, batterie alimentée par la voix toujours intacte de Ramon. Elle n’a pas changé d’un iota avec les années. Contrairement au feu Léonard Cohen qui chantait en notes graves de chez grave, zazen depuis son monastère austère de moine bouddhiste en Californie. « Ah les nouilles » !

L’intonation chromatique de Ramon est toujours aussi audible agréable et louable.
« Je suis l’ami à louer… / A l’heure, à la journée / J’apporte du bonheur / Mais je fais tourner le compteur / Du lundi au samedi / (je travaille pas le dimanche) »

Retour à la réalité à travers « Les gens simples » comme un écho aux « Vrais gens » de Kent. Pas la « Sociologie de trottoir » au micro, selon Guillaume Meurice, tellement convenue et entretenue à sortir du gosier le son attendu.
Comme un contre pet à celles et ceux qui savent tout à notre place des « Est-ce que tu sais ? ». Au point que Ramon se prononce en son blase : « Et je suis un gens simple / Je n’ai qu’une simple ambition / Poursuivre ce que je fais /Depuis des années : écrire des chansons / Je ne sauverai pas le monde / je ne donnerai pas de leçon / J’apporterai quelques secondes / De consolation ». Mais pas que, puisqu’il joue au moins une fois de la guitare sur cet album comme un salto arrière, via un solo.

Pour « Mort devant la télé » certaines et certains de vous risquent de reconnaitre un personnage dans votre entourage, prof d’histoire, ce n’est pas un hasard. Je veux parler des adeptes de la MGEN, la mutuelle de l’éducation nationale et son service de mort à crédit. On ressent chez Ramon, un immense respect pour le corps enseignant totalement déconsidéré socialement, qui exerce un métier de plus en plus risqué sous les arcanes de l’ignorance et des religions rances qui veulent imposer leurs diktats dans notre république laïque et unique, devenue bananière et en errance. Merci pour cet hommage mérité, fraternité et un grand merci à vous Monsieur Ramon Pipin !

« Les mots doux » et son clip que je vous propose de visionner.

Une fois de plus le génie de Ramon s’écoute et se lit dans ses partoches où le quatuor à cordes vibre à m’en remuer les tripes. Après son opinion personnelle sur la conjugaison, on entre dans la dimension des descensions du dico.
Avant lui déjà Jean-Roger Caussimon avait passé à la moulinette « Trois mot » :
"Autrefois" "Jadis", "Naguère".... / Que l’encre me brûle les doigts / Que le cœur me tombe en poussière / Si jamais je les réemploie ! ». Ramon quant à lui a banni de son vocabulaire : « escalade nucléaire /ténia / verrue plantaire / censure / pillage / torture et otage ». Pour les auteurs textuels sensibles selon les époques, le sens des mots prend toute son effervescence. Mais n’oubliez pas que les chansons de Ramon se lisent aussi entre les mots du livret des paroles de ses chansons. Car à chaque intonation le sens peut varier. Ainsi par exemple : « Les mots doux / voyez-vous / ont le goût / d’un sein doux ». Tordue que je suis j’y avais pressenti une allusion à la bouffe et le saindoux. Désolée, je suis encore une retarde à terre qui en étais restée à « La viande de porc » en Odeurs de sainteté et sa maxime : « Sacré cochon de cochon / T’es aussi méchant que t’es con » ! Je vous avais prévenus, on ne quitte pas le champ lexical de la connerie.
Mais de toute manière, je ne suis pas inquiète, vous ne pourrez pas être insensible aux arrangements de Bertrand Auger et la harpe de Christophe Saunière, à moins d’être abonné à la Star Ac !

« Pitchipoï » comme une balade à la guitare et tambour martelant les paroles de Ramon. S’en suit une voix féminine. Puis c’est l’apothéose les deux voix s’enchainent et s’unissent en duo. Une guitare distorbée crée un certain désordre soutenu par la rythmique basse et la balade s’achève comme elle avait commencé. Point final. Sauf que le sujet traité est illustré par un visuel de l’artiste Victor Sévilla : une locomotive au charbon vient de dérailler. Où l’on apprend que Pitchipoï « est un mot yiddish qui signifie plus ou moins « le trou du cul du monde », que les internés du camp de transit de Drancy désignaient leur funeste destination par extension , ce terme fut employé par la shoah pour les camps ».
La simple et banale balade prend tout son sens dans le refus catégorique de ne plus jamais aller à Pitchipoï et nous raconte en filigrane un brin de causerie sur les origines de Ramon.
Le Bartos m’a souvent parlé de ses années à l’université de Vincennes à Saint-Denis et de son prof Daniel Zimmermann en sciences de l’éducation, qui était aussi écrivain, dont le roman « L’anus du monde » l’avait profondément marqué.
https://www.babelio.com/livres/Zimmermann-Lanus-du-monde/54728
Ce sujet très grave qui concerne Ramon Pipin dans ses tripes. L’un comme l’autre avec le regretté Daniel, je suppose, ont éprouvé beaucoup de difficultés à en extirper le suc qui les rongeait depuis très longtemps. Ramon en a fait une balade qui prend tout son sens aujourd’hui encore et Daniel un roman poignant. Fraternité et remerciements à tous les deux pour votre effort de mémoire et votre no pasaran propre à chacun d’entre nous et vous deux .

On reste dans la gravité avec « On va tout scanner ». Par respect pour Ramon et par pudeur, je préfère m’en tenir à ses mots à lui, pour désigner cette chanson.
« Ma chère Clarabelle, feue mon épouse, avait la manie de tout photographier. Aujourd’hui, des milliers de diapos jaunissent chez moi dans des boites en plastique. D’où cette chanson joyeusement morbide ».
En quelque sorte comme une espèce de rencontre au cimetière des photos d’un Gilles Servat et sa « Maison d’Irlande » !
« Chérissons les instants qui se meurent aussitôt / Et qu’on ne reverra plus jamais / Chérissons les instants qui se meurent aussitôt / Et qu’on ne retrouvera qu’au cimetière des photos »

Et pour finir sur Insomniaque par une touche plus gaie, il achève ce CD avec un twong dont il a autrefois, il n’y a pas encore si longtemps beaucoup usité. Un twong, mot qu’il a inventé, c’est la contraction (serré bien le bide) de tweet et song, en format très court. En poésie, il pourrait presque correspondre à un Haikou.
7 secondes top chrono, il faut tenir sur la distance et savoir poser ses pierres comme le petit poucet, pour attendre avec impatience la chute sur un jeu de mot aux consonnances consistantes. Ramon est très doué, il faut lui accorder sous les applaudissements !

Je tenais à rendre hommage à au moins 19 musiciens hommes et femmes qui ont participé de près ou de loin à ce nouvel album de Ramon. Car ne l’oublions jamais, sans les musicos, point de musique possible ! Elles et ils ont tout donné de leur talent et leur cœur et chœur à l’ouvrage. Je ne peux pas tous les nommer, je risquerai d’en oublier et d’écorcher leur nom.
J’adore les choristes très professionnelles et motivées, chapeau les artistes.
Sans oublier pour la chroniqueuse que je suis, les soutiers à l’ombre de l’album. Je veux parler de la gentillesse et l’écoute du service de presse, par la voix et l’écriture de Marie-Cécile Vouakouanitou et François Cranet, qui se sont mis en quatre pour répondre à toutes mes questions et me donner les informations nécessaires à la rédaction de mon article. Encore Merci à tous les deux pour vos compétences et votre aide précieuse.

O fête, comme vous êtes supposés le savoir, à chaque fois que parait un album de Ramon, s’en suit au moins un concert. Date unique cette année, le 11 avril, comme d’habitude au Café de la Danse à Paname.

Lors de notre époque de pire en pire que si c’était hier, Ramon s’améliore et donne le meilleur de lui. Pied de nez au titre de l’album présent, et c’est tant mieux. Rien n’est jamais perdu. La preuve en est malgré tout de son optimiste flamboyant envers et contre tous. Sans lui la vie serait si terne. Alors ne boudez pas votre plaisir d’aller à sa rencontre sur scène ou parmi ses chansons qui relèvent le niveau de la médiocrité ambiante et nous donnent de l’énergie. A croire, qu’on peut sourire à presque tout selon Ramon. Ce n’est pas une vue de l’esprit, mais une envie de vivre qui nous galvanise et nous soulage même avec l’âge. A travers l’application en chansons de son esprit éveillé qui gazouille des sons, avec le recul nécessaire sur notre réalité. Avec toujours ce ton décalé qui me dézingue le corps texte :« Rock, rock, rock Haroun Tazieff / Nous dansons sur un volcan ».

L’actualité de Ramon Pipin c’est ici avec doigté : https://www.ramonpipin.fr/
Et pour commander l’album : https://ramonpipin.bandcamp.com/album/cest-mieux-que-si-c-tait-pire-cest-pire-que-si-c-tait-mieux

Ramon Pipin, C’est mieux que si c’était pire, mars 2026, prix album en numérique 12 euros et 20 euros les deux CD