Une application traque le soleil de Paris, la lumineuse invention "J’veux du soleil"
À Paris, il existe une quête plus sérieuse qu’on ne l’imagine : trouver la terrasse parfaite, celle où le soleil tombe juste sur la table, à l’heure du café ou de l’apéritif. Dans cette ville magnifique mais capricieuse, où les immeubles haussmanniens projettent leurs ombres comme de longs rideaux, la chasse au rayon de soleil est presque un sport urbain. C’est précisément de cette obsession très parisienne qu’est née une petite merveille technologique, l’application “Je veux du soleil”.
Créée en 2020 par l’ingénieur Jean-Charles Levenne, cette web-app est à l’origine un projet personnel, presque un jeu d’ingénieur amoureux de la ville. Son idée : utiliser des algorithmes de position du soleil, la date, l’heure et la hauteur des bâtiments pour simuler les zones d’ombre et de lumière dans Paris. Le résultat apparaît sur une carte interactive : les terrasses baignées de soleil surgissent comme des îlots dorés tandis que celles plongées dans l’ombre disparaissent.
Concrètement, l’utilisateur peut faire glisser un curseur temporel et voir où le soleil sera dans une heure, dans deux heures, ou au moment exact de son rendez-vous. C’est une petite révolution pour les amateurs de cafés en terrasse, car l’application permet d’anticiper la course du soleil et de choisir le spot idéal avant même de quitter son bureau.
Mais ce qui rend l’outil encore plus charmant, c’est sa simplicité presque artisanale. Pas de publicité agressive, pas de logique commerciale lourde : “Je veux du soleil” est avant tout un projet passion, entretenu par son créateur, qui finance lui-même les serveurs.
Et il faut dire que Paris en avait besoin. Dans une capitale aux rues étroites et aux immeubles élevés, la lumière peut disparaître en quelques minutes. Trouver une terrasse ensoleillée relève parfois du miracle. L’application transforme alors cette loterie urbaine en science douce : une cartographie du bonheur quotidien, où chaque rayon de soleil devient une destination.
Derrière la prouesse technique se cache aussi une idée presque philosophique : remettre les Parisiens dehors. Sur une terrasse, on ne regarde pas seulement son café : on regarde la ville, les passants, le théâtre de la rue. Les terrasses sont l’un des derniers salons publics de Paris, ces lieux où l’on peut rester des heures pour le prix d’un espresso et observer le monde passer.
Avec Je veux du soleil, la technologie ne remplace pas la vie réelle : elle la facilite. Elle rappelle même quelque chose d’élémentaire et presque oublié : le soleil bouge, la Terre tourne, et il suffit parfois de changer de trottoir pour retrouver la lumière.
Au fond, cette application est typiquement parisienne : un mélange d’intelligence, de légèreté et d’art de vivre.
Une petite invention maligne pour une grande idée simple :
ne jamais rater un rayon de soleil.