L’Art d’être heureux, un film de Stefan Liberski avec Benoit Poelvoorde (Sortie le 30 octobre 2024)

L'Art d'être heureux, un film de Stefan Liberski avec Benoit Poelvoorde (Sortie le 30 octobre 2024)

J’étais convié à Paris à l’Avant-Première Cinéma du dernier film du réalisateur belge Stefan Liberski « L’Art d’être heureux ». Ce n’est pas du Arthur Schopenhauer mais du Liberski librement inspiré roman de Jean-Philippe Delhomme, « La Dilution de l’artiste »
Je connais et suis le travail de Liberski depuis les années 2000, c’est pour moi un grand artiste multiface et il mérite d’être davantage (re)connu en France. Liberski, en Belgique, est une personnalité célèbre et admirée grâce à son rôle dans les Snuls, un groupe comique à succès chez nos voisins est es multiples activités artistique. Un artiste complet qui sait de quoi il parle et qui a donné beaucoup de lui dans le personnage principal.

Le pitch du film : Jean-Yves Machond (joué par Benoît Poelvoorde dans une forme généreuse et jubilatoire en sur-jeu délirant) un ancien artiste conceptuel raté, et malheureux comme la pierre, tente de redonner du sens à sa vie d’artiste en se retirant pour créer en Normandie l’œuvre de sa vie dans une sorte de maison d’architecte en forme de soucoupe volante qu’on aurait pu voir dans l’émission « Striptease » et construite spécialement pour le film. Cette Maison est une actrice à part entière du film.

Dans ce monde bucolique, Machond y côtoie alors, un peu malgré lui une faune d’artistes farfelus, décalés, originaux et doux-dingues menée par Bagnoule ( Gustave Kervern égal à lui même dans sa justesse et son unique) et y rencontre Cécile (Camille Cottin magistrale, sexy et très très convaincante) une galeriste à la séduction trouble, son mari jaloux (François Damiens savoureux) et une jeune artiste nomade très mystérieuse jouée par Marine Dandoy.

C’est un film tragi-comique drôle et attachant peuplé de personnages et acteurs vraiment épatants. Ça parle du bonheur, du malheur, de la création, du désir, de la philosophie, de la différence, du marché de l’art, de la solitude et de l’amour tout court, et filial, et de beaucoup de choses subtiles. Camille Cottin et François Damiens sont irrésistibles, au sommet de leur Art. Le microcosme de l’art thérapie « barré » décrit par Liberski dans cette ville de normandie nous rappelle des films de bandes, de groupes, il y a de jolies scènes intimes entre ces personnages lunaires, paumées, gentiment loosers qui tentent d’être plus heureux grâce à la pratique passionnée de l’Art.

Des images superbes et très esthétiques comme un tableau vivant. Un film plus complexe qu’il n’y paraît, dense, très abouti dans île fond et la forme, remarquablement construit et écrit avec plein de sous texte, et de subtilités, et avec une jeune actrice qui crève l’écran par sa fraîcheur, sa beauté et son talent : la révélation du film Marine Dandoy.

Un film, populaire et d’auteur à la fois. À voir absolument !

https://www.youtube.com/watch?v=8biXY6QdF-8&t=2s

L’Art d’être heureux de Stefan Liberski avec Benoit Poolvorde, Camille Cottin, François Damiens, Gustave Kervern et Marine Dandoy, Sortie en France le 30 Octobre 2024