Découverte : Louis Ville
Hier, la forme de ma vie prenait des allures d’eau de boudin. Les impôts me réclamaient des sous, l’évier de ma salle de bain était bouché par les longs cheveux d’une femme indocile aux lois de la mécaniques des tubes, je n’avais donc le goût à rien. Heureusement sur les coups de 22 heures, dans les caves du Biplan (scène lilloise que je ne saurais trop recommander) une cigogne de chanteur au charisme de buffle m’a redonné le sourire.
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Comme une sorte de délivrance il s’est accaparé de mes problèmes et m’a permis pendant 2 heures de me sentir vivant. Ce monsieur s’appelle « Louis Ville ».
Alors je sais, je vous ai déjà fais 200 fois le coup du chanteur parfait au leitmotiv indépendant qui emballe les foules dans nos genres, nous les insoumis de la terre. Et je vais être obligatoirement obligé pour vous faire flasher, d’utiliser des poncifs, des comparatifs avec notre galerie d’artistes communs.
Qui est « Louis Ville ? » : je sais pas très bien, je dois le rencontrer la semaine prochaine. Sur scène ça dépotte, ça gueule, ça chiale et c’est bon, quant aux disques c’est relativement plus calme, plus léché mais tout aussi corrosif. « A quoi cela ressemble ? » : un mélange d’Arthur H (pour la voix), d’Arno (pour la présence) et de Brel (pour tout l’univers). Mais vous dire ça c’est vous mentir : ce garçon c’est lui, avec des tripes, un cœur et des couilles qui aiment les femmes et les hommes insoumis.
Un parc d’extraction de nos misères : avec ses réverbères ou les chiens pissent, ses hôtels pourris ou s’échouent des inconnus aux doux sentiments. Sa captivante musique rock arabisante surligné d’un blues de la Nouvelle-Orléans et ses deux acolytes (basse-batterie) font un boulot du diable.
Alors vous dire d’aller le voir en concert c’est une évidence. Ce n’est même pas un conseil c’est un devoir. Comme c’est bon de chanter « Le Gros Con » en pensant à la grosse blonde de 2002, en prévenant l’avenir du petit Nicolas et en priant que cette chanson ne soit pas autobiographique. Après tu peux chialer la bière à la main tellement c’est bon. Après c’est pas grave, tu as 22 heures pour te sentir une merde.
J’aurais juste une doléance à exprimer au Biplan : pouvez vous libérer la charmante personne qui tiens la caisse lors du prochain concert de « Louis Ville » afin qu’elle puisse profiter elle aussi du charisme de l’animal, sinon c’est intolérable de devoir souffrir le cul sur une chaise loin du bruit et de la fureur, loin du bonheur.
J’ai une pensée pour vous Mademoiselle.
LOUIS VILLE, Le Biplan, 20 Janvier 2005
