Banksy : de la subversion clé en main
Franchement, Banksy, ça commence à tourner au grand n’importe quoi. Sous couvert d’anonymat rebelle, on nous sert des pochoirs qui jouent la carte de la subversion facile, mais qui, au fond, flirtent avec le foutage de gueule.
Sur-côté à outrance, il est devenu une marque à vendre plus qu’un propos à défendre.
Son œuvre, une fois qu’on gratte un peu sous la hype, reste d’une faiblesse confondante : du graphisme simpliste à un discours un peu creux, on a plus l’impression d’une posture que d’une réelle puissance artistique. En somme, c’est un coup de marketing qui se mord la queue.
Ce qui est encore plus flagrant, c’est que Banksy incarne la démonstration parfaite de la spéculation en roue libre. À partir de presque rien, un pochoir par-ci, une punchline par-là, le marché s’emballe dans une surenchère malsaine. On est face à un mirage : plus on en parle, plus on paye, sans que l’œuvre en elle-même ne propose un vrai jalon artistique. Ce n’est pas l’art qui avance, c’est la spéculation sur du vide.
On surévalue une pseudo-rébellion formatée, qui ne dérange plus personne, et en fin de compte, on se retrouve avec une industrie de la provocation aseptisée. L’art, dans tout ça, n’avance pas d’un pouce.
Ce qui dérange surtout, c’est que tout cela fonctionne trop bien. Banksy n’est plus un artiste, c’est un cas d’école. La preuve éclatante qu’avec un minimum de forme, un message prémâché et une bonne dose de mystère, on peut fabriquer une valeur démesurée à partir d’un contenu pauvre. Cette réussite n’a rien de réjouissant : elle consacre la victoire du marché sur l’exigence, de la posture sur le travail, du symbole creux sur la recherche plastique. On applaudit une mécanique spéculative qui tourne à vide, et pendant ce temps-là, l’art, le vrai, celui qui risque, qui cherche, qui échoue parfois, reste à la porte, hors du champ des projecteurs.
C’est une bulle creuse qui éclate doucement au contact de l’histoire.