Le Perroquet Hanté, un Blow Book d’Antoine Paris

Le Perroquet Hanté, un Blow Book d'Antoine Paris

En allant à la librairie de Bruxelles-Wallonie je suis tombé sur ce très beau livre attractif, d’un dessinateur dont j’adore les portraits de gens connus. Son houellebcq est typique, unique et exceptionnel. Et les autres sont à l’index.

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Il y a dans Le Perroquet Hanté d’Antoine Paris quelque chose d’électrique, de fiévreux, de presque chamanique. Ce treizième numéro de la collection Blow Book ne se lit pas : il se feuillette comme on ouvre un carnet de possession. Antoine Paris y déverse dix jours de sa vie graphique, comme s’il cherchait à conjurer le vide, à dessiner plus vite que ses pensées. Le résultat est un petit livre brûlant, minuscule par la taille mais vertigineux par l’énergie qu’il dégage.

Ce perroquet-là n’est pas un imitateur ou répétiteur. Il répète les voix de l’inconscient, les murmures du trait, les obsessions de la main. Il parle au papier comme à un miroir fendu. Antoine Paris ne dessine pas comme les autres, il trace, il biffe, il recommence. On sent l’homme au travail, à vif, au bord de la transe, transformant la page blanche en champ de bataille poétique. Brut de brut mais toujours beau et fort !

L’objet en lui-même, un Blow Book, tient dans la main et du talisman. Format de poche, 224 pages, chaque feuillet est un souffle, une respiration. On y trouve la beauté brute de l’instant, l’urgence du geste, l’élégance du chaos. Ce n’est ni une BD, ni un carnet de croquis, ni un livre d’artiste au sens mondain : c’est un fragment de vie visuelle, un concentré d’intensité. C’est tout ça à la fois et plus encore.

Antoine Paris appartient à cette famille rare de dessinateurs qui transforment le tremblement en vérité. Son Perroquet Hanté n’est pas un oiseau exotique, mais un double intérieur, un esprit familier qui répète les hantises de l’artiste pour mieux les délivrer. Ce petit livre est un miracle de liberté, un cri silencieux contre la propreté numérique et les images trop lisses.

On sort de cette lecture avec du graphite sous les ongles, le cœur un peu battant, et l’envie furieuse de reprendre un crayon mais surtout d’admirer le talent de l’auteyr . Parce qu’il y a dans ce Perroquet Hanté une leçon simple et sublime : l’art n’est pas une réponse, c’est surtout une possession.

le 31/10/2025
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