Et si Thierry Marx arrêtait la Cuisine pour se consacrer à la Peinture ?
La couleur est mon langage. Elle donne le sentiment au trait, une sorte d’émotion. Le trait quant à lui, donne la forme. La couleur la rend vivante, existante, vibrante. Elle va donner du volume à la forme. Elle va la remplir. Le trait est l’ossature, la couleur le muscle, la chair, les tendons. L’un et l’autre peuvent exister séparément mais ensemble ils ont une contenance. Sans, ce serait comme un oreiller sans plumes, un plat sans arômes, une coquille sans sa saint- jacques, un croque -monsieur sans son monsieur.
Je reviens avec plus de couleurs sur de tous petits détails du dessin. Je passe par des endroits plus petits que petits, plus fins presque invisibles. Je deviens la chirurgienne de mon espace graphique. Je suis dans le perfectionnisme, le peaufinement, l’infiniment petit. Je veux de l’orfèvrerie graphique, de la haute couture dans le dessin, le détail en pied d’estal, l’infiniment délicat, précis.
Peindre, dessiner c’est comme cuisiner. Placer les couleurs et les formes au bon endroit, chercher, expérimenter, MAIS cela ne se mange pas. C’est une image qui reste, elle a le pouvoir de nourrir l’âme.
"Tu transformes des pensées en dessin et moi je transforme la matière brute, (légumes, textures, liquides) en formes nouvelles. " me dit Thierry Marx en me déposant un panier de légumes bio près de mon carnet de dessin.
Moi : J’adore les couleurs de ces légumes ! Tu sais Thierry quand tu métamorphoses le réel c’est un peu comme observer un peintre travailler une toile. Ton extrême attention au détail est fascinante.
Thierry Marx : N’est-ce pas au fond ce qui nous rapproche Juliette ? Ce respect presque amoureux de la matière, de la couleur, de la forme, et du geste ?
Moi : Je remarque surtout que nous avons la même exigence de travaille. De la rigueur, de la discipline et une vie presque ascétique.
Thierry Marx : Je crois que cela vient aussi de notre pratique sportive quotidienne Juliette. Du haut niveau par tous les temps, au fil des saisons et peu importe notre forme du moment.
Moi : Ne rien lâcher fait partie de notre philosophie de vie et de création.
Thierry Marx : Le sport nous enseigne qu’un geste doit être répété des centaines de fois pour qu’il devienne parfait. La maîtrise vient de la répétition.
Moi : Je n’ai jamais été un ancien parachutiste militaire tout comme toi Thierry, mais mon organisation est très structurée et ma concentration totale pendant la création.
Thierry Marx : Nous travaillons avec une forme de concentration presque méditative. Cette discipline forte et intérieure, nous projette dans un état mental indescriptible. Le monde a dû mal à l’imaginer. C’est un pouvoir, c’est une chance Juliette, un cadeau que la vie nous offre. Soyons à la hauteur et faisons chaque jour de notre mieux.