Critique de "La tendresse" de Fred Griot, rootleg #31, maelström reevolution
La tendresse de Fred Griot est un livre intime, précieux et troublant. Un livre qui ose aimer sans distance, sans ironie, sans protection. Ici, la poésie ne se cache pas derrière des artifices, elle avance à visage nu, à corps découvert. Dès les premières pages, on comprend que l’auteur ne cherche pas à séduire par la virtuosité mais par la vérité. Et cette vérité touche profondément, durablement.
Fred Griot écrit avec la chair et avec le cœur. L’amour est brut, il est une expérience totale. Le désir, la fragilité, la fatigue d’aimer, la joie d’aimer encore, tout circule dans une langue simple et habitée. Cette simplicité n’est jamais pauvreté, elle est clarté. Chaque mot semble posé avec une sincérité désarmante, et vraiment émouvante.
On sent un homme qui ne joue aucun rôle, qui accepte ses failles, ses tremblements, ses hésitations. Cette vulnérabilité donne au recueil une intensité bouleversante.
La lumière traverse ces poèmes comme elle traverse une chambre après l’amour.
Il y a des corps, il y a la peau, il y a le souffle, mais toujours avec une délicatesse qui élève. La sensualité n’est jamais gratuite. Elle devient une manière d’exister pleinement, d’habiter l’instant. Lorsque le poète écrit qu’il fait ce qu’il peut avec ses moyens, il dit quelque chose d’essentiel sur la condition humaine. Il n’y a ni posture ni grand discours, seulement une fidélité à soi. Fred Griot arrive à rendre le désir explicite et poétique à la fois.
Ce qui frappe aussi, c’est la place du silence. Aimer, chez Fred Griot, ce n’est pas faire du bruit, c’est entrer dans une présence. La tendresse devient une force calme, presque une sagesse. Le recueil avance comme une respiration continue, un long souffle qui ne cherche pas l’effet mais la justesse. On sort de cette lecture apaisé, traversé par une sensation de proximité, comme si quelqu’un avait su mettre des mots sur ce que l’on ressent sans toujours savoir le dire.
Il y a dans ces pages une grande douceur, mais aussi une grande conscience. Le poète sait que l’amour blesse, que le temps avance, que la lucidité n’empêche pas la douleur. Pourtant il continue. Il choisit d’aimer, de parler, d’écrire. Cette persévérance dans la tendresse est profondément émouvante.
La tendresse est un livre lumineux. Un livre qui rappelle que la poésie peut encore dire l’essentiel avec des mots simples, ultra justes et premiers. Un livre qui parle du corps, du manque, du silence, de soi et de l’autre avec une honnêteté et une intensité rares.
On referme "La tendresse" avec le sentiment d’avoir rencontré une voix sincère, une voix humaine, une voix qui éclaire. Une voix qui enrichit. Une parole claire, libre, admirable et belle qui s’exprime dans la sincérité et la joie. Tout ça est terriblement séduisant. Merci Fred Griot d’oser si bien.
"La tendresse" de Fred Griot, rootleg #31, maelström reevolution, 9 euros
Pour vous procurer ce livre : https://www.maelstromreevolution.org/catalogue/item/911-la-tendresse