Le destin tragique des deux petits nuages (conte politique)
Voici le premier d’une série de petits contes politiques en alexandrins.
Il était une fois deux tout petits nuages
Les plus mignons qui soient parmi les cumulus
Plein de larmes émues mais sans aucun mucus
Avec un noir d’orage pour teinter leur visage
Tout le jour ils avaient leur regard vers la terre
Voyaient l’humanité ployer sous la misère
Les guerres, Bolloré, le prix du RER
Et les mots de Ciotti résonnant comme glaires.
Tout cela déchirait leur cœur de gouttelettes
Leur mettait des larmich’ jusque sur leurs pommettes
Ils auraient tant voulu aux humaines humains
Apporter du répit, du baume à leurs chagrins
Se dresser bouclier contre les pluies d’emmerdes
Leur amener du doux quand tout tourne au vinaigre
Leur être un bel abri, même bien minuscule
Comme le font les nues par temps de canicule
Les deux nuages noirs se firent tout petits
Planèrent doucement jusqu’aux rues de Paname
Avec l’intenti-on de faire aux sans-abris
Des toits de leurs volutes, de leurs éclairs un’ flamme.
Mais ils tombèrent aux mains d’un sournois opticien
Qui, les cerclant de fer, les mit dans un’ monture
Bref en fit des lunettes fumées aux bords ronds
Dont un homme très vite fit l’acquisiti-on
Sans qu’elles soient passées par la cas’ devanture
Et les deux nuées noires finirent, affreux destin
Tragique déconfiture, désolation
Sur la face cruelle d’Emmanu-el Macron.