Le secret bien caché de Friedrich Nietzsche enfin dévoilé

Le secret bien caché de Friedrich Nietzsche enfin dévoilé

(Dans cette série exclusive sur Lemague.net, Juliette Savaëte nous raconte ses rencontres imaginaires avec les grands artistes du monde de l’art, morts ou bien vifs.)

J’ai un petit acte de survie douce, une sorte d’hygiène mentale. Mon outil de régulation profonde : LA MARCHE .
Soudain, mon téléphone portable retentit. Un homme au bout du fil avec une voix d’outre tombe un brin sexy.

- « Seules les pensées marchées valent quelque chose Juliette. »

Moi : Friedrich ! Quel plaisir de pouvoir échanger un peu avec toi !

- Friedrich Nietzsche : Plaisir partagé mon amie de la foulée pensée

Moi : Tous deux nous savons que le mouvement empêche la pensée de se figer. Tu marches aussi tous les jours n’est-ce pas ?
- Friedrich Nietzsche : Oui et parfois même plusieurs heures, souvent seul avant d’écrire. Comme toi mon amie de la pensée et du mouvement.
Moi : J’aime l’ordre que la marche produit dans mon cerveau. Mes idées s’alignent, mes obsessions s’apaisent. Je pense mieux en marchant qu’assise face à un écran ou à une table.
Nietzsche : Parce que la marche agit comme une soupape. Quand on a tendance à vivre trop dans notre tête c’est essentiel. Nos pensées viennent en marchant. Nonobstant je méprise la pensée « assise ».

Moi : Tu m’as confié, lors de notre dernier échange, que tu pensais qu’une idée qui était née dans l’immobilité était tout simplement suspecte. Nombreuses seraient alors des idées suspectes aujourd’hui. On ne marche plus. Le monde vit assis.

Friedrich : Le monde se trompe Juliette. La marche coupe le bavardage mental, les idées deviennent plus tranchantes, nettes, presque physiques. Mes aphorismes courts et incisifs viennent directement de ce mode de pensée en mouvement.
Moi : Le corps pense autant que l’esprit, je le sens. Marcher, respirer l’air froid, sentir le relief tout cela entre dans la philosophie n’est-ce pas ?

Friedrich : La pensée n’est pas abstraite, elle est musculaire, respirée, vécue.
Moi : La marche nous permet d’échapper au bruit social, aux conversations inutiles, aux normes. C’est dans cette solitude mobile que nous forgeons nos idées les plus radicales.

Friedrich : Oui, cependant marcher n’est pas toujours une habitude agréable en fonction de sa forme et des intempéries. C’est avant tout une condition de possibilité de la pensée.

Moi : Chez toi c’est aussi un traitement quotidien non médical mais vital, ainsi tu restes fonctionnel. Souffres-tu moins de migraines, de troubles digestifs et d’hypersensibilité nerveuse en marchant ?

Friedrich : Disons que lorsque je ne marche pas je souffre. Je suis bien plus lucide, énergique et créatif après mes longues ballades en solitaire dans mes Alpes suisses.

Moi : Toi aussi tu parcours inlassablement les mêmes chemins. J’aime le rythme répétitif et prévisible de la marche Friedrich, mon cerveau adore ça.

Friedrich : Ton anxiété baisse, ta surcharge sensorielle se tasse et tes pensées cessent de partir dans tous les sens. Le contact avec le sol, la respiration, le balancement du corps te ramènent dans le présent.

Friedrich Nietzsche (1844–1900) est un philosophe allemand majeur dont la pensée a profondément bouleversé la morale, la religion et la culture occidentale.
Auteur d’ouvrages comme Ainsi parlait Zarathoustra, il développe les concepts de volonté de puissance, d’éternel retour et de surhomme.
Radical et souvent mal compris, Nietzsche a influencé la philosophie, la littérature et la psychanalyse bien au-delà de son époque.