Sergeï Prokofiev au casque, plongée dans un monde parallèle entre musique et vérité

Sergeï Prokofiev au casque, plongée dans un monde parallèle entre musique et vérité

Sergeï Prokoviev, Romeo et Juliette à l’écoute pendant que le monde dort encore. La musique transperce mes organes internes. Elle touche mon âme et mon coeur. C’est sublime de poésie, d’intensité. Comment transmettre ces moments immatériels, sensuels, qui vous caressent sans vous toucher. C’est un hors-temps, hors réalité visible.

🎧 Écouter cet article
Cliquez sur « Lire » pour écouter l’article.
💡 Vous aimez cet article ?
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.

Je vis dans un mon monde sensible. Des capsules d’éternité sont captées, capturées par ma rétine, imbibées jusque dans mes cellules. Ça n’existe pas en mots, ça ne résiste pas aux lettres mais ça transpire dans mes dessins. Je suis en quête de vérité. Je ne respire que dans ce qui est clair et stable. C’est un repère, une ancre dans un océan malmené. Quand le monde utilise des paroles qui ne correspondent pas aux faits, aux comportements ou aux règles annoncées, alors c’est le sentiment d’injustice qui prédomine. À l’intérieur de mon corps je sens couler le poison d’un système incompréhensible.

Dans les relations sociales, les gens utilisent ce qu’ils appellent : la diplomatie. Des sortes de "mensonges blancs » pour éviter de blesser. Blesser ??! Mais camoufler la réalité est bien plus insupportable pour moi. Les sous entendus brouillent les pistes, c’est incohérent et inutile dans mon monde. Je sens et ressens la manipulation, mon corps en a la chaire de poule.

Le contact avec l’autre devient alors douloureux, le lien est comme pollué, poussiéreux. La relation est souillée, n’a plus de sens, plus de valeur. Je veux de la vérité, de l’honnêteté. Comprenez-vous que je vois plus de vérité dans le vol d’un insecte que dans mille conversations humaines ? Soudain, des insectes minuscules ressemblant à de minables moustiques se mettent à danser, en groupe, sur le rythme de la symphonie de Prokoviev.

C’est une chorégraphie, un tourbillon de mouvements abstraits orchestrés par la nature, la vie. Ces ridicules insectes deviennent en une fraction de seconde des danseurs de l’opéra de ma vie. Ils portent des ailes étincelantes à la lumière, du grandiose, du haut niveau, imperceptible aux yeux du monde.
De ridicules, ils passent à spectaculaires. Une transformation furtive, une magie, un tour de passe-passe inédit. Leurs ailes brillent comme brillent les tutus des danseuses sur scène. Le temps s’arrête et j’assiste seule, spectatrice VIP, chanceuse de cet instant qui m’est offert. Ils dansent pour moi, par petits groupes décalés. Ils forment une troupe de danseurs minuscules et intouchables. Cette chorégraphie ne sera jouée qu’une seule fois.

Une danse éphémère et j’étais au premier rang, absolument fane devant tant de beauté. Et pendant ce temps, le monde dort. La vie est une urgence, la beauté fragile, sensible, invisible parfois. J’ai vu autrement un moustique inesthétique. J’ai vu la métamorphose du « sans intérêt » en moment crucial. Des insectes transformés en messagers de la beauté. J’ai vu de la magie créée par un insecte banal et qu’on écrase souvent.

Je vois et vis dans un monde parallèle que je perçois davantage que le monde ordinaire.

le 30/03/2026
Impression