Adieu Brigitte Bardot !
J’ai eu la chance de connaître un peu Brigitte Bardot par un concours de circonstance assez original. J’étais amie avec l’actrice Paulette Dubost qui fut longtemps la doyenne du cinéma français (et morte à 100 ans), qui avait joué avec Renoir et les plus grands et notamment Brigitte Bardot dans Viva Maria.
Un jour Paulette m’appelle et me propose de l’accompagner à l’anniversaire d’une amie un samedi après midi. Elle ne me dit rien de cette amie et je lui dis ok. Nous nous rendons donc en taxi au théâtre Marigny, qui appartenait à Robert Hossein.. Arrivé là-bas je me rends compte que c’est l’anniversaire de Brigitte Bardot, ses 70 ans !!
Quelle surprise. Il y a beaucoup de monde mais pas trop non plus, je croise des vedettes du passé et des adorateurs de Droite, on a droit au visionnage d’un film sur les dangers de manger de la viande et l’anniversaire se passe, j’assiste aux retrouvailles de Bardot et Paulette émues. Je fais là bas le connaissance de Christophe Marie qui à l’époque était très important à la fondation Bardot. Grâce à lui je suis alors en contact avec Bardot et un jour je publie un article sur mon journal lemague fait par Bardot sur Sarah Palin que la presse ne voulait pas publier et l’article fait un carton.
Brigitte Bardot est ravie et elle m’appelle pour me remercier. S’en suivront plusieurs échanges directs, puis un jour suis invité à la Fondation Bardot pour rencontrer Pamela Anderson et je la vois avant tout le monde grâce à Brigitte et Christophe. Un jour j’interroge Bardot sur « le mépris » de Godard, un de mes films préférés. Bardot refuse d’ordinaire de parler cinéma et là me dit : « oulala le mépris, quelle horreur, je ne comprenais rien à ce film et Godard n’était pas très gentil avec moi ».
Je garde vraiment de bons souvenirs de nos échanges, de la simplicité, de la fidélité, de l’accessibilité et la générosité de Bardot. RIP Brigitte ! ❤️
ps : Comme il est facile de juger et de condamner moralement, une grande figure médiatique, profondément liée à l’histoire culturelle et sociale de la France depuis plus de soixante-dix ans.
N’importe quel être humain ayant connu le quart de la célébrité, de la haine et de la jalousie qu’a suscité Bardot serait mort à trente ans.
Une telle folie, érigée en mythe, rend malheureux ; chacun fait ensuite ce qu’il peut, ou ce qu’il veut, de ce malheur.
Brigitte Bardot était humaine, comme tant d’autres, imparfaite. Qui sommes-nous pour juger ses idées, sa maternité, ses choix ?
Pour ma part, je préfère garder le meilleur d’elle ; sa beauté, sa fantaisie, son apport au cinéma, et son engagement sincère pour la cause animale.